‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 181 sur 213 · Plut. C. Gracc/ï. 6 et · texte numérisé non relu

Plut. C. Gracc/ï. 6 et

était sourdement attaqué dans l'esprit du peuple, sortait de Rome, lui, tribun, pour l'entreprise la plus impopulaire : l'établissement d'une colonie à CarthageM Cette double faute fut habilement exploitée. Les lois de Caïus avaient pour chacun leur bon côté et leur revers : les chevaliers et les riches Italiens, déjà pourvus de leur part d'avantages, remarquaient plus volontiers les inconvénients qui leur restaient à subir; et le peuple lui-même se laissait émouvoir par des bruits de soulèvements en Italie : on faisait rejaillir sur Caïus les soupçons qui poursuivaient son ami, le séditieux Fulvius*. Lorsqu'il revint, il était déjà trop tard, la classe noble lui était hostile et la classe riche pour le moins indifférenle ; il ne lui restait que la classe pauvre. C'est parmi elle qu'il alla prendre sa demeure; c'est sa faveur qu'il recherchait, quand, la veille d'un spectacle public, pour qu'elle y fût à l'aise et sans payer, il faisait abattre les échafaudages élevés par ses collègues dans une pensée de spéculation, au risque d'exciter leur jalousie. Cette mesure tourna, dit-on, contre lui, lors de sa candidature à un troisième tribunat : on prétendit qu'il ne fut point élu, parce que les autres tribuns altérèrent le résultat des suffrages. 11 échouait donc, et il voyait le peuple élever au consulat Opimius, le destructeur de Frégelles, qui débutait par abroger plusieurs de ses lois, et prenait jour pour l'abolition des autres. Caïus les voulut défendre' ; et, pour. le faire, il ne craignit point de sortir de la légalité. Simple particulier, il fit appel à la force contre les pouvoirs .mêmes de l'État : il ne répondait que trop à

Page 1