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Aut innumerabilem multitudinem liberorum capitum in eis

• fuisse locis, quae nunc, vix seminario exiguo militum relicto, servitia

• romana ab solitudine vindicant. > (Tite-Live, YI, 12.) Cf. Sénèque, De henef. VII, 10 : § Et vasta spatia terrarum colenda per vinctos, el « familia bellicosis nationibus major. »

de telles assertions, comme la plus pressante raison des lois agraires. Il reconnaît expressément les progrès de la dépopulation en Italie, faisant une seule réserve;, et l'exception est la plus éclatante preuve des vraies causes du mal. Un pays y avait échappé, en effet (chose étrange, ce semble), grâce aux rigueurs dont il avait été l'objet; c'était Capoue. Depuis sa défection dans la guerre d'An-, nibal, dépossédée de ses libertés, de son lerritoire, Capoue ne comptait plus ni nobles, ni propriétaires, ni, par conséquent, beaucoup d'esclaves ; elle avait une population de laboureurs, cultivant le sol au profit des Romains, et elle-même n'était restée debout que comme un asile de campagnards, un centre d'approvisionnement et de travail*. Pas d'usurpation intérieure, ni de spoliation du dehors ; car le peuple de Rome veillait à son bien, et le sénat à ses prérogatives qu'il aurait crues en péril, si quelque citoyen eût obtenu la possession de celle riche terre de Capoue. Ainsi elle se maintint, malgré la fatale influence qui étendait aux alentours la dépopulation sur les terres privilégiées, et elle restait, dans sa dégradation politique, la contrée la plus abondante en revenus et en soldats*.

4 . c Statuenint homines patientes, si agrum Gampanis ademissent, c magistratus, senatum, publicum ex illa urbe consilium susf ulissent, € imaginem reipublicse nullam reliquissent, nihil fore quod Capuam • timeremus. Itaque hoc praescriptum in monumentis veteribus repef rielis, ut esset urbs quse res eas, quibus ager Gampanus coleretur, « suppeditare posset, ut esset locus comportandîs condendisque fruc- « tibus, ut aratores, cultu agrorum defessi, urbis domiciliis uterentur : f idcirco illa œdificia non esse deleta. » (Cic. Il, c. RulL 52.)

2. c Deinde in bac assignatione agrorum ne illud quidem dici potest, « quod in cœteriê, agros desertos a plèbe atque a cullura hominum lic berorum esse non oportere... Totus cnim ager Gampanus colilur et <f possidetur a plèbe, et a plebe optima et DH>destissiraa : quod genus

La population, chassée des campagnes, refluait vers les villes et surtout vers Rome, où l'appât des distributions publiques attirait tous les oisifs, tous les nécessiteui de ritalie*. Mais ces subsides, si onéreux qu'ils fussent au trésor, non plus que la maigre pitance qui payait les services de la clientèle", ne suffisaient point à l'entretien de ces familles ruinées. Que leur reslait-il? les arts manuels? L'industrie, les métiers,sansdoute,n'avaienl jamais élé complètement bannis de la classe libre, et nous rechercherons ailleurs les éléments que celte classe pouvait, dès le commencement de l'empire, faire entrer dans une nouvelle constitution du travail. Mais la foule des esclaves ne s'était pas moins accrue dans Rome que la plèbe; et le travail servile n'y avait pas pris une organisation moins forte, sous l'empire de ces grandes familles qui en faisaient tout à la fois un instrument d'usage et de spéculation. L'homme du peuple retrouvait donc dans les occupations industrielles cette concurrence de l'esclave ; il y trouvait cette dégradation dont l'opinion régnante frappait toute profession de ce genre. Plante nous montre déjà à quel degré de l'estime publique étaient placés ces mercenaires du quartier toscan, ces petites gens des tribus

« hotninum optime moratum, optimorum et aratorum et militum, ab « hoc plebicola tribuno funditus ejicitur. » {Ibid, 30 et 31.) Les inscripti(^ns du temps de la République nous montrent, sur le territoire de Capoue, un grand nombre de collèges réunissant des hommes libres, des arfranchis et plus rarement des esclaves. (Voyez Mommsen, Corp, Imcr. latin,, t. I, p. 159 et suiy. n- 565-574.)

i, To Te aiTxpioiov, toî; irst/iOi x' pïî^oûotvcv iv [Ao'vTp P»p>T>, tov àp^ xat irrtt)x««&vTa xal rayiyt^w tx; ItoXio; >.t«v i; ttjv twativ tira^rat. (App. G, civ. II, 120.)

2. Sur la clientèle, vers le commencement de TEmpire, voyez un très bon chapitre de Friedlsender, Mœurs romaineSt etc., t. I, p. 268 et suiv.

urbaines qui allaient soit à la porte Trigémine, soit au Yélabre, vaquer à leurs minces trafics*; et ce mépris n'avait point diminué avec le progrès de la misère. Horace répétait les injures du vieux poète contre cette foule que l'on trouvait toujours aux mômes lieux". Cicéron rejetait dans les classes serviles et sordides les mercenaires, les vendeurs au délail, les artisans' ; et Sénèque, parlant de quelques invenlions faites par les philosophes en matière d'industrie, a grand soin d'ajouler qu'ils ne les ont pas faites comme philosophes, mais bien comme hommes \

1 . In Tusco Vico, ibi sunt homines qui ipsi sese venditant ; In Velabro vel pistorem, Tel lanium vel aruspicem,

Vcl qui ipsi sortant.

(Plante, Curcul. IV, i, 490.) Cf. Captiv. I, I, 22, el III, i, 423, et ce qu'il en dit, en général, dans le Trinummus (I, n, ilS) :

Nihil est profecto stuUius, neqne stolidius,

Neque mendaciloquius, neque argntum magis,

Neque confidentiloquius, neque peijurius,

Quam nrbani adsidui civeis, quos scurras vocant. M. Naudet, contre son habitude, ne me parait point avoir bien rendu le premier vers du Curculio, cité plus haut : les yers d'Horace auxquels il renvoie, el que nous donnons plus bas, le prouvent. Voyez, d'ailleurs, les détails qu'il a donnés sur les professions mercantiles en usage parmi les tribus urbaines, dans sa préface du Mercator,

2. Edicit, piscator nti, poroarius, auceps, Unguentarins, ac Tusci turba impia vici,

Cum scurris farter, cura Velabro omne macellum Mane domum veniant.

(Hor. 5aMI, m, 227.)

5. f Illiberales autem et sordidi quaestus mercenariorum omniumque « quorum operae non artes emuntur; est enim illis ipsa merces aucto* f ramentum servitutis. Sordidi etiam putandi qui mercantur a merca- « toribus quod sfalim vendant... Opificesque omnes sordida arte versan- « tur : nec enim quidquam ingenuum habere potest ofDcina. § (Cic. De olficciis, I, 42.)

4. c Uominis enim, non sapientis inventa sunt... Vilissimorum manf cipiorum ista commenta sunt. Sapienlia altius sedet, nec manus « docet : animorum magistra est. » (Sén. Ep, xc, 24-27 etfflswm.)

Cicéron aurait pourtant concédé à Tordre inférieur les arts où rintelligence domine, la médecine, l'architecture, même l'enseignement* (cela ne regardait que le petit^ nombre) ; il tolérait dans le commerce les grandes spéculations" (c'était l'affaire des chevaliers); il admettait parmi les formes de travail l'agriculture, et la proclamait, à la manière des anciens, la source la plus féconde de la richesse, la plus noble, la plus digne de l'homme libre' : mais le peuple n'avait plus de terre! Entre ces genres divers de fonctions qu'on lui vanlait, mais en les lui refusant, ou qu'on lui offrait, mais en compagnie des esclaves et sous le poids du même mépris, l'homme du peuple ne fit aucun choix. Exclu d'un côté, il ne se tourna point volontiers de l'autre ; il chercha des ressources ailleurs : il en trouva dans son titre de citoyen. Bientôt, en effet, il se vendra pour vivre, il trafiquera de son vole : car sa voix a du prix, et malheur à qui voudra lui disputer, sous prétexte de brigue ou de corruption, ce dernier expédient^. Si sa voix ne suffit pas, il louera son bras aux mêmes intérêts {operm conduditiœ) ; et déjà même les corps de métiers suivent la fortune de ces autres collèges, fdyers d'agitation ou d*émeute, supprimés, rétablis, étendus, selon que l'on craignait ou que Ton voulait des troubles (49).

1. f Quibus autem artibus aul prudentia major mest aut non mec diocri^ utilitas qusritur, ut medicina, ut architectura, ut doctrina c rerum honestarum, hae sunt iis, quorum ordini conveniutUy honestae. ■ (Cic. De off. I, 42.)

2. 0 Mercatura autem si tenuis est, sordida putanda est. Sin magna f et copiosa, multa undique apportans, multisque sine vanitate (fraude) 1 impatiens, non est admodum vitnperanda. » (Cic. De off, 1, 42.)

5. « Omnium autem rerum ex quibus aliquid adquiritur nihil est « agricultura melius, nihil uberius, niliil dulcius, nihil homine libero • dignius. » (Ihid,) Il renvoie à son Cato major.

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