‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 185 sur 213 · Plut. Cat. minor · texte numérisé non relu

Plut. Cat. minor

Voiià le peuple : où sont ceux qui maintiendront la république au milieu de ces orages ? a Us sont innombrables, dit Cicéron, et la preuve c'est que la république est debout... » argument qui tombait avec elle. Ce sont, d'après^ sa définition» les gens intègres et de bon conseil et qui sont bien dans leurs affaires^ : mais le consul Philippe (vers 104 avant J. C.) avait dit qu'il n'y avait pas à Rome deux mille hommes ayant quelque chose (qui rem haberent*). C'est l'oligarchie des riches; et, s'il faut les caractériser par leur conduite à Tégard des lois dont nous parlons, ce sont ceux qui répugnent aux lois frumentaires, à cause des habitudes d'oisiveté qu'elles créent parmi le peuple, et qui repoussent la loi agraire, pensant que leur enlever, à eux, leurs antiques possessions, c'est ravir à la république ses défenseurs ^. — Il fallait des terres, en effet, pour assurer des défenseurs à Rome, mais l'État n'avait pas besoin seulement de ces défenseurs de tribune ou de conseil ; et celte terre, envahie par l'ambition des riches, il ne suffira pas de la frapper du pied pour en faire sortir des légions.

i. f Quis ergo iste optimus quisque! De numéro >i quaeris innuc merabiles : neque enim aliter stare possumus. Sunt principes conf silii publici, sunt qui eorum sectam sequuntur, siuit municipales « rnsticanique romani, sunt negotia gerentes, sunt etîam libertini opf timates.... Omnes optimates sunt, qui neque nocentes sunt, nec na- • tura improbi, nec furiosi, nec malis domesiicU impediti, Esto igitur c ut hi sint, quam tu nationem appellasti, quique integri sunt, et sani, f et bene de rébus domesticiê consiituti, § (Gic. Pro Sext, 45.)

2. Cicéron (De offic, il, 21) trouve le propos criminel au premier chef (capitalis),

5. Âgrariam Tib. Gracchus legem ferebat... Nitebanlur contra optif mates, quod ea discordiam excitari videbant, et quum locupletes posc sessionibus diuturnis moverentur, spoliari rempublicam propugna- « toribns arbitrabantur. Fruraentariam legem, C. Gracchus ferebat... « Repugnabant boni, quod et ab industria ad desidiam avoça^i putac bant, et serarium exhauriri videbatur. » {Pro Sext. 48.)

Voilà donc les hommes qui se proclament les honnêtes gens, les bons citoyens ; leurs adversaires sont les Gracques et leur martyr Opimius, le meurtrier de Caïus * : qu'on juge de leur dévouement au bien de TÉlat! Ils y tiennent en effet : car ils l'ont fait semblable au leur, et l'intérêt public n'est pas distinct de leurs propres intérêts. Qu'ils prennent garde, pourlant : l'unité subsiste dilficilement sur un pareil terrain ; et Caïus, dont ils ont voulu abroger les lois, a jeté parmi eux un élément de discorde : la loi des jugements. Cette division qui existait, dans Tancienne Rome, entre les patriciens et les plébéiens, a reparu dans leur république supérieure, dans leur État d'optimales (quant tu nationem appellasti*), 11 y a de nouveau deux ordres, les sénateurs et les chevaliers ; et ils ne resteront pas toujours contents du partage qui, après la conquête, avait donné aux uns le gouvernement, aux autres Texploitation financière des provinces. Vainement Cicéron, attaché par sa position et par son origine à l'un et à l'autre des deux partis, attaché sincèrement au bien de l'État, cherchera-t-il à les réconcilier, au prix même d'une mutuelle tolérance pour les abus les plus criants'. La rupture s'accomplira entre eux, et la lutte doit être

1. • Nec vivi probabantur bonis, el morlui numerum obtinent jure « cœsoruin. » {De off. Il, 21 .) — f Frœclare vir de republica merilus, « L. Opimius indignissime concidit. » (Pro Sexlio^ 67.) Son éloge revient en beaucoup d'autres passages.

2. Cic. Pro Sextio, 65. Cf. 45. — « Bicipilem ex una fecerant « (Gracchi) civitatem. » (Florus, III, xvn, 5.)

5. 1 Et in causa non verecunda, admodum gravis et copiosus fui. • Ecce aliae deliciae equitum, vix fercndae : quas ego non solum tuli, « sed eliam omavi. » (Cic. Ad Attic. I, 17.) Il s'agit de prévarications des chevaliers dans Texercice de leurs fonctions de juges et de fermiers publics^ Ce rôle pèse bien à Forai eur, malgré la satisfaction de vanité qu'il en tire.

ici bien autrement redoutable que dans Tancienne Rome; car il y a parmi ceux qui les mènent des ambitieux qui les ireulent dominer, et il y a au-dessous d'eux une populace prête à seconder toute entreprise factieuse : faible jadis devant Tunion des riches, mais désormais prépondérante; grâce à leur partage, son vote décidera de touL

Celte populace est le produit de l'esclavage. L'esclavage, par lui-même, n'avait pu triompher de Rome; mais, en chassant de la campagne l'homme libre; en lui disputant, même dans la ville, cetle part de travail qui aurait pu le conserver honnête encore, sinon estimé, il avait créé au sein du peuple, romain cette foule à vendre et par conséquent servile : force supérieure à lui par le mal qu'elle a le droit de faire dans le jeu régulier des institutions de rÉtat, mais semblable à lui et désormais presque confondue avec lui quand il s'agît de les renverser. Cicéron s'excuse de n'avoir point résisté par les armes au décret qui le bannissait, parce que la défaite de son parti eût livré la république aux esclaves * ! La classe pauvre, assimilée à l'esclavage par le mépris des gens de bien ", n'en s?ra plus

i. f Sin Ticti essent boni, quid superesset? Non ad serves fidetis rem f venturam fuisse? > (Cic. Pro Sexlio, 21.) Il compte partout, parmi ses adversaires, les esclaves soulefés, servitio œncitato, (Ibid. 2i. Cf. 35, 36, 44.) Et ailleurs, il parle dans le même sens des soulèvements populaires, populari concUatione. (Ibid. 34.) Mais Sextius n'avait-il pas dû acheter lui-même des esclaves pour protéger la loi qui rappelait Cicéron (ibid. 39 et suiv. ; 60)T et Cicéron, dans son traité Des devoirs, proclamait admirable ce Milon qui avait armé pour sa cause une si bonne troupe de gladiateurs. (De offic, U, 17, § 5l$.)

2. Cicéron fait un crime à Rullus, devant le peuple (C* Rull. H, 26), d*avoir dit : « Urbanam plebem nimium in republica posse ; «xhauc riendam esse. Hoc enim verbo usus est : quasi de aliqua sentina, ac c non de optimorum civium génère loqueretur. > Et lui-même, dans son discours au sénat (c. RulL I, 7), appelait la colonie que le tribun voulait envoyer à Capoue : t Egentium atque improborum manus. »

distinguée en effet dans les espérances des ambitieux. C'est sur elle, comme sur les esclaves, que Ton comptera dans ces conjurations qui, comme jadis, ont pour moyen rincendiede la ville et pour but le bouleversement de rÉtat * ; c'est à elle, comme aux esclaves, que Ton demandera les soldais des guerres civiles. Voilà la guerre qui peut la toucher encore; car, après la victoire, les dépouilles sont à Rome, les terres conquises, en Italie. Elle s'y jettera tout entière, et, de révolution en révolution, elle précipitera la république vers l'empire*.

César, qui tout en aidant à ces conjurations, tout en soulevant ces guerres civiles, avait l'instinct d'une plus haute destinée, voulut, dès son consulat, tenter une régénération du peuple. Ce fut l'objet de sa loi agraire. Il ne reprenait point le système complet des Gracques, qui, en frappant partout les grands domaines, étendaient à l'Italie

1. • Liberti etpauci ex client ibus LentuU, diversis itineribus, opif fices atque servitia in vicis ad eum eripiendum sollidtabant. • (Sali. Catil. 50.) Licinius, dans cette conjuration de Catilina, reprochait au peuple de ne pas sentir son esclavage : c Gunctaque prssenti ignavia (( mutastis, abunde libertatem rati, quia tergis abstinetur, et hue ire et « illuc^manera ditium dominorum. § (Sali. Fragm.p, 400 éd. Lemaire.)

2. f Gicéron, rappelant les confiscations de Sylla, s'écriait : « Nec vero c unquanybellorum civilium semen et causa deerit, dum homines perf dili hastam illam cruentam et meminerint et sperabunt. Ex quo « débet intelligi, talibus prsemiis propositis , nunquam defutura bella c civilia. » (Cic. De offic. U, 8.) Âppien ajoute que les conjurés, après la mort de César, comptaient mal à propos sur le peuple, comnoe s*il pouvait réiuiir cette double condition de se vendre pour des largesses et d'aimer la liberté. (G. dv. U. 120.) Voir sur les colonies militaires, si communes depuis le temps de Sylia, la note 50 à la An du volume.

entière le bienfait de leur loi ; il ne reprenait pas non plus le projet récent de Rullus, qui, en 'vendant toutes les possessions extérieures de Rome, promettait de lui racheter rilalie : heureux échange, s'il avait pu s'accomplir, et si le prix de ces conquêtes, passant par les mains de RuUus et des autres décemvirs, eût eu la chance d'arriver à la fin proposée * ! — Son projet, plus restreint, avait le mérite de soulever moins de craintes et d*étre plus applicable. 11 respectait les usurpations du domaine, celles qui avaient précédé les Gracques, celles qui les avaient suivis ; il reprenait la pensée de Rullus, à peu près dans les limites d'un article de la proposition plus récente de Flavius, organe de Pompée^: il se bornait au domaine vacant (encore avait-il excepté d'abord le territoire de Capoue), et, avec les ressources ordinaires de la république, il achetait de ceux qui voudraient vendre, sur le taux de l'estimation des censeurs, quelques-unes de ces solitudes de l'Italie, où Rome pût se décharger d'une partie de sa population oisive*. La loi, repoussée par les défiances du

1. « Ce fut grâce à ces considérations, on le sait, qaeCicéron put le faire rejeter par le peuple même. Il fut secondé, il faut le dire, par le progrés de la corruption publique. Beaucoup aimaient mieux avoir du pain à Rome que des terres en Italie, et le partage des domaines de l*État, Taliénation de ses trésors, tarissaient la source des distributions de blé.

2. Cicéron, qui avait fait échouer devant le peuple la loi agraire de Rullus, avait été moins heureux en appuyant auprès du Sénat celle de Flavius, au moins dans ces dispositions utiles et facilement applicables dont César s'empara. Yoy. Gic. ad Alt, l, 19, et plusieurs allusions : II, 1, 15 et 16, et Ad div. XIII, 5 et 8 (lettres de recommandation aux commissaires de la loi.) Voyez MM. Dureau de la Malle et Naudet dans les ouvrages cités.

5. Td Tt ^àp irX'nOc; twv icoXitôv, (nrip&-)pcov 6v, irpdç Tt rà Ip^a xal irpàç ^itùi'^icLi ^TpairiTo, xal xk «Xitara rwç UaXiai i$pif)[jk«»p.fva au6iç cuv»xt- ÇiTo. (Dion,XXXYUI, i, p. 149, et la suite jusqu'au chapitre vn.) Les pères

sénat, fut votée par le peuple, et 20,000 familles furent tirées de celle fange de la ville (ex fsece romulea) et rendues à la terre, au travail, à la dignité. Ainsi donc César avait porté la main au double mal qui minait Rome et TItalic : mais ce n*était qu'un commencement de réforme, et déjà les terres disponibles de TÉlal se trouvaient épuisées! Il eût fallu toucher aux grands domaines; et, quand la victoire le rendit maître de Rome, il eût désespéré de réconcilier jamais raristocralie avec son pouvoir, s'il eût joint ce grief à la perle de la liberté... Il renonçait à la loi agraire ; il dut donc occepler la loi frumentaire ; car l'une était le supplément forcé de Taulre : Rome devait nécessairement subir l'une des deux lois Semproniœ *. 11 l'accepta, mais en la réformant. Cette foule confuse qui, à la faveur des troubles antérieurs, surchargeait Rome et les distributions publiques, fut recensée ; une moitié environ (150,000 sur 320,000) fut retranchée des rôles, et l'on prit des mesures pour remplir, d'une façon plus régulière, les vacances qui s'y produiraient à l'avenir «. Les ressources que César refusait à l'oisiveté, il les voulut offrir au travail. 11 donnait des terres dans les provinces, en envoyant

de famille de trois enfants furent envoyés dans ce territoire si convoité de Capoue. (Cf. App. C. civ. II, lO.)

1. À la veille de la guerre civile (Fan 50 av. J. C), Curion, quand il se fit Thomme de César, avait proposé, entre autres mesures propres à gagner le peuple à son parti, une loi alimentaire : c Legem

• viariam, non dissimilem agrariœ Ruili, et alimentariam quae jubet

• œdiles meliri, jactavit. (Célius à Cicéron, Ad div., vra, 6.)

2. c Kecensum populi, nec more nec loco soiito, sed vicatira per « dominos insularum egit : atque ex viginli trecentisque millibus acci- « pientium frumentum ex publico, ad centum quinquaginta retraxit. « Ac ne qui novi cœtus, recensionis causa, moveri quandoque possent, « instituit quotannis in demortuorum locum ex iis, qui recensiti non f essent, subsortilio a praetore fieret. » (Suét. Cœt, 41. Cf. Dion Cass. XLIII, 21,p.356.)

de Rome 80,000 hommes, en diverses colonies, au delà des mers; à défaut de terre, il donnait de Toccupalion en Italie, en prescrivant d'employer un tiers d'hommes libres aux troupeaux qu'on faisait paître dans les pâturages de rÉlat. Il repeuplait les campagnes, il exonérait la ville; et il y rappelait, il y fixait les classes dont laprésence, loin d'être un embarras, pouvait lui prêter un utile concours, en interdisant tout voyage aux fils de sénateurs et toute absence de plus de trois ans hors de l'Italie aux citoyens assez riches pour être tentés de voyager, assez jeunes pour concourir activement au service public (de 20 à 40 ans) *• Cette œuvre, interrompue par la seconde guerre civile, fut reprise par Auguste. Il s'effrayait de la corruption publique : c'était une source permanente de révolutions, et on ne la supprimait pas en fermant ou annulant les comices : cette populace oisive, quand elle n'aurait plus de voix à vendre, pourrait encore se vendre elle-même. Or la cause de cette oisiveté, il crut la voir dans la mesure qui lui venait en aide : il pensait à supprimer les distrir butions publiques. Mais cet usage était moins une cause qu'un effet; et, pour le supprimer, il eût fallu en détruire le principe : malgré tant de secours, depuis longtemps la misère était déjà tombée jusqu'à la mendicité (51) ; il eût fallu rendre au peuple le moyen de se suffire par le travail. Auguste s'efforça de diminuer les répugnances et les

i. f Ocloginla aulem civium miliibus in transmarinas colonias dis- « tributis, ut exhaustae quoque urbi freqnentia suppeteret, sanxit ne ff quis ci vis major annis xx, minorve xl, qui sacramento non tenerelur, « plus triennio continuo Italta abesset, neu quis senatoris filius, nisi • contubemalis aut cornes magistratus, peregre proûciscerelur; neve « hi qui pecuariam facerent, minus tertia parle puberum ingenuorum < înter pastores haberent. » (Suét. Cœt. 42. Cf. Dion, XLIII, 21, p. 356.)

obstacles qui l'en éloignaient. Il assurait à l'agriculture et au négoce la même faveur qu'au séjour de la ville; il offrait des facilités à l'induslrie ; il donnait des secours aux familles pour élever leurs enfants (52) ; il créait des colonies et cherchait 5 y attirer les émigranis par une jouissance plus élendue des privilèges de là cité*. Toutefois ce n'était point assez pour abolir les distributions publiques: il les réforma, comme César, en retranchant des rôles les intrus* ; mais il les maintint et s'en fit même un titre à la faveur de la multitude : et ce fut, après lui, la politique des empereurs. Les plus sages, à son exemple, s'elforçèrent, nous le verrons plus loin, de ramener, de fixer le ciloyen au travail, dans les champs comme dans la ville ; c'était le seul moyen de lutter contre les progrès de la décadence, et d'assurer l'État en lui maintenant sa double base de la milice et de l'impôt. Mais tous s'attachèrent, en outre, à se gagner au moins le peuple par des largesses : et plusieurs, renonçant môme à le réformer, travaillèrent à le corrompre davantage, afin que, dans cette dégradation, il ne pût môme éprouver encore le sentiment de la liberté. On étendit les distributions de pain, on multiplia les célébrations de jeux, et tout fut dit du peuple romain de Tempire : panem et circenses (53).

Le vrai peuple romain, celte race plébéienne et libre qui avait posé les fondements de la grandeur de Rome, n'existait plus, il faut le dire, depuis longtemps ; et l'esclavage ne l'avait point seulement amoindri et dégradé : il

1. Suét. Aug. 46. Dans les provinces il fallait déjà recourir à Tinlroduction des barbares. Auguste, selon Suétone (Tib, 9) et Eutrope(Vn,9), établit 40,000 Germains sur la rive gauche du Rhin.

2. César avait admis 117,000 prenant-part; Auguste dut aller jusqu^à 200,000. (Dion Cass. LV, 10, p. 781.)

Favait en quelque sorte transformé. Quand Scipion Émilien tenait tête aux murmures de la foule, disant: aVous ne ferez pas que Je craigne, déchaînés, ceux que j'ai amenés à Rome chargés de fer * » ; il pouvait provoquer bien des ressentiments, mais pas un démenti*. Déjà donc, au temps des Gracques, il s'agissait moins de conserver que de régénérer la population libre ; le mal était accompli à Rome, il gagnait ritalie et allait se répandre dans les provinces : lalifundia perdidere Italiam^ moxque provincias. Les grands domaines I c'est la forme, en effet, sous laquelle cette action destructive se produisait ; mais le principe du mal était l'esclavage. C'est l'esclavage qui, prenant possession des campagnes, chassait la classe libre vers la ville, c est Tesclavage qui, dans ce séjour, lui disputait encore le travail : si bien qu'exclue de toutes les voies honnêtes, elle dépérissait dans la corruption, et laissait vide, dans la cité, cette place que les esclaves venaient encore y prendre par l'affranchissement.

Mais le régime de Tesclavage, qui fit tant de mal à Rome, n'apporta il-il point avec soi son remède par cet usage réparateur? L'esprit de Rome ne pouvait-il se continuer qu'avec le sang romain [et, si la race patricienne a passé avec ses privilèges, le peuple ne restc-t-il pas, renouvelé par toutes les races du monde, comme pour ouvrir les portes de la cité à toutes les nations ? N'est-ce point là un des effets de l'afifranchissement ? N'est-ce point,

i. f Taceant quibus Kalia noverca est. Non efilcielis ut solutos verear < quos alligatos adduxi. > (Val. Max. VI, ii, 3. Cf. Âur. Vict. De vir, Uluêtr, 58.) Le même mot se retrouve , quoique dans une phrase un peu difTérente, chez Vell. Paterc. II, iv, 4, et Plut. Apophth. Scip. Min. 21,p.â01.

3. Voyez encore ce qu'Âppien dit du peuple de Rome. {G. civ. Il, 120.)

:par conséquent, un des litres de Tesclavage ? — De lous les faits qui dérivent de l'esclavage, il n'en est pas, sans doute, de plus utile, de plus recommandable, que rémancipalion ; mais les effets de rémancipalion sont-ils de telle nature qu'il faille, pour les perpétuer, maintenir parallèlement la servitude? C'est demander si Tesclavage, dans ce nouvel ordre de faits, est pour les peuples une source de corruption ou de vie ; si rémancipalion est bonne, en ce* qu'elle y puise ou en ce qu'elle le laril. Faisons donc celte dernière épreuve ; reprenons la question de raffranchissement à Uome ; examinons ce qu'il était dans son principe, dans ses formes, dans ses conséquences, et nous verrons quelle part il faut laisser, en effet, à l'esclavage dans cette œuvre de liberté (54).

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