Voyez le chapitre 111, De remploi des esclaves
5. Suétone dit déjà de César : « Praeterea monetae publicisque vecli- « galibuspeculiares serves praeposuit>(C(7«. 76), et d'Auguste : • Multos f libertorum in honore et usu maximo habuit. » (Âug. 67.) Voyei dans la noie 67, à la fin du volume, plusieurs inscriptions sur ces fonctions publiques des serviteurs du palais.
miers règnes, il n'y eut plus de frein. Ils se firent donner cet ordre, malgré la loi ancienne qui demandait une liberté de deux générations ^ : Claude en prodiguait le titre à tous les rangs de ses anciens serviteurs*. Us se firent ouvrir les portes du sénat*; ils se firent donner des gouvernements et presque des royaumes^, el, même sans sortir des offices de la maison d'Auguste, ils pouvaient étendre leur action partout. Procurateurs dans les provinces impériales et chargés des revenus du prince, ils y firent joindre la puissance judiciaire des gouverneurs*; ministres de son palais et attachés par leur service même a sa personne,
i. Pline, XXXra, vm, 2.
2. f Ita dum separatur ordo ab ingenuis, communicatus est cum f servitiis. • (Pline, XXXIII, vm, 2.) Cependant il ne le laissait pas prendre impunément aux affranchis étrangers. (Suét. Claud. 25.) Yiteilius, proclamé par les troupes, rendit aux chevaliers les ministères (minUteria principaius)^(fai avaient été donnés aux affranchis. (Tacite, HUt. I, 58.)
5. Suét. Claud.^J^, Claude commença par les fils d'affranchis et y mit pour condition qu'ils fussent adoptés par un chevalier; mais l'affranchi se faisait chevalier. Néron y mit aussi quelque réserve (Suét. Ner. 15) : avant d'être gouverné par des affranchis, Néron, ne ToublioDs pas, Tétait par Sépèque et par Burrhus.
4. f Claudius, defunctis regibus aut ad modicum redactis, Judseam « provinciam equitibus romanis ac libertis permisit. E quibus Antonius f Félix, per omnem saevitiam ac libidinem, jus regium servili ingenio f exercuit. » (Tacite, £fw/. Y, 9.) Tibère avait déjà nommé un affranchi préfet d'Egypte. (Dion, LVffl, 19, p. 892.) Biais, ici, c'est l'effet de la peur. On sait combien les empereurs craignaient de livrer cette importante province à un homme trop puissant.
5. Eodem anno saepius audita vox principis, parem vim rerum ha- « bendam a procuratoribus suis judicatarum ac si ipse statuisset. Âc, € ne fortuito prolapsus videretur, senatus quoque consulto cautum plef nius quam antea et uberius. • Ce qui avait été fait par Auguste pour les chevaliers se trouva étendu aux affranchis : « Quum Claudius hberf tos, quos rei familiari prœfecerat, sibique et legibus adœquaverit. t (Tacite, Ann. XU, 60. Cf. Dion Cass. LX, 8, p. 947, 1. 94; U, 29. p. 966, 1. 25.)
maîlres des comptes {a rationibus)^ des roquètes (a libeltis)^ chefs du secrélariat {ab epistolis)^ ils avaient entre les mains la direction générale des affaires. Ils régnèrent au nom de Claude; ils régnaient encore sous Galba, vendant les honneurs et les charges, et portant partout leurs mains avides et empressées, comme auprès d'un vieux maître* ; et Pline le Jeune, caractérisant toute cette période de l'empire, dit que la plupart des princes, avant Trajan, avaient été les maîtres des citoyens et les esclaves des affranchis*.
Qui ne connnit en effet ces noms justement flétris par l'histoire : Calliste, déjà puissant sous Caligula avant de figurer avecPallas parmi les ministres de Claude; Narcisse et Pallas dont on disait, comme le trésor était à sec, que l'empereur serait riche, si ces deux personnages voulaien t bien partager avec lui; Uéliusqui, en l'absence de Néron, faisait, à titre de fondé de pouvoirs, exécuter des arrêts de confiscation et de mort sur des chevaliers et des sénateurs •, comme si la fortune et la vie des premiers de PÉlat se trouvaient remis en sa puissance ; Occlus, être infâme, promu sous Galba au rang de chevalier, et prétendant à l'office de préfet du prétoire*; Asiaticus, affranchi de Vilellius, vil jouet de ses passions et de ses caprices, avant de devenir le principal agent de son empire ; Hormus, fait chevalier par Vespasien ; Parlhenius, chambellan de Domilien, ayant juridiction sur les soldats du palais • ? Et qui ne sait l'insolence de leur gouver-
i. « Jam adferebant venalia cuncta prœpotenfes liberti : servoff rum manus subitis avidae, et lanquam apud senem festinantes. » (Tacite. UUU 1, 7. Cf. I, 13, et Dion Cass. LXIV, i, p. 1050, 1. 25. Pour Domitien, Suét. Domit. 7.)
2. Pline, Paneg. 88. - 5. D. Cass. XLIII, i2.-4.Tacit.irw(.I,37* - 5. D. Cass. LXVU, 5.
nementS Timpudeur et le succès de leurs prétentions, Taudace de leurs rapines, Teffronterie de leur luxe ; l'argent accumulé chez eux par tous les moyens : vente des faveurs du prince, vente de simples nouvelles*; des sœurs de consuls, des alliés de Tempereur, des filles de rois élevées à l'honneur de leur lit ' ! D'ailleurs un train de rois ; palais resplcndissanls de marbre et d'or,qui effaçaient Téclat du Capitole ; bains somptueux, parcs, serres, jardins comparés aux jardins d'Alcinoûs *, et, après la mort, de magnifi. ques mausolées qui s'alignaient auprès de ceux des consulaires le long des grandes voies publiques ': témoin Licinus, ancien esclave de César, devenu sous Auguste procuraleur des Gaules, dont le tombeau était, par sa splendeur, comme une insulte à la morale publique, une insulte que la satire
1. Galliste, esclaTe d*un particulier avant de Fêlre de Caligula, se donnait le plaisir de faire faire antichambre à son ancien maître : f Stare ante limen Callisti dominum suum vidi, et eum qui illi impegerattitulum, qui inter ridicula mancipia produxerat, aliis intrautibus excludi. » (Sen. Ep, XL Vil, 7.) L'ancien maître, à coup sûr, méritait ce traitement.