‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 202 sur 213 · Voy. B»hr. Getch. der RlhmMch. UUer., §§ âS5 et suiv · texte numérisé non relu

Voy. B»hr. Getch. der RlhmMch. UUer., §§ âS5 et suiv

Remmius Palémon, et il en retint, dans ses mœurs, la marque dégradante^ Plusieurs, nés libres, n'étaicnl de- \enus esclaves que par l'abandon de leurs parents, comme M. Antonius Gniphon, natif de la Gaule, C. Melissus^ de Spolète*; les autres, presque tous d'origine grecque, ne firent que traverser Tesclavage, et retrouvèrent, par Taffranchissement, l'air natal de la liberté : Atleius Philologus et Cornélius Epicadus, l'affranchi de Sylla, dont nous avons parlé; Valerius Caton, Straberius Eros, qui fut le maître de Brutus et de Cassius ; Lenaeus, affranchi de Pompée ; Tiron, qui recueillit et publia les lettres de Cicéron, son maître; C. Julius Hyginus, conservateur de la bibliothèque d'Auguste; Yerrius Flaccus, choisi par ce prince pour l'éducation de ses petits-fils ; L. Crassilius de Tarenle, Scribonius Aphrodisius, affranchi de la première femme d'Auguste'. Mais, libres, ils ne retrouvèrent point ce libre essor du génie littéraire : le mot litteratus^ quand il ne signifie pas grammairien, s'applique, sans équivoque, au mauvais esclave marqué au front. Ils continuèrent de réciter ou de commenter leurs poètes*, y associant timidement quelques petits poèmes à eux ; ou,

1. Suét. De m gramm. 23. On a, sur ce Remmius Palémon, une inscription tumulaire dont on suspecte d'ailleurs l'authenticité. (Voy.

. Muratori, p. 974, n* 1.)

2. f Ingenuus... expositus. t (Suét. De ill. gramm, 7 et âl.) Geyers, par une singulière inadvertance, lui attribue la dignité de préteur, dont Suétone dit que Cicéron était revêtu quand il suivait encore ses leçons.

3. Ibid. 5-22. Auguste donna à Verrius Flaccus 100,000 sesterces, pour qu'il renonçât à son enseignement, afin de se consacrer à l'éducation des jeunes Césars. (Ibid. 17.)

4. On cite des comédies irabeaUe deMelissus, quelques petits poèmes deValerius Caton, de Tullius Laurea, affranchi de Cicéron (Suét. Deilluslr. gramm, 21 et 11 ; Pline, HUL nat. XXXI, ni, 2) ; une diatribe où Lenœus s'emporte en injures contre Salluste, pour avoir mal parlé de Pompée

s'ils firent quelque autre usage de la prose» ce fut, comme nous l'avons dit, pour dresser les généalogies où écrire l'histoire de leurs patrons: c'était encore une œuvre domestique^

Entre les genres exclusivement propres aux hommelibres et ceux qu'on rejetait sur les classes serviles, plus sieurs furent Cultivés pai^.les Romains, à Timitation des Grecs, sans que les esclaves en fussent écartés. Dans le nombre, il en est un où Ton trouve quelques noms célèbres : le théâtre. La comédie, importation étrangère, put être présentée au peuple sous des noms étrangers à la cité ou par des hommes de petite condition, comme furent Nsevius et Piaule ; de plus, pour se produire, elle demandait, à Rome, l'intermédiaire des esclaves; elle avait fait de l'esclave son principal agent, elle put avoir aussi des esclaves, des affranchis du moins, pour auteurs. Tel fut, dit-on, Livius Andronicus (affranchi de Livius Salinator), qui le premier apporta la comédie sur le théâti^ de Rome ; tel le poète Csecilius, nom qu'il tenait de son palron et qui fit oublier son nom d'esclave, Statius' ; tel encore Térence, si toutefois on doit laisser à l'esclavage ces génies que la piraterie ou la guerre avait ravis à la liberté.

son ancien mattre. (Suét. ibid,, 15). Voy. Gevers, De servilis condiUoni$ hominibui artes colentibtts,

1. Nous avons signalé des exœplions dans l'éducation de ces esclaves : on ne doit donc pas s'étonner d*en retrouver la Irace parmi les affranchis. Ainsi la maison d*Atlicus pouirait bien avoir produit ce Q. Caecilius Epirota, né à Tusculum, qui le premier, dit-on, fit usage de Ih langue latine dans les déclamations de Técole. Du reste, même pour lui, il ne faudrait pas examiner de trop prés sa moralité et sa délicatesse. (Suét. De ilL gramm, 16.)

2. Àul. Gell. IV, 20. Gaecilius était originaire de la Gaule cisalpine, Livius de la Grande Grèce : c'étaient aussi, le dernier au moins, des hommes libres faits prisonniers. Voy. Gic. Brulu$, 18; il conteste la date, non le fait.

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