‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 207 sur 213 · CATO B. H. I L. FUFIDIUS SPORUS | DOMINUS FECIT | BREVIS VOLUPTAS · texte numérisé non relu

CATO B. H. I L. FUFIDIUS SPORUS | DOMINUS FECIT | BREVIS VOLUPTAS

fht (Orelli 2805), Cf. 2804, 2805 et encore 4650 : tyche deli- CATA I flACIIC MOYCIKHC METEXOYCA

Au n** 5202 on trouve un delicatus acgdsti adjutor a cogmtio- NiBcs, qui périt, à l'âge de dix-huit ans, dans une campagne contre les Germains.

César et Auguste se plaisaient aux esclaves de ce genre. Suétone dit de César : « Servitia recentiora politioraque immonso pretio et cujus ipsum etiam puderot, sic ut rationibus quoquo

II — ti'.)

vetaret iriferri t (Cœs. 47) ; et d'Auguste : « Modo talisautocellatis nucibus ludebat cum pueris minulis quos facie et garruli tate ainabiles uudique conquirebat, prœcipue Mauros etSyros; nam pumilos alque distortos et omnes generis ejusdem, ut ludibria naturaemaliqueominis, abhorrebat. » (Aug. 83.) Mais cette triste espèce n'en était pas moins recherchée de la société de ce tempslà (Plut. De la curiosité, 1 0, p. 520) ; Pline ditde Julie : • Mînimus homo duos pedes et palmum in deliciis Juliœ nepUs ejus fuit. • (Hist Nat, Vll,xvi, 3.) Pourles bouffons voyez Lucien, Banquet^ 18. Durisle ces jeux innocents d'Auguste ne rempôchaient pas d'introduire lui-même dans ses festins les histrions et les bouffons : « Aut acroamata çt hislriones, aut etiam triviales ex circo ludios interponobal ac frequenlius aretologos. » (Suét. Aug. 74.)

Les acteurs (scenici artifices), les chœurs satiriques ((rarvpidxai ;^o/3oî) et les bouffons {archimimi) avaient aussi leur place aux funérailles. (Suet. ùes. 84 et Vesp,, 19; et Denys d'Halicarnasse, VU, 72.)

Le cirque et le stade.

Le cirque à Rome était situé dans hi vallée que dominent l'Aventin d'une part, et de l'autre le mont Cœlius et le Palatin. Les estrades, d'abord en bois, furent remplacées par des gradins en pierre- Ce fut Julçs César qui acheva la c-onstructÎQn du grand cirque. Comme quatre chars couraient à la fois, il y eut quatre couleurs pour les distinguer et autant de factions dés les premier^ temps de l'empire : le blanc, le rouge, le vert et le bleu. Tout cela demandait un personnel nombreux qui se louait, avec les chevaux et les chars, aux ordonnateurs du spectacle. — Les monuments de toute sorte, bas-reliefs, médailles, lampes funéraires, témoignent de ce goût des Romains. La passion des chevaux était extrême sous l'empire; les jeunes gens nobles SQ faisaient un plaisir de tenir les rênes de leiu*s chevaux sur les grands chemins. Suétone cite Domitius, grand-pére de Néron, comme fameux par son habileté à conduire les chevau!^ dans sa jeunesse. (lYer. 4.) Vitellius gagna par là la faveur de Caligula et de Néron. (Vitell. 4). Tacite range cette passion de Néron parmi les goiils honteux, fœdum studium. (Awn.

NOTES £T ÉGLAIRGISSëHëMTS. 451

XIV, 14.) Il y en avait de pires ; et du reste notre temps piouve combien les idées peuvent cUanger eu cette matière.

Les jeux du stade, jeux helléniquesi, introduits ^ R,CMue au triomphe de Fulvius Nobilior (1S6 av. J.. C.)> et remiç ^ honneur par Sylla^ puis par Auguste, furent toujours po^r les Romains des jeux étrangers ; et Ton doit croire que, comiae chez les Grecs onn*y voyait que des homra.es libres. Néroiji, qui voulait les populariser, pressait les hommes des premières classes d'y prendre part. Domitien bâtit au champ de Mars un stade qui pouvait contenir trente-deux à (rente-trois luille spectateurs, et il y présidait en manteau grec. Vagon capUolinus qu*il fonda le disputa aux jeux olympiques ; mais cette sorte de jeux fut loueurs moins goûlée cbius les proviuces de langue latine que dans celles cte langue grecque. La faveur des athlètes h Rome fut toute pei^onnelle, et principalement auprès des femmes. (Voyez Friedlsender, Upsurs romainei^ du règne d'Augtiste à la fin des Anionimy t. U, p. 45 et 246 et suiv. de la trad. française.)

Affiches de combats de gladiateurs.

A Pompéi, dans la i:ue qui va droit à la Basilique, sur le mur extérieur de la maison d*Eutychia on lit : a sdettii cerh (lire Certii) abdilis favilu gladutoria pugnabix pom^eis pr. %. iVNus. vENATio ET VEI.A EiujM» La chasse ou combat de- bétes était un aurait de plus ; les voiles promises donnaient Tasauravce qu'on ne serait pas incommodé du soleil. On Ut encore^ ce fragment d'annonce : fahiliagladiatoria venatio et veu,. Becbi» Belazione degU scavi di Ifompei, p. 4> dans le Real Museo Borbonico^ t. I (appendice). Le Père Garrucci a signalé d'autres programmes^ par exemple, cebii-ci inscrit sur une colonne du lieu que Toa nomme le quartier des soldaU et qui est une école de gladiateurs :

AMPLIATI II VAIUL. GLADfAT. PUGN. ^{mpels) K. HAIS VENATl[o] s[p)aR-

si[onesJ ET vEL[a] ER[un<]. Avec les gladiateurs, AmplLatus promettait, on le voit, des distribution»; suit l'éloge de cet homme généreux» totius orbis desideriqm, etc. Et cette ajutre à l'occasion de la dédicace d'un autel à la Démence : bro saluxs [imi).)

cAiSARis ArGr(s(i) Li(frero)RUMQUE (ejus et ob) dedicationem arae

AME.NTIAB G>EI MGIDI MAI FLAMl(n/s) CAESARIS AtCrSTI PION. POMPEIS SINE CLLA DILATIONE llll N0>. JCL. VENATIO, VELA ERUM. (VoyCZ Gar-

rucci, Nouveaux programmes de sj)€ctac1es de gladiateurs, dans le BulL archeol. KopoL (1853), p. Ii5,-H7; cf. Mazois, t. III, froiilispice, pi. i, et p. 46; et Guarini, Fasti duumvirali ed annali délia colonia di Pompei (Naples, 1842), part. HF, g 2, n«>* 2, 5, 6 et 8). Voyez aussi pour les inscriptions de Pompéi, C. Inscr. /a^,t. IV, p. 7Uets liv. On joignait parfois aux annonces Timage dos gladiateurs les plus fameux qui devaient combattre, comme dans nos affiches du Cirque ou de THippodrome. (Cf. Horace, Sa^ H, vu, 95 et Hensen, E rpîicatio musivi in villa Borghesiana asservati dans les Dissert, délia pontificia accodemia romana di archeologia^ t. XII. p. H9.) L'usage de roprôsenicr parla pdnlure, ou autrement, ces combats remonte à un Terenlius Lucanus, qui doit être des premiers temps de l'empire. Après lui, un affranchi de Néron, donnant des jeux à Antium, fit peindre sur les portiques les portraits des gladiateurs qu'il allait faire combattre. (Pline, Hist. nat.^^LS, xxxiii,)

Les gladiateurs en Italie et dans les provinces.

Pour ritalie, les inscriptions nous rappellent des jeux donnés à Eculanum dans le pays des Samnite8(Wilmanns, Exempta inscr. lut., n« 1838), à Bénévent (n« 1877),à Hispellum en Oni- Irie (2102), à Minturnes (2040), à Sinuesse (2037), à Trieste (2613), à Volsinies (2843).

Le peuple de Follentia, en Etrurie, arrêta les restes mortels d'un centurion, jusqu'à ce que les héritiers eussent consenti à donner une somme d'argent pour un combat de gladiateurs. Tibère, il est vrai, en fit justice. (Suét. Tiber. 37.)

Les jeux de gladiateurs furent introduits dans la Syrie par Anliochus Epiphane ; dans la Judée par Hérode et par Aj^rippa, (jui fit combattre sept cents couples en un jour. (Tite Live, XLI, 20, et Josèphe, Ant. Jud. t. XIX, vu, 5; cf. XV, vin, 1, et Juste Lipse, Sat. I, c. x.)

Dans les provinces de rOccident, les Romains les imporlèreut eux-niémrs en Gaule, en Espagne el en Afrique. Les inscriptions nous le rappellent encore pour la Bélique à Carmone Wilraanns, /. /. 2521), pour la Lusitanie à Aquœ Flaviœ (ïbiiL 2i75), à Lisbonne [ihid, d44i), et près de Séville : vingt paires de gladiateurs y oui combattu « pour le salut des empereurs » (C. Imcr. laL t. II, 1305) ; pour l'Afrique, à Girta (2380),à llippone (Willmanns, 2367, el dans le ncueil de M. Léon Renier, n<»2871), àMadaure (593), à Rusicade ou Philippeville (955).

Les jeux partout avaient précédé de longtemps les amphithéâtres. Les combats se donnaient sur les places publiques. Yilruve (V, 1) dit que l'on en tenait compte dans les villes italiennes lorsqu*on avait à y consti*uire un forum.

Les Lusitaniens firent combattre deux cents gladiateurs aux funérailles de Viriathe. (Diodore, XX](UI, fr. 13; Appien, Guerres d'Espagney 75.) Dans une mosaïque Irouvée au village de Bignor, comté de Sussex, on voit des gladiateurs combattants, des secutores, des retiarii ; avec eux paraît le laniste, muni de sa baguette, qui semble présider au combat. (An account of tiie remains of a Roman villtty discovered al Bignor in SnsseXy by S. Leysons. ArchœoL t. XVIII, p. 210 el la planche en tête de la dissertation.)

Les gladiateurs à Athènes et en Grèce.

Le passage de Lucien (Demonax, 57) supposerait que les jeux de gladiateurs n'avaient point pénétré à Athènes avant le deuxième siècle de notre ère. Selon Philostrate, les Athéniens avaient eu plus tôt des gladiateurs, et ils achetaient chèrement touie sorte de scélérats pour les armer et les faire combattre. Il dit qu'Apollonius de Thyane, invité par les Athéniens, refuîfa d'assister à ces jeux, et qu'il s'en expliqua dans une lettre : tf Je m'étonne, disait-il, que Pallas nait pas abandonné la cila- « délie où vous répandez tant de sang à ses yeux. Si vous con- « tiiuiez, lorsque vous célébrerez les Panathénées, vous sacri- « fierez des hécatombes, non de bœufs, mais d'hommes. Et vous, a Bacchus, comment daignez-vous encore honorer de votre prè-

45i NOTES ET ÉGLAIRGISSEMENTS.

« senee wn théâtre où l'on fait tant de carnage? Et c'est là que « les sages Athéniens vous offrent des libations ! Partez > vous « aussi, BacchuS) le mont Cithéron est plus pur que ce théâtre. » (Philôsti^te, Vie d'ApoUmius de Thyane, 1. IV, ch. xxu, U IV, p. 4 43 de la trad.) Philostrate ne dit pas qu'Apollonius ait converti les Athéniens. 11 faut donc mettre en doute ce témoignage, si Ton n'aime mieux suspecter celui de Lucien touchant Démonax.

Quant aux jeux de gladiateurs dans la Grèce ou dans ses colonies, nous ne parlons pas seulement de ceux qui Airent donn^ par les proconsuls romains dans les provinces grecques, par Lucullus à Éphèse^ par Cicémn à Laodicée (Plut. LucuU. S3; Cic. AdAtt, VI, ni^ 5) , mais de ceux qui paraissent s'être acclimatés dans ces contrées. Une inscription de Thasos contient les noms d^esiedarn et de mirmillons, affranchis après un certain nombre de victoires par une femme. (C'est une femme qui les possédait!) (Bc&ckh, Corp. Inscr. grœc. n« 2164, 25H et 2194 ^^ add.t. Il, p. 1028.) D'autres inscriptions témoignent du même usage à Laodicée de Phrygie, à Sinope, à Sagalassa {Uni, n" 3942, 4157, 4377) ; une autre, d'Ancyre, compte parmi les largesses accordées à la ville des combats de gladiateurs. (Muratori> p. 643, i, et Bœckh, n''4039.) Mais nous sommes ici au cœur du pays des Galates.

Sur les gladiateurs en Grèce, voyez encore ce que Lucien dit de ces jeux dans Toxarid, 58 elsuîv. (Cf. Dion Chrys. Orat. XXXI, p. 547, et Apulée Met, IV, p. 78 et X, p. 239, éd. Deux-Ponis.) Pour Corinthe, il ne faut pas oublier qu'une colonie romaine y avait été envoyée par César. Il y eut non seulement des jeux; il y eut des amphithéâtres à Corinthe, en Crète, à Cyzique^ à Pergame, à Nysa en Carie, à Laodicée sur le Lycus, à Antioche, à Beryte, à Alexandrie en Egypte, à Thysdrus dans la Bysacène (El Djem). (Voyez Friedlaender, ouvrage cité, t. Il, p. 94, et 314 et suiv.)

Limite passagère aux jeux de gladiateurs. Tibère eut une autre occasion de réduire les jeux mêmes.

Des spéculateurs exploitaient l'avidité de la multitude, sevrée de ces plaisirs pai* la parcimonie, et, sans doute aussi, par les ombrages du soupçonneux empereur. (Suét. Tib. 47.) Qui eût osé, Tibère régnant, efîacer, par Irop de magnificence, les largesses impériales, et solliciter du peuple une faveur que le prince n'avait pas ? La foule s'était portée à des jeux de ce genre, que donnait, à Fidènes, un homme peu suspect par son origine comme par sa position, un obscur affranchi, quand l'amphithéâtre, construit à la hâte, 8*écroula, ensevelissant 50 000 homities dans ses itiines. (Tacite, Aitn. IV, 63) ; Suétone {Tib. 40) pt)rte le nombi*é des morts à 20 000. Si des spectacles célébrés en de telles conditions n^avaient rien d'inquiétant pour Tempereur, ils menaçaient trop la sûreté publique, pour ne point appeler des mesures préventives. Un sénatnsconsulte défendit d'offrir des combats de gladiateurs, si Ton n'avait le cens équestre. (Tacite, Ahn. IV, 63.) Mais il n'y eut pas dé loi mbins observée, si Ton en croit Martial (111, xvi), se moqusmt des prodigalités de ce cordonnier :

Das gladiatores, sutorum régule, cerdo Quodque tibi tribuit subula, sica rapit.

Après teht eé cordomiier pouvait avoir le cens équestre.

Écoles de gladiateurs.

Parmi les plus curieux monuments de la manière de vivre des anciens, monuments conservés jusqu'à nos jours à Pompéi, par la cendre du Vésuve, il faut compter l'école de gladiateurs. « C'est, i dit H. Breton (on préférera justement sa description à celle que j'aurais pu faire de mémoire), « c'est un vaste parallélogramme, une sorte de cloître entouré de portiques, élevés en avant des bâtiments à deux étages. Ces portiques, soutenus par vingt-deux colonnes dans un sens et dixsept dans l'autre, en comptant deux fois les colonnes d'angle, ont, des grands côtés, 55 mètres de longueur, et des petits, 41 "^,10 sur une largeur de 4'",30. Us entourent un vaste préau.

une area qui dut servir aux exercices. Ce prèau a 46'",60 8ur Si^^SO. On y voit au centre une grande table antique et dans Tangle N.-E., une fontaine raodtrne, ombragée de saules pleuicurs. Les soixante-quatorze colonnes de tuf, revêtu de stuc, étaient primitivement d'un ordre dorique grec très simple et de bon goût; à Tépoque d'une restauration les chapiteaux avaient été enrichis d'un plus grand nombre de moulures,.. Ces colonnes, hautes de S'^ïÔO, sont lisses jusqu'au tiers de leur hauteur et cannelées dans les deux autres tiers; elles sont peintes en rouge ; les deux colonnes du centre de chacun des grands côtés du portique et la colonne du milieu des deux petits étaient colorées en bleu... Tout l'intérieur du portique et des] chambres était également peint, et présentait des ornements assez élégants, bien qu'exécutés avec négligence. • {Pom" peia, p. 157, 3« édition, 1869.)

Lorsqu'on en fit la découverte en 1766, on y crut voir une caserne : des armes retrouvées en plu^ieurs lieux, des trophées d'armes peints sur les murs d'une des pièces principales, comme la disposition générale du lieu, tout y montrait la demeure habituelle d'une troupe d'hommes armés, et on lui donna le nom de quartier des soldats. Mais étaienl-ce des soldats? L'examen plus attentif des armes, cnémides ou bottines de bronze, casque à visière portant l'image d'un dauphin, boucliers ronds ou longs, tridents, épaulières, épées recourbées, tout y a fait reconnaître des gladiateurs (Garrucci, //ludusgladiatorius, ovvero convitto dei gladiatoriin Pompeiy dans le BiiIL archeol. NapoL nouvelle série (1855), p. 98); et les inscriptions nombreuses ti^acées au trait, tant au dedans qu'au dehors*, sur les colonnes ou sur les murs, sont toutes relatives à leurs combats. Mazois, qui ne méconnaît pas le caractère des aitnes trouvées en ce lieu, est bien obligé de convenir qu'il y a eu là des gladiateurs ; mais le bâtiment lui paraît si grand pour une petite ville comme Pompéi, qu'il se refuse à croire qu'ils y aient été seuls et à demeure; et c'est aussi l'opinion à laquelle se tient M. Breton. Selon Mazois, il suffisait de quelque troupe, venue de Capoue et deNaples, pour répondre à tous les besoins des habitants. Mais l'amphithéâtre de Pompéi fondé, à ce qu'il paraît, presque dès l'origine de la colonie de vétérans qui y fut envoyée par Auguste, l'an de R. 745, prouve

NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 4î>7

quo ces spectacles n'étaient point pour la ville un plai!^i^ de passage; de plus, les affiches qui en sont restées, montrent qu'il y avait au moins à Pompéi cinq familles de gladiateurs. (Voyez le V, Garrucci dans le Bulletin archéol, de Naples (1853), p. 115.) H est probable qu'elles y étaient entretenues en commun sous une même direction. Il y a des preuves de cet usage sur un tombeau élevé à un laniste : on y trouve les noms d'esclaves appartenant à des maîtres différents. (Fabretti, p. 59, n<» 202.)

Dans une des chambres que Ton a rendues au jour, on a trouvé trois cadavres, les jambes prises dans une sorte de ceps. Les trois gladiateurs enchaînés furent oubliés le jour du désastre, et virent, sans pouvoir s'y soustraire, la pluie des cendres les ensevelir tout vivants.

A la fin de sa description de ces lieux, Hazois, se reportant aux jours qu'il y avait passés : a J'ai habité, dit-il, pendant plusieurs années l'une de ces petites cellules, et j'y ai appris qu'il ne faut ni un vaste logement, ni ce qu'on nomme les douceurs de la vie pour être véritablement heureux, toutes les fois que Ton joint au strict nécessaire le charme de l'étude et quelques nobles espérances (p. 14). » Ceux qui le précédaient immédiatement dans cette cellule se livraient à de tout autres études, et ils n'avaient guère d'espérance que d'égorger un certain nombre de leurs camarades, avant d'être égorgés à leur tour.

Dans les jeux le laniste donnait le signal. Parmi les figures au trait recueillis sur les murs de Pompéi on voit un rétiaire devant son adversaire, et à côté, le laniste tenant sa baguette, avoc cette inscription : casitntius dicet (dicit) accède. (Garrucci, inscriptions gravées au irait sur les murs de Pompéi, pi. xn iig, 1 .)

Des maîtres ou doctores étaient chargés de dresser les novices. DocTOR THRAEc. — oocTOR MiRMiLLOM. (MuratoH, p. 2019, G ; OrelH n" 2579 et 2580; Mommsen, Inscr, Neapd. lai, 6902 et C. Inscr. lot. t. V, 907, etc.) Des médecins étaient au>si atiachés à ces écoles : eutychus aug. lib. nero.mams medicus luoi matutini (Orelli, 2^55); claudius aug. lib. agatocles med. lud. mat. (ibid. 2554). On y comptait en outre un assez grand nombre de serviteurs, dos lorarii surtout, esclaves armés de lanières, esclaves connecteurs ou bourreaux. On en voit figurer auprès des combattants, avec leur bâton armé de courroies dans les scènes de la

mosaîqtre Bôrghèse. {Dût. deRa pmtificùl, ûccadenda rem. t. XII, pi. I.) Dans la même planche, on voit un serviteur qui tient un dieval : c'est, à ce que Vtn â supposé, le cheval qui devait aider à emporter les morts de l'arène vers rendmt où on les dépouillait, spdmrbim. Il y avait un curator spothrii. On médecin du ludn^ fnatutinu», affi^anchi de Claude, élève un tombeau pour lui-même, pour un lanîste, affrtnchi du mèm^ prince, pour un PrimitiimSy préposé au spaliarittM, et pour lé rétiaire Télesphore. (Oi'elli 2553.) Quant aux noms des diverses sortes de gladiateurs, ils sont fVéquents dans les Recueils tX fie retrouvent facilement par les tables.

Il y avait des rangs parmi les jgladiàteurs. La rudis du baguette, sorte de fleuret, dont ils se servaient dans leurs exercices, prêtait son nom à ces distînclidhs : Prima ruais, ou summa rudis, secunda rudis. On disait aussi primtts palus\f âeuteropàld^j comme on distinguait les primipiles dans la légion. (Voy. Mûratori, p. 615, 5; 619, 2 et 3; 1252, 4; Gruter, p. 57, 8; Orelli, 2872 2575; Wilmanns, 2606-2609.) La rudis étmt aussi le signé de l'exemption pour les gladiateurs âffrandiis de Taréne. (Voy. le mémoire déjà cité de M. Henten dans les Métn, de ïacad. pontif. d* archéologie^ t. XH, p. 105.)

HOTB 19, PAGE 154.

Le rétiaire.

Sur le rétiaire on a les descriptions de Ju vénal. Sot. Vin, 210 et suiv. ; de Festus v» Retiarius; d'Isidore de Sévillci Origines, XVIH, 54, où il faut lire : « Ut advei^sarium cuspide insequentem ou insistentem operiret * (et non insequente), textes qui ont d'ailleurs besoin d'être complétés et expliqués par les monuments ; et il y en a un grand nombre qui les complètent, comme il y a un grand nombre de savants archéologues qui ont pris à tâche de publier les monuments et de les rapprocher des témoignages. On trouve deux rétiaires dans les combats de gladiateurs représentés sur le tombeau de Scaurus à Pompéi : l'un Nitimus, cinq f3is vainqueur, vient ^de remporter un nouveau triomphé ; il a son trident à la maih, la tête ceinte d'une

bandelette, un brassard au bras gauche et un cercle à Tépaule : c'est peut-être la trace mutilée de Tépaulière qu'il n*a plus, mais que l'on voit à son compagnon, rattachée par une courroie en bandoulière. Ils portent tous les deux le stibligaculnm avec des anneaux ou des lanières aux pieds et des sandales. (Voyez Mazois, Ruines de Pompéiy t. 1, planche xxx etxxxn.) On trouve encore souvent des rétiaires sur les lampes sépulcrales : par exempte, sur une lampe de Pompéi, publiée dans les Antichita di Ercolano avec un savant commentaire (t. Vlfl, p. 75, pi. xii), lampe dont on retrouve la pareille au musée du Louvre : le rétiaire est présenté seul, à genoux, ayant le trident et le poignard, le poignard de la main gauche qui tient la partie antérieure du trident; son épaulière lui couvre l'épaule gauche; il est cotrtme en arrêt. Sur une autre lampe, il est figuré encore à genoux devant son adversaire dont il attend Tattaque. Letronne a publié (Revue archéd, (1848), p. 562) une petite statuette rapportée de Samos par Minoîde Mynas et qu'il prend pour un dimachceros, mais qui pourrait être aussi bien un rétiaire; le personnage a la tôle nue, le subligactdum ei Tépaulière, avec courroie en bandoulière, et une ceinture qui serre à la fois le bas de Tépaulière et le subligactdum sur les reins : Tépaulière est la défense de Thomme qui combat des deux mains. Tel est donc le caractère de celte statuette, dont les deux mains semblent tenir quelque chose ; mais on y peut supposer aussi bien les armes du rétiaire que les deux épées du dimachaeros.

M. Chabouillei a donné dans le même recueil (1851, p. 597- 420) une statuette de plus grande dimension, connue sous le nom de « rétiaire d'Esbarres », et dont le caractère n'est pas douteux : le gladiateur tient des deux mains le trident, et tout le reste du costume et de l'armement, sauf lépaulière qui manque (comme elle manque aussi dans deux des figures de rétiaires du palais Borghèse) est du rétiaire ; brassard au bras gauche, descendant jusqu'à couvrir la maiii ; anneaux t)U bandelettes aU bras droit, qui avait moins besoin de défense ; anneaux pareils aûl deul pieds, Éubligaculufii rattaché en plusieurs plis sur lie ventre et ceinture serrant les reins. L'af liste il'a pas représenté le poignard que le rétiaire portait de la main gauche, en même

4G0 NOTES ET ËCLAIRCISSE&IENTS.

temps que de cotte main il soutenait son trident, comme on le voit sur les lampes funéraires et comme les anciens en U*moignent. On sait qu'un jour, à Syracuse, les péripéties du combat ayant anietié un rêtiaire et un mirmiilon près d'un endroit où siégeait le chevalier romain Atorius Rufus, le rétiaire, frappant son adversaire de son trident, t«.a de son poignard, et du même mouvement, le chevalier romain (Valère Maxime, I, vu, 8.)

D'autres figures deréliaires ont été publiées par M. Leemans, d'après un bas-relief du musée néerlandais et quelques fragments de vase. (Le rétiaire et le mirmiilon^ art. de la Hevue archéol. 18.M, p. 597, pi. cLxxxni.) Dans le bas-relief, le rétiaire est aussi velu du suhligaculum ; il a Tépauliére et des bandelettes à Tavant-bras gauche, et de la main droite il tient le tindent sans le poignard ; dans les fragments de vase où le rétiaire combat^ le poignard se voit très clairement à la main gauche avec le tiident en arrêt; et c'est ainsi qu'il parait armé dans ces nombreux croquis, grossièrement tracés à la pointe, par quelque enfant sans doute, ou quelque désœuvré, sur les murs des maisons de Pompéi, croquis publiés par le P. Garrucci (Inscriptions gravées au trait sur les murs de Pompéi^ planche xii; cf. les images de rétiaires qu'il a réunies dans le Bulletin archéol. deNaples, 1855-1854, table vn, n« 6, 7, 8, 9); on y voit au n« H un petit bronze du musée royal de Naples, représentant un rétiaire avec l'appareil défensif que nous avons signalé ailleui^, et le trident en arrêt, mais sans le poignard.

.Jusqu'à présent aucun monument ne nous a présenté ce filet d'où le rétiaire lirait son nom, et l'on n'en rend pas compte en disant que. s'il ne paraît pas, c'est que le rétiaire le tenait caché ; il vaut mieux dire que, d.ms la plupart des cas, le rétiaire est représenté après qu'ayant jeté son tliet, il use de ses armes ; ou que l'artiste l'a négligé comme de nature à être moins avantageusement reproduit par la sculpture (ce n'est pas la sculpture italienne qui perdrait aujourd'hui l'occasion de découperles mailles d'un filet!). Sur un vase trouvé à Nimègue on voit le rétiaire prêt à frapper son adversaire ; le filet n'est pas visible, et toutefois l'adversaire parait tellement gêné dans ses mouvements qu'il semble en être enveloppé. (Voyez rarliclo de M. Lcemans dans la Revue archéol. (1851), pi. clxxxiii, n^" 5.)

NOTES ET ÉGLAIRCISSEMEKTS. 4Cl

Jlaisle filet se retrouve visiblement sur d'autres monuments. Je ne parle pas du tombeau de Scaurus, où Mazois dit en avoir vu encore quelques traces à Torigine, si faibles pourtant ou si douteuses qu*il ne les a pas gardées dans son dessin ; mais je citerai d'abord ce monument de Julius Balôrianus (Valerianus) qui porte, avec l'inscription, la figure d'un rétiaire dont le subligaculum est retenu par une ceinture ornée de broderies, et qui tient de la main gauche le trident et le poignard, et de la main droite le filet (Gori, Inscr. t. 111, p. 99 et suiv.); puis cette mosaïque publiée par Winckelmann d'après un dessin de la bibliothèque du cardinal Âlbani, dessin qui n'est peut-être pas fort exact pour le costume : car le mirmilion porte une tunique et le rétiaire une sorte de manteau ; mais il ne peut pas n'avoir pas reproduit ce qui est le trait le plus saillant du tableau : le rétiaire Calendio a jeté son filet sur son adversaire Aslyanax et veut le frapper de son trident; le filet ne l'a enveloppé qu'à demi ; aussi dans une autre scène représentée, au-dessus de la première, on voit Astyanax, les bras dégagés du filet, se précipiter sur son advei'saire qui est renversé et qui, lâchant son ti'ident, fend son poignard, moins pour se défendre que pour invoquer la pitié des spectateurs. (Mon, inédite, part. IV, p. 25 et pi. cxcvn.)

La mosaïque trouvée à Bignor (comté de Sussex) nous offre aussi, sous forme d'enfants ailés, la représealation populaire du rétiaire, avec son costume et ses armes déjà décrites, combat* tant son adversaire. Dans un premier groupe le combat est engagé, le filet ne paraît pas ; il en est de même du second groupe, où le rétiaire est renversé ; mais dans le troisième groupe, placé à droite, nous assistons aux apprêts du combat. Un laniste va armer du casque et du bouclier l'antagoniste du rétiaire; non loin de là, le réiiaire est amené par un autre des assistants : il tient le trident et le poignard de la main gauche, et de la main droite le filet. (Lyson's Reliquiœ Britannicœ Romance, t. ni, pi. XIX ; Londres, 1817.)

On retrouve don enfants ailés substitués ainsi aux véritables combattants sur des lampes funéraires du Musée des antiques au Louvre : il s'agit de bestiaires ; sur l'une, l'enfant ailé terrasse le lion ; sur l'autre, c'est le lion qui le dévore.

463 NOTES ET ÉGI,.AIRCISSEHENTS.

Uans une mosaïque plus récemment trouvée à Neunig, près de Sierk (provinces Rhénanes), on voit le réliaire tenant le trident sans le filet, ni même le poignard. Son costume et sou armement sont pour le reste à peu près tels que nous les avons décrits : épaulière et brassard, subligaciUum et ceinture, courroies au genou et sandales. (Voyez Revue archéol. (1855), p. Ml.)

On a pu voir que le rétiaire est pourvu dans les monuments d'une épaulière dont les témoignages écrits ne disent rien; et que ces témoignages parlent d*uiie sorte de coiffure ou galerus dont il n*y a point trace dans les monuments. Qu'est-ce que ce galerus des auteurs? Le Père Garrucci a supposé que c'était précisément cette épaulière des monuments, et alors on n*a plus à signaler cette éti^ange lacune dans les uns comme dans les autres. Aussi je m'en tiens à celte explication, autorisée d'ailleurs par un commentateur de Juvénai : Galerus est humero itnposUus gladiatoris^ quo citius sparsum funem vel jactatam reliant (sic) coUigat (Schol. ad. Juvéïu VIIl, 208), bien que plusieurs archéologues, et notamment H. Leemans, dans le savant article que j*ai cité, entende ce mot d'une calotte ou perruque, selon le sens qu'il se trouve avoir ailleurs dans Juvénai :

Sed nigrum flavo crinem abscondente galero.

(Juvén. Sat. YI, 120.)

Le réliaire dans les monuments parait n'avoir rien sur la tête. C'est à tort aussi que notre savant confrère M. Adrien de Longpérier, dans une note sui* les armes des gladiateurs, a dit : c De ce que les rétiaires étaient vêtus de tuniques, il ne s'ensuit pas qu'ils ne fussent point armés de casques et de boucliers.... Nous trouvons dans la mosaïque du cardinal Albani des retiarii vêtus d'une tunique, coiffés d'un casque à visière et armés d'un bouclier quadrilatère, ce qui ne les empêche pas d'être enveloppés dans un grand filet que Tertullien nomme spongia. » {Revue archéoh (1851), p. 324.) Je laisse cette interprétation du mol spongia qui n'est pas généralement admise ; quant au raisonnement principal, il repose sur une inadvertance : car celui qui. est dans le filet avec bouclier et casque à visière, ce u'est pas le rétiaire, c'est le mirmillon.

KHin, par une erreur contraire, prend pour des mirmiilons les deux rétiaires armés du trident que Ton trouve dans les basreliefs du tombeau de Seau rus. {Description des tombeaux récemment découverts à Pompéi. Naples, 1813, p. 40.)

Les rétiaires sont nommés dans les inscriptions, non pas seulement avec les aulres sur les annonces des combats (Garrucci, Inscriptions gravées au trait sur les murs de Pompéi ^ pi. IX et x), dans les monuments votifs (Corp, Inscr. lat,, t. I, 1254), ou sur les tombeaux communs (Hommsen, Inscr. NeapoL n*> 736 et 737), mais sur des monuments particuliers : Tun est un affranchi de Trajan, originaire d'Espagne, un autre est Alexandrin et un troisiènve Phrygien ; le deuxième, le rétiaire Generosus, a été victorieux dans vingt-sept combats. (Cf. Corp. Inscr. lat.i. V, 5465.) Voyez Doni, IV, 59; Gruter, p. 333, 8 et 9; voyez encore une inscription métrique du musée du Louvre, restituée et publiée par Welcker (Sylloge Epigr. Grœc. p. 58 ; Rome, 1828 in-8«), et une autre tirée des Voyages de Walpole [ibid. p. 61).

Une inscription d*une époque assez basse parle du rétiaire Becoratus, qui avait rempli dans huit combats le rôle tout différent 'de secutor : constantius MuitERAïuns gladu | toribus suis

PROPTER FAVOREM MO | NERIS HUNUS SEPULCRUM DEDIT | DECORATO RETIARO QUI PEREMIT | CERULEUM ET PEREMPTOS DEC! | DIT. AMBOS EXSTITfXIT RUDIS CTRO | SQUE PROTEGIT ROGUS | DEGORATUS SECUTOR PUGNARUM VlU I VALER(î)* UXSORI DOLORE(m) PRIMUS RELIQUIT. (C

Inscr. îat. t. V, 563.)

Willmanns, qui reproduit cette inscription (n*» 2613), propose de Mre retiarium en rapportant cette qualité à Cemleus ; mais riaversion serait étrange. L'édjteur du C. Inscr. kU. de Berlin Tentend de Decoratus [retiarius idem secutor ^ t. V, p. 1199).

Un monuioent, consacré cette fois à \m secutor, nous montre, au-dessus de Tinscniption, d*un côté un gladiateur debout avec le poignard et le bouclier ; de Tautre, un casque posé sur un poteau et un chien. Le gladiateur a vécu vingt-deux ans et a combattu treize fois : le monument lui est consacré par sa fille çt sa Cemme, qui avait été six ans avec lui. (C. Inscr. lot., i. V, m* 5933 ; cf. Opelli, 2572.) Il y a. plusieurs autres inscriptions

m NOTES ET ECLAIRCISSEMEKTS.

de secutores : Monimsen, Inscr. NeapoL 2910; Orelli, 5571 ; Wilmanns, 2607 et 2610.

Un gladiateur, originaire de Modène» vainqueur sept fois, tué à la huitième (il avait 25 ans), invite les survivants à se défier de sa constellation : d. m. | gladco ti{atione) muti | mensis po-

GNAR. I vu e VIII VIXIT AKN. XXUI | D. V. | ADRKLIA MARITO B. M. ET AMATORES HUJUS PLANETAM ] SDUM PROCCRARE | VOS MOKEO IN | KEMESE NE FIDEM I UABEATIS SIC SUN DECEPTUS | AVE VALE. (Wilniaiins,

Exempta InscripL latin. 2614.)

Le laquearius.

Une figure de la collection Kestner, citée par M. Henzen dans son mémoire, nous montre le laquearius simplement vêtu de la tunique et défendu par l'épauliére : il tient d*une main son lacs et de Taulre un bâlon recourbé. (Mém, de Vacad pœitif. de Rome, t. XII, table vu, fig. 10). Un fragment de vase trouvé à Arenlsbourg (forum Hadriani), en Hollande, montre deux laquearii aux prises ; ils tiennent le lacs de la main droite, et de la gauche un poignard; un brassard leur recouvre la partie supérieure du bras gauche; ils portent la tunique et ausbi quelque étoffe aux jambes. (Voyez Leemans, Rétiaires et Jlfirmillons, p. 86.)

Armes de combat des gladiateurs.

Nous avons à parler des gladiateurs au point de vue des personnes : nous n'avons pas à traiter spécialement la partie archéologique de ce grand sujet. Nous ne saurions mieux faire que de renvoyer pour ces détails aux divers ouvrages que nous avons cités à propos des rétiaires : Henzen, Explicatio mnsivi in villa Borghesiana asservaii, dans les Dissert, délia pontificia accademia romana di archeologia^ t. XU, p. 161 et suiv. ; Mazois, les Ruines de Pompéi, notamment les planches xxx et xxxii sur le tombeau de Scaurus ; Winckelmann, Monumenti anlichi inedili; Garrucci, Inscriptions gravées au trait sur les murs de Pompéi (Bruxelles 1854); divers articles du même P. Gar-

ruccî, de Minervini et d'Avellino dans le Bulletin archéologique de Naples, notamment dans les années 1853-1854; P. S. Bartoli, Lucemœ veterum sépulcrales iconicœ ex cavemis Romœ subterraneis collectœ^ et les nombreux articles di.<persés dans notre Revue archéologique, notamment ceux de MM. Letronne, 1846 et 1848, p. 562; A. de Longpérier, 1849, p. 198; 1851, p. 523; de Ghabouillet, 1851, p. 397; Leemans, 1852, p. 65, etc. Pour les armes (casques à visières, jambières, épées et boucliers] comme pour les lampes funéraires à figure, on peut en voir de riches et nombreux échantillons au Louvre, dans le Musée des antiques et dans les salles Napoléon IIL

KOTE 22, PAGE 136.

UoplomaqueSf Thraces^ Samnites, Mirmillons et Gaulois.

L'hoplomaque, qui rappelait l'hoplite des armées grecques, devait avoir l'armement le plus complet : casque à visière, cui- ' rasse, brassard, bouclier, jambières aux deux jambes. Il était regardé comme le gladiateur le plus difficile à vaincre. Caligula opposa Œsius Proculus, homme de très haute taille, à un thrace d*abord, puis à un hoplomaque (Suét. Cal. 36.) Il y a au Musée du Louvre, sur un cippe funéraire, un combattant du nom de Myron, armé de pied en cap : casque à visière grillée , armure écaillée dans le genre des cottes de maille, brassard au bras droit, jambes revêtues de lanières (Voyez Clarac, Musée de sculpture, t. 11, pi. 222, n« 324.) M. de Clarac y voit soit un soldat, soit un gladiateur hoplomaque. Les armures écaillées comme en porte ce personnage ne se retrouvent pas chez les gladiateurs; mais les casques ainsi grillés n'étaient guère d'usage chez les soldats. Dans la mosaïque Burghèse le gladiateur nommé Pampinéus est signalé comme un hoplomaque. Une inscription est consacrée à un hoplomaque vingt fois vainqueur, mort à trente-cinq ans. (C. Inscr, lat., t. II, 1739.)

Le thrace était aussi pesamment armé. On trouve sur un tombeau un personnage portant épée courbe (sica), brassard au bras droit, petit bouclier quadrangulaire (parmida) au bras gauche; ceinture et subligaculum ; deux jambières mon-

tant jusqu*au-de$sus du genou et les cuisses revêtues de lanières ; la tête nue, mais à ses pieds un casque à visière; et rinscription porte : « Au thrace Priscus, sa femme Elea a érigé ce monument. » (Maffei, Muséum Veron.^ p. 444, 2.) Voilà donc une figure de thrace authentiquement reproduite par l*art ancien ; et on en a une autre dans le monument du thrace Exochns (Fabrelti, Colonne Trajane, p. 256) : même armement, à la réserve du bouclier qui est long et quadrangulaire, ce qui montre qu'il ne faut pas s'attacher à ce signe pour reconnaître le thrace dans les nombreuses figures de gladiateurs rapprochées de ce type.

On peut aussi ranger parmi les thraces le gladiateur Fonditanus dont on a la statuette d*ivoire au Musée du Louvre (ED, 285], et une statuette de bronze plus petite encore avec casque à visière percée de trous, et jamîiières aux deux jambes, dans une des salles du musée Napoléon 111 [n9 609). Dans les groupes divers de combattants représentés sur le monument deScaurus, un assez grand nombre se rattachent au genre le plus pesamment armé par la double jambière montant jusqu'au-dessus du genou, et peuvent ainsi être regardés comme des thraces.

Pour le samnite, son armement se rapprochait sans doute de celui que Tite Live (IX, 40) nous décrit : casque à panache pour se hausser la taille, bouclier large par le haut pour couvrir la poitrine, effilé par le bas pour laisser plus de jeu aux mouvements; plastron sur la poitrine, jambière seulement à la jambe gauche. L'historien ajoute expressément que les Campaniens donnèrent à leui*s gladiateurs les armes des Samnites et les appelèrent ainsi. On peut doue rapporter au samnite les figures de gladiateurs qui se rapprochent de ce modèle ; néanmoins on n'a pas pour cette sorte de gladiateurs, comme on Ta pour le thrace, une représentation complète qui lui soit rapportée par une inscription. Il y a bien un casque à visière grillée qui porte les lettres CAÎI = Sam(nite) (Voyez Henzen dans les Mém, de VAcad. pontif, de Borne, t. XII, p. 108 et pi. VII , n» 5) ; mais le casque non plus que le bouclier même ne suffit à distinguer les samnites des thraces : dans un grand nombre de cas, des gladiateurs, que d'autres marques signalent pour des Samnii»»s, ont le casque à visière pleine avec ouver-

NOTES ET ÉGLAIRGISSËMENTS. 467

ture pour les yeux. Les signes les plus constants des deux classes paraissent élre Tépée droite et la jambière à la jambe gauche pour le sanmite; pour le thrace, Tépée courbe, deux jambières dépassant le genou et quelquefois des lames de métal ou des bandes de cuir autour des cuisses.

On a aussi sur une médaille de Rimini l'image du soldat gaulois (bouclier ovale, armement plus léger que le thrace et assez rapproché du samnite), et on peut par là se faire une idée du gladiateur de ce nom. On sait d*aiUeurs que le gaulois devait avoir de grands rapports avec le mirmillon, puisque le mirmillon, selon Festus, v^ hetiarius^ était de la classe des gaulois (Voyez Henzen, mémoire cité, dans les Dm. de VAcad, pontif. de Rome, t. XII, p. 111.) Or on a des figures authentiques de mirraillons dans les bas-reliefs du tombeau de Scaurus : plusieurs noms y sont suivis de la lettre M. (mirmillon). (Voyez Hazois,/. /., et Millin, Description des tombeaux découverts à Pompéi en 1812,p. 54.) G*est à peu près Tarmement du samnite : casque à cimier, brassard au bras droit, subligaciUum rattaché par une ceinture, demi-jambière à la jambe gauche et brodequin à la droite, bouclier cambré, carré du haut et arrondi par le bas, donnant bien Tidée de ces grands boucliers de mirmillon que mentionne Festus, Y* MirmiUonica, et auxquels Ammien Harcellin (XVI, 12, et XXIII, 16) fait allusion en parlant des Perses. Voilà le mirmillon : quant au gaulois, on en a peut-être une représentation directe dans deux autres gladiateurs du même bas-relief, les deux gladiateurs dont Tun, blessé, tend la gorge à l'autre pour recevoir le coup mortel ; car ce ne sont ni des thraces ni des samniteis : rien ne l'indique dans leur armement; ce ne sont pas non plus des mirmillons, puisqu'ils ne sont pas, comme les autres, marqués pour tels par la lettre H ; et (ce qui s'accorde avec leur qualité supposée de gaulois) ils ont pour adversaires deux rëliaires : l'un repoussant du pied le mirmillon qu'il vient de blesser, l'autre paraissant attendre celui qui a reçu Tordre d'achever d'abord son compagnon d'armes. Leur armure répond d'ailleurs à ce qu'il est permis de savoir ou de conjecturer des gaulois : casque sans cimier, brassard au bras droit et subligaculum comme tous les autres ; bandelettes de cuir aux jambes au lieu decnémides, et,

auprès d'eux par terre, boucliers ovales semblables à celui du soldat gaulois. (Voyez Hazois, /. /.)

Parmi les figures diverses gravées à la pointe sur les murs de Pompèi et publiées par le P. Garrucci, Priscus et Âsteropeus sont des thraces, Océanus et Tinvincible Achille, des samnites ou des gaulois. (Voyez pi. xi, 1-5, et pi. xii, 2.)

Dans les lampes funéraires que Ton trouve réunies au Musée du Louvre, on peut faire les mêmes distinctions; mais nous ne les pouvons signaler ici, ces lampes n'ayant pas encore reçu de numéros. On en trouvera d'autres reproduites avec des figures analogues dansP. S. Bartoli, lucerme veterum sépulcrales iconicœ, hji^* 20, 21 et 22 ; dans ce dernier groupe le gladiateur, avec un serpent en guise de cimier, est un thrace, l'autre un samnite ; d'autres lampes, qui font partie du musée de Constantine, ont été publiées dans la Revue archéologique. On y distingue les combattants en thraces et en samnites, uniquement en raison de la forme de leur épée et de leur bouclier. Ce n'est pas, nous l'avons vu, un indice suffisant (Revue arcAeo/., 1859, p. 500 et pi. 371).

Quant au dimachœros que Letronne avait signalé dans une petite statuette où l'on retrouve plutôt un rétiaire, on en peut voir une représentation plus vraisemblable dans deux statues du Musée Bourbon de Naples (t. VllI, p. 7 et 8) ; ils tiennent d'une main l'épée et de l'autre la lance. Gomme ils doivent combattre sans bouclier, l'épaule gauche est munie d'une défense que Ton voit aux rétiaires. (Voyez Henzen, mémoire cité; cf. Garrucci dans le Bull, archeol. Hap.^ 1855-1854, pi. vu, n« 5.)

Les gladiateurs et les bestiaires.

Deux inscriptions, dont l'une a gardé son titre : familu gla- DiATORiA (Mommsen, Inscr. Neapol. lat., n~ 736 et 757), présentent, quoique mutilées, dans leur liste presque toutes les espèces de gladiateure ci-dessus énumérées. (Voyez encore le n° 2910 et parmi les inscriptions d'Orelli les n*» 2559, 2577, 2587.) Sur les bestiaires et les venationes^ voyez surtout les

bas-reliefs du tombeau de Scaurus (Mazois, Ruines de PompéU I, pi. XXXI et xxxn), et la mosaïque Borghèse {Diss. délia Accad. rom.y t. XII, pi. Il, IV et v). Dans le bas-relief du duc de Torlo- Ti\Bi(ibid,, pl.vi)et sur une lampe publiée par S. Bartoli(i, 31), les chasseurs ont le casque et le bouclier, pauvre défense contre ces lions, comme on le voit par la scène même du bas-relief. On trouvera avec ces dernières représentations les textes qui peuvent servir à les expliquer dans le mémoire déjà cité de M. Herizen. (Diss. délia poniif, Accadem. rom.y t. XII, p. 122 et suiv.)

Entre autres objets curieux que nous a laissés l'antiquité, il faut compter de petites tablettes d*os ou d*ivoire en forme de carré long, avec une anse pour les suspendre au cou par un fil, portant généralement : 1*» le nom d'un esclave; 2<^ celui de son maître ; 5<^ les deux lettres SP avec une date, et ¥ les noms des consuls, les quatre choses en autant de lignes réparties entre les quatre faces, par exemple : diocles | longidi | sp. x. sep. | cn.

OCT.C. CUR. — ou: PUDBNS | TITI | .•'P NON. APR | LAEL. M.SERVIL. COS.

Les épigraphistes et notamment Borghesi (Œuvres épigr. , t. I, p. 337) les nomment « tessères de gladiateurs, » tessarœ gladia^ toriœ. Ils expliquent les lettres sp par spectatuSy et supposent que la tessère a été donnée au gladiateur en souvenir du jour où il a paru dans Tarène. M. Mommsen conteste l'explication, prétendant que pour dire qu'un gladiateur a combattu on se serait servi du mot pugnavit. Il ne donne pas d'ailleurs d'interprétation; et comme les tessères ont elles-mêmes de l'importance pour les noms de consuls, il les nomme tesserœ consulares en les reproduisant dans son grand recueil. (Corp, Inscr. laL, t. I, p, 195-200.) Le P. Garrucci entend le mot dans le sens de signalé, illustre :

Spectatum satis et donatum jam rude quaeris Maecenas iterum antiquo me includere ludo.

(Horace Ep. I, i, 2.) Voy. DisserL archeol. di vario argomento di Ra/faele Garrucci (Roma, 1864, p. 53. Tessere gladiatorie.) Mais M. Friedlaender (Tableau de Vhistoire des mœurs romaines y d'Auguste aux Antonins) a maintenu l'ancienne attribution de ces petits monuments, et, il nous semble, avec justice. Le mot

470 NOTES ET ËGLAIRCISSE9ENTS.

spectalus n est pas synonyme de pugnavit. Il ne s'applique pas à un combat quelconque, mais au jour où le gladiateur a paru pour la première fois dans Tarène, jour où, de novice qu'il était, tant qu'on ne l'avait exercé que dans les luttes de l'école, il a été donné en spectacle et a fait ses preuves devant le public dans un combat sérieux. Ces tessères marquent donc une date importante dans la vie du gladiateur : c'est l'origine de ses états de service.

CMumbaria.

Les cdumbaria, ou mausolées conmiuns, étaient comme Tappendice d'une grande maison. On a vu celui de Livie qui a donné lieu à deux publications spéciales : Caméra ed inscris zioni sepulcrali de' liberti servi ed ufficiali délia cam di Augusto, par Bianchini (1 vol. in-f* de 87 p. et 5 pi.), et Monumentum sive columbarium libertorum et servorum Liviœ Augustœ etCœsa-rum, parGori (1 vol. in-P» de 254 p. et 20 pi.). Des additions de M. Henzen ont porté le nombre des inscriptions de ce monument à 400 dans le Corpus Inscr, lot. y t. VI (n~ 5926 à 4326 : les inscriptions ajoutées à Gori vont de 4250 à 4526.

D autres inscriptions éparses se rattachent au même service par le nom même de Livie : un portier de la maison de ville (osT. unBAN.) (Murât., p. 910, n*» 4) ; une gardienne des vêtements (a veste) (tftû^.,921,7); une ravaudeuse encore (ibid., 917, 12); LivuLiviAE AUGusTAESERVAA vESTBPORPUR(Doni, Vil, 40) ; Une sagefemme (oBSTETRix) (ibid,, 915, 7); une garde-malade (ad valetuoiNAR.) (Spon, Miscell. antiq., p. 144, n^ 15); une baigneuse (Mural,, p. 895, 8).

Ailleurs on trouve encore le cuisinier de Marcella la jeune, mère de Hessaline (Spon, p. 221); le maître d*hêtel de Poppée l'impéralrice (obsonator poppaeae adg. (ibid.^p, 224) ; le dépensier et les trésoriers d'Âgrippinc, avant qu'elle ait épousé Claude (Murât., p. 916, 5), etc., etc., et surtout pour la famille des premiers empereurs (ibid,, p. 889-900).

Le columbarium de L. Arruntius, découvert en 1735, à l'en-

trée de la voie Prénestine^ avait son titre sur le frontispice :

LIBERT. ET | FAMILIAE | L. ARRUNTII L. F. TER. et plusieUt'S inSCHp-

tions à rintérieur. (Murât., p. 1609, n*»» 4 et suiv*) On a le titre d'un tombeau semblable de la famille et des affranchis de Yiteh lius (Murât., p. 1607, n^li); d'autre sont encore été trouvés en i831 près la porte Latine; en 1840 et en 1852, dans cette vigne des Codini, riche en pareils monuments. On en trouvera les inscriptions dans cette 2<^ pai^tie du t. VI du C. inscr. latin. qui paraît surtout leur être réservée. Une table, consacrée à une autre famille, porte quatre-vingts noms, dont treize avec la qualification d'affranchis, plusieurs avec des prénoms qui indiquent le même état, et un assez grand nombre avec la désignation de leur office. (Murât., p. 985, n^ 5, à Rome.) Ceux qui ne pouvaient avoir un monument entier pour eux en achetaient quelque portion, exemple : c. avillio zesgho | t. claudius bugcio |

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