‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 24 sur 213 · Varr. loc. laud.; Cic. II, m Yen, m · texte numérisé non relu

Varr. loc. laud.; Cic. II, m Yen, m

3. Le déparlement de la Lozère prend 2^*'*^*, 03 de semence, autant que la Sicile, et ne rend que V*^^^\'S^ par hectare; le Cantal, â*"»»»pour donner 8^-'*»«-,24; la Loire, 2 ^"^-'sSI pour 8^''**«»»-,51.

3. Les départements qui s'en rapprochent le plus donnent un produit comparativement plus élevé : Ardéche, 9,33 pour 1,80; Vaucluse, 9,93 pour 1,80; Bouches-du-Rhône, 12,73 pour 1,81; Gard, 11,20 pour 1,84; Var, 9,56 pour 1,89; Saône-et-Loire . 10,97 pour 1,90. (Statistique de la France, Agrictdtwre, p. 566 et 572.)

pour la semence (6 352 539), un peu plus de vingt-cinq millions pour la consommation (25 329 357) ^

Quelle était la consommation individuelle? Sur ce point encore, tout en suivant la méthode de Bureau de la Malle, nous nous écarlerons de ses nombres, mais dans un autre sens.

Le savant économiste a cini en trouver la mesure bien nettement indiquée chez les anciens, tant pour le citadin que pour l'habitant de la campagne, et il évalue la ration du premier à 1\ et celle du second à lM/2 de pain par jour. Et d'abord, nous nous permettrons une observation générale sur ce mode d'estimation. Les anciens ont déterminéla quantité devivres donnée périodiquement à l'homme de peine, tantôt en poids de pain, tantôt en mesure de blé. De ces deux valeurs, quand on veut en faire usage pour un calcul de population, la seconde nous parait devoir être préférée, comme étant de nature identique et directement

1 . En prenant rigoureusement pour la quantité de la semence le nombre de Varron, 5 boisseaux (43"»"%355) par jugère (0>»-»"*,2528), ou 1 *"'"»•, 71 par hectare, et en bornant le produit au quintuple de la semence, soit 2^"»*»*-, 16775 pour 0*"'"%2528, ou 8^**»"*- par hectare, les trois millions d'hectares, mis annuellement en culture (2 878 356), donneraient environ vingt-cinq raillions d'hectolitres (21 681 953) pour le produit, et, après le prélèvement de 1/5 (4 936 386) pour la semence, à peu près vingt millions pour la consommation (19 745 547). Ces mômes nombres, appliqués par Dureau de la Malle à retendue de terre cultivable qull admet pour l'Italie, lui ont donné 41 457 149'-**»»-,475 de produit brut, et, après le retranchement du 1/5 pour la semence, 33 165 720 hectolitres pour la consommation, ou 5 074 555 160 livres, à raison de 153 livres Thectolitre.

comparable au nombre qui exprime la production et la consommation générale du pays. Ainsi Caton nous dit dans son Traité d'agriculture : « Que l'on donne aux esclaves qui travaillent pendant l'hiver quatre livres de pain, dès qu'ils commencent à travailler la vigne, cinq livres jusqu'à ce que les ligues soient mûres : alors qu'on revienne à quatre livres. » Ce serait de 1^,30 à 1^,63, et Dureau de la Malle a pris la moyenne de ces nombres. Mais immédiatement plus haut, dans le même passage, Caton, réglant la distribulion de vivres à faire aux employés de la ferme, disait : « Aux esclaves qui travaillent pendant l'hiver, quatre boisseaux (modii); au fermier, à la fermière, au surveillant, quatre boisseaux et demi; au berger (opilio)^ trois boisseaux ^ x> Voilà des mesures assez différentes entre elles et qui semblent neTétreguère moins des précédentes : converties en poids, elles feraient '29 ", 26'^ et 19^,050 de blé par mois, oui"", 0^,860 et 0'',635 par jour. Mais quels sont, pour cette époque, les rapports de pesanteur du blé et de la farine, de la farine et du pain? Et puis, est-il bien sûr que Caton, conformément au texte reçu, ait énoncé un poids et non pas une quantité, qu'il ait dit quatre ou cinq livres et non quatre ou cinq pains, dont le poids eût été fixé par l'usage, comme le fait Plante dans une allusion à la ration journalière de la courtisane*? Ces difficultés, ces doutes au moins, quant au premier texte de Caton, sont une raison de plus pour qu'on s'attache de préférence au second, c'est-à-dire aux mesures de capacité ; et les nombres qu'il réunit suffisent pour ne pas faire rejeter si

i , Caton, De re ruêt. lvi.

3. Dordahis, parlant de la jeune lille qu'il vient d'afifrancliir {Pers. IV, ni, 467) :

5am epo hodie compendi feci binos panes in dies.

7d LIVRE II. CHAPITRE III.

loin le témoignage de ce cummenlateur deTérerice, qui évaluait à quatre boisseaux (mo(/n)parmoisla nourriture des esclaves*.

Nous parlions de la campagne ; quanl à la ville, nous ne trouvons pas plus concluants les deux textes de Salluste et de Sénèque, au nom desquels on a voulu y fixer la même ration à deux livres de pain par jour. Salluste fait dire au tribun Licinius, dans un fragment de son histoire : « Par la loi frumentaire, ils ont estimé votre liberté cinq boisseaux,qui ne vous valent guère mieux que les aliments de la prison : car, de même que leur modicité, suifisaiite pour écarter la mort, laisse tomber les forces, de même vous n'êtes pas débarrassés des soins domestiques par une si modique faveur*.» Une loi frumentaire fixait donc à cinq modii la portion de blé distribuée à un citoyen : mais est-ce à dire que ce soit la mesure de ses besoins personnels ? non certes, pas plus que ce n'était précisément, d'après le texte, la ration du prisonnier : cinq modii par mois, c'est 66 livres 1/2 de blé, et on ne comprend pas

t. Donat arf. Terent. Phorm, I, i. On peut trouver d'autres termes de comparaison dans les mesures qui réglaient pour nos colonies la nourriture des esclaves. L'ordonnance du 5 juin 1846 lixait la ration hebdomadaire, pour les individus de plus de 14 ans, à 6 litres de farine de manioc, ou 6 kil. de riz, ou 7 kil. de maïs, et 1 kil. i/2 de morue ou de viande salée. Elle renvoyait aux arrêtés des gouverneurs le soin de régler réchange de ces objets de consommation contre d'autres. L'arrêté du gouverneur de la Guyane permettait de donner, en échange des H Htres de farine de manioc, etc., 3^"*,750 de biscuit par semaine, ou 0"*-,750 de pain par jour. (Compte rendu de Texôcution des lois des 18 et 19 juillet 1845 (mars 1847), p. 85 et 103.) Ces nombres sont loin des évaluations de Dureau de la Malle.

2. » Qua tamen lege frumentaria qiiinis modiis libertalem omnium « œstumavere, qui profecto non amplius possunt alimentis carceris. « Namque ut illis exiguitate mors prohibetur, senescunt vires ; sic ne- « que absolvit cura familiari tam parva res. » (Salluste, Fragm. lib. HI, p. 398, éd. Lemairc.)

que des prisonniers tombent d'inanition à ce régime ^ C'était la part de chaque citoyen aux disiributions publiques, mais non pas de chaque télé dans la famille : il en faut retrancher, sans doute, une première moitié, les femmes, et une partie de l'autre, Auguste ayant le premier admis à ces largesses les enfants au-dessous de onze ans*. C'était donc une part faite à un seul, mais pour plusieurs.: et c'est ce qui rendait cette faveur si modique : c'est ce qui faisait ajouter à l'orateur : « Si peu de chose n^alTranchit pas des besoins domestiques », sic neque absolvit cura familiari tam parva res.

Le nombre donné par Salluste pour les citoyens est plus directement appliqué aux esclaves dans le texte de Sénéque : « C'est un esclave, il reçoit cinq boisseaux et 5 deniers'.» La déduction semble ici plus légitime ; et pourtant, au lieu de l'accepter de Dureau de la Malle, nous aimons mieux lui emprunter un argument tiré d'un texte de Polybe *. Polybe dit que le fantassin recevait 2 oboles par jour et deux* tiers de médimne par mois; le cavalier, 6 oboles par jour et deux médimnes de froment: différence d'où l'auteur conclut que ce n'est pas leur ration (l'un ne mange pas trois fois plus que l'autre), mais simplement leur paye. C'était tout simplement une solde payée partie en argent, partie en nature, par jour et par mois. De même, lorsque Sénèque évoque cet Alrée de théâtre, vantant le royaume de ses pères, et qu'il ajoute : « c'est un esclave,

1. Oq sait, d'ailleurs, que la nourriture du pauvre peut être moindre que celle du prisonnier. C'est ce que disait déjà Sénéque : « Liberaliora « 9uni alimenia carceris; expositos ad capitale suppliciuin non tam an- » goste, qui occisurus est, pascit. » (Sén. Epist. x?ni, 8.)

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