Sénèque, Ep. lxxx. 9. — 4. Polybe, Yï
ilreçôitcinq modii et 5 deniers, » c'est moins la nourriture mensuelle de Tacteur qu'une sorte de haute paye en argent et en nature, dont un esclave de prix, comme ce personnage, peut vivre et faire son profit.
Ces textes n'affirment donc rien touchant la nourriture mensuelle deThomme; et les nombres mêmes qu'ils donnent suffiraient pour les détourner de celte application. Nous en jugeons par le rapprochement des passages où Caton a exprimé dans la môme mesure la quantité de blé attribuée aux hommes do travail, même à la campagne : aux ouvriers quatre modii (34'""%683), aux bergers trois modii (26"*"',012) ; nous en jugeons parla comparaison qu'on en peut faire aux nombres fournis par la statistique moderne : et nous avons pour l'établir aujourd'hui une base large et sûre dans les observations, faites sur tous les points de la France, qui, pour la région S. E., réduisent la consommation individuelle de blé et autres céréales à gbecioi. 42 par an, 20*''"*,16 par mois, ei, pour le pays entier, 2****='**'',71,ou, par mois, 22^"^'% 58*.. Bureau de la Malle, qui, à défaut de ces observations toutes faites, a dû se faire à lui-même un terme de comparaison par une enquête si péniblement et si consciencieusement accomplie, a constaté aussi une différence entre la consommation des modernes et celle des anciens, et il en cherche la raison dans le progrès de la mouture' : elle tire aujourd'hui du
i . statistique de la France, publiée par le ministre de Tagriailture et du commerce (1840), p. 614, el la noie 8 à la fin de ce Tolume.
2. Pour donner la preuve de ce progrès, D. de lu Malle cite ce texte de Pline (XVIII, xx, 2), selon lequel un modius de froment rend, en général, \ modius de farinent 5 sextant (^ de modius) de fleur ; ce qui ferait -^ de déchet. Pline disait encore que le modnu de farine des Gaules {siligineœ farinœ modius gallicœ) rendait 22 livres de pain, et la même mesure dllalie 2 ou 3 livres de pain de plus. Bureau de la
grain bien plus qu'on n'en pouvait obtenir par les procédés grossiers encore de Tanliquité romaine. Gela explique pourquoi le prix de la farine s'élevait autant au-dessus du cours du blé. Mais pense-t-on qu'on ait fait un triage si délicat dans la nourriture du plébéien et de l'esclave ? Le blé broyé était mêlé, son et farine, comme cela se fait en tant de lieux dans nos campagnes, pour composer le pain grossier du pauvre, et par conséquent il n'y a pas à réduire de beaucoup la mesure qui lui était donnée ^
Nous ne craignons donc pasd être au-dessous de la réalilc en prenant pour la ration de l'homme 4 boisseaux (modii) par mois ou 2/5 de médîmne : c'est-à-dire ce qu'on donnait au fantassin comme partie de sa solde, selon Polybe, ce qu on donnait à l'homme de travail pour nourriture, selon un des deux textes de Caton. C'est un peu plus de
I chènice par jour (32 chénices par mois), mesure qui était communément assignée à la nourriture de l'homme en Grèce. Mais ce nombre est trop fort comme terme moyen.
II représente la nourriture de l'homme; or on ne peut faire la part aussi large pour les femmes, les enfants et les vieillards, surtout quand il s'agit, non pas seulement des esclaves, mais des hommes libres, dont la nourriture devait être plus variée ; et l'on doit s'étonner que Dureau de la Malle ait négligé une observation dont Bœckh et Letronne ont eu si grand soin de tenir compte dans des évaluations
Malle, dans uae note (Êcon.polU,, t. I, p. 110, note 5), conlond le blé et la farine» et pose des conclusions qui, si elles sont justes, ne sont guère justifiées. Aijyourd'hui lOOkilogr. de farine, 1" qualité, représentent 1^ kilogr. de blé, et la même quantité donne 155 à 140 kilogr. de pain.
1 . t Fuite non pane longo tempore vixisse Romanos manifestum. n (Pline, Hitt, nal. XVUl, m, 3.)
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80 LIVRE 11. CHAPITRE Hl.
pareilles ^ Letronne» dont la méthode est la plus simple, réduit la chénice aux 3/4 comme ration commune en Attique. Prenons aussi pour la moyenne générale de la consommation en Italie les 5/4 du nombre atlribuô à l'homme de travail, et nous aurons 24 chénices ou 3 modii par mois, mesure que Galon assignait même directement à toute une catégorie d'esclaves *. C'est l'amphore romaine de 26"*'",012, et, par an, 12 amphores ou 6 médimnes
(3bectuI.^12148) \
L'Italie romaine (la presqu'île moins la Cisalpine) donnait à la consommation, semence déduite, à raison de 11 hectolitres par hectare, environ vingt-cinq millions d'hectolitres (25 329 557). A raison de 5*'^^'**S12548 par tête, elle nourrissait donc un peu plus de huit millions d'habitants (8 114 554) *. Ce serait 52 habilants par kilo-
i . L'ordonnance citée plus haut, qui réglait la nourriture des esdaves dans nos colonies, assignait aux enfants de 8 à 14 ans la moitié» et, aux enfants de moins de 8 ans, le tiers de la ration fixée pour les adultes.
2. Vopilio, à qui on assignait une ration de 3 modii (26"*'*\012) par mois, était pris parmi les enfants les plus forts : « Àd majores pecudes « aelate superiores, ad minores etiam pueros, et utroqiie horum fîr- « miores, qui in callibus versentur, quam eos, qui in fundo quotidie « ad villam redeant » (Varron, De re rust. II, x, i). II fallait qu'il pût suivre, sans fatigue, les troupeaux dans les plus rudes escarpements ; non pas seulement les suivre, m«iis les défendre contre les brigands et les béte^ féroces {Ibid. 5). De tels enfants sont, au moins, adolescents, et ne peuvent être nourris à la demi-mesure.