Tite-Live, VIII, i
S. ÂTec le second nombre, calculé sur une moindre production (6525 700), la ditférence se réduirait à 3659896.
gent qu'il avait produit. 11 y trouva 4 000 livres d'or*, faisant 4 490 200 fr. valeur intrinsèque. Est-ce la première fois qu'il y ait touché depuis rélublissement de Timpôl? Cela paraît probable, au silence de Tite-Live ailleurs, et à la manière dont il parle ici. En a-t-on tiré tout ce qu'il renfermait ? Peut-être, quoique ce dernier point soit moins lacileà établir. Quoi qu'il en soit, cette somme à elle seule, produite par le 20* de la valeur des esclaves affranchis, en prenant pour leur prix moyen 457 fr. 38 c, suppose l'affranchissement d'environ 200 000 esclaves dans un intervalle de 145 ans, c'est-à-dire 1580 afiranchissements par an ; et Dureau de la Malle, appliquant à ce nombre la loi de la mortalité, arrive pour l'an 225 au total d'environ 50 000 affranchis vivant encore : nombre qu'on peut élever un peu plus haut, si, comme nous le verrons plus loin, le prix de Tesclave, tel qu'il le suppose, parait un peu trop fort pour cette première période de la République.
n faut en retrancher encore les étrangers. Leur nombre, peu considérable à Rome, l'était beaucoup plus dans les villes de la Campanie et de la grande Grèce, où le commerce les attirait sans les faire admettre parmi les citoyens; et, rien n'aidant à le déterminer, c'est une première cause d'incertitude pour le nombre qui restera aux esclaves. Mais il en est une autre ; c'est toute une portion d'habitants que Dureau de la Malle a négligé de faire entrer dans ses calculs : je veux dire la population indigène non recensée. Toute l'Italie, il est vrai, dans les limites du
i. Tite-Iive, Vïï, 16, et XXYH, 18, cité par Dureau de la Malle. {Écon. pol. t. I, p. 290.) Les noms desc4)nsuls, pour ces deux époques, nous donnent les années 597 et 545 (357 et 209 av. J.-C.), mais cela affecte très peu le calcul. Nous gardons les chiffres de Dureau de la Malle.
Rubicon el de la Macra, était soumise à Rome ; cependant ni la vraisemblance ni le texte de Polybe ne permettent de croire qu elle ait figuré tout entière dans le recensement. Le recensement devait comprendre, selon la formule ordinaire, « le nom latin et les alliés » (socii nornenque latù num) : mais bien des populations de ritalie y restaient étrangères, soit qu^elles y eussent échappé grâce à leur dispersion au milieu des montagnes, soit qu*on les eût tenues en dehors et réduiles à la condition de dédUices, qui imposait le tribut, non en soldats, mais en argent ; et, chez les peuples soumis au dénombrement, croit-on que tous les hommes en âge de servir aient pu y être comptés? Quand cette opération devait se faire, non dans une même ville et parmi des citoyens portés par leur intérêt même à se faire inscrire, mais dans toutes les campagnes et entre des hommes qui voyaient, dans ce service, une charge sans compensation, peut-on admettre que le résultat en ait été si exact? Or toute erreur dans ce nombre se quadruple quand on le donne pour base au calcul de la population entière. Il y a donc trop d'incertitude sur ces divers éléments, pour que nous puissions, avec quelque assurance, les évaluer en chiffres et trouver par une simple soustraction le nombre des esclaves. Celte méthode, tout en éclairant le chemin, ne mène pas jusqu'au but; et cependant elle n'est pas sans résultat. On peut affirmer que la population servile est loin d'égaler encore la population libre; mais on ne peut, sans témérité, avancer un chiffre même approximatif (9). La statistique nous fait défaut : — faisons nous-raèrae du recensement. En retraçant le tableau de Tesclavage, tel qu'il commence dès loi-s à se constituer, nous verrons s'il n'y a pas quelque autre moyen d'arrêter nos idées soit sur la masse totale, soit, du moins,
sur cerlaines catégories d'esclaves, dans la période où leur nombre paraît atteindre aux limites les plus élevées.
Les esclaves se divisaient naturellement en deux classes, selon qu'ils apparlenaient à TÉtat ou aux particuliers : servi publici^ servi privati * .
Autrefois la population libre de Rome suffisait à peu près à tous les besoins de la cité, au service des magistratures comme aux travaux de la ville. Les métiers, réunis en corps par Numa, se prêtaient à ces travaux ; et la constitution de Servius TuUius nous^a montré, associées aux classes, des centuries d'ouvriers {fahri tignirii)^ et des cenluries de trompettes et de joueurs de flûtes (cornicinesy tibicines). Les appariteurs des magistrats tant inférieurs que supérieurs continuèrent de se recruter parmi les hommes libres ou du moins parmi les affranchis. Les appari* leurs des magistratures supérieures (magistratures qui jadis n'en faisaient qu'une seule, le consulat) formaient un même collège, partagé en trois décuries par chaque genre d'office : licteurs, viateurs et crieurs"; ceux des magistratures inférieures étaient rattachés à chacune de ces charges. Ici point de licteurs : des hérauts ou crieurs, des viateurs