‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 31 sur 213 · Pline, Ep. X · texte numérisé non relu

Pline, Ep. X

2.. i Quae loca serveis publiceis ab cens(oribus) habitandei, utendei « causa adtributa sunt, ei ^uo minus eis locis utanlur, e(x) h(ac) l(ege) i n(ihil) r(ogatur). » {LexJulia municipalis, ap. Blondeau, Mon. jum antejuit., p. 8i; et Mommsen, Corp. Inscr. latin., n* 206, 1. 82, t. I, p. 121.) Sur leur vêtement, voy. Isid. de Séville, Orig. XV, 14.

3. fl Vël in opus damnati, vel in ludum similiaque his gênera poena. « rum, publicorum servorum offîcio minislerioque funguntur, atque < etiam, ut publici servi, annua accipiunt. t (Piine le Jeune, Ep. X, 40.)

4. c In publicis ofGciis retinere damnalos non satis honestum pu» • tabara. » (Ibid.)

vice des bains, le nettoyage des égouls, la construction des routes ou des forts *. »

De même qu'il y avait des esclaves de l'État, il y eut des esclaves de villes. Images de Rome par leurs magistrature, les municipes lui ressemblaient encore par cette organisation du service inférieur, plus ou moins nom-^ breux selon leurs ressources ; et, dans leur sein, les collèges et les corporations diverses, les associations légales comme les associations libres, eurent à leur usage des esclaves de communauté : c'est ainsi que les compagnies de publicains envoyaient partout des serviteurs à elles, dressés au manège de leurs rapines (11). Mais, par le dernier degré de celte hiërarcliie, nous touchons à la classe des esclaves privés, la plus considérable et de beaucoup la plus intéressante. C'est là que nous allons étudier l'esclavage dans la variété infinie des espèces qui le composent : là surtout, nous pourrons apprécier l'étendue des accroissements qu'il vient de recevoir.

Autrefois le même esclave servait le maître à la ville et à la campagne : à la campagne plus souvent qu'à la ville, car c'était là que se passait la vie laborieuse du vieux Romain. Mais son domaine s'accrut, les mœurs changèrent, et le développement de "l'esclavage amena le partage de la maison romaine en deux familles : la famille rustique et la famille urbaine, familia rusiica^ familia

i. < Si qui Tetustiores invenientiir et senes ante annos decem dam- « nali, distribuamus illos in ea ministeria qiise non longe a pœna sint. « Soient enim ad halineum, ad purgationes cioacarum, item munitioneê « viarum eivicanm, dari. » (Pline, ibid, 44. )'

urbanaK Cette distinction passa de rusage dans la loi elle-même ; et pourtant souvent il arriva qu'elle fut négligée dans rusage, ce qui rendait forl difficile Tapplication de la loi. Le luxe qui Tavait introduite parut devoir TefTa* cer par un progrès de plus, quand la noblesse de Rome revint à la campagne, devenue la résidence non plus du travail, mais de la mollesse et du loisir. Le séjour de la ville ou des champs, qui ne distinguait plus parmi les maîtres, ne répondait donc plus à la division légale des esclaves ; cl, dans le cas où il fallait la constater en jusiice, on en était réduit à rechercher les intentions, à consulter les registres des pères de famille*. Quoi qu'il en soit, il n'y a point d'inconvénient à renrermcr la description de l'esclavage privé dans ce double cadre adopté par la loi. C'est ce qu'ont fait la plupart des auteurs qui ont traité de cette matière. En les suivant dans ce partage, nous emprunterons aussi plusieurs détails à leur exposition ', non sans y joindre les traits divers que nos propres lectures nous auront fournis.

La campagne était, nous l'avons vu, le séjour habituel du Romain de Vàgc primitif; c'était là que les vieilles mœurs devaient naturellement se réfugier et se défendre

1. Voyez le titre du Digeste, XXXIIl, vu, De insti'. et instmm. legato. Ces désignations générales se retrouvent dans les inscriptions. Sur le revers d'un monument consacré à un membre de la maison des Symmaque, on lit ces mots appliqués à sa fille : « naeriae cereluab ) sabinae

« PRIDENTIS, I SIME PUELLE j SVNMACHI V. P. | FIUAB | FAMILIA URBANA | AERE

« coKLATo I MERiT. » (Ang. Mai. Colleci, \aiic, in-4% f. V, p. 294, n'.^.) Voyez aussi Orelli, Itiêcr,, n* 2862, etc.

2. « Urbani inteIJigendi sunt quospalerfamiliasinterurbanosadnufl merare solitus sit, quod maxime ex libellis familise, item cibariis de- « prehendi polerit. » (L. 99, D., XXXII, i. De legatis.)

3. Pignori, De servis; Popma, De operis servorum, ap, Polen. suppl. à Grœuus, t. III, p. 769 et 1294; Greuzer, Abriss der Rômischen Anti^ quiiâien; Blair, An inquiry into ihe state ofSlavery, etc.

avec le plus de force : et ce fut là aussi que les mœurs nouvelles étalèrent avec le plus d'orgueil leur triomphe, quand s'élevèrent, sur les ruines de ces antiques et médiocres maisons rurales, les fastueuses villœ^. Mais, longtemps avant que cette révolution se fût accomplie, elle se préparait ; et, sans attendre l'avcnement des mœurs étrangères, le vieil esprit romain y travailla par cet instinct qui le portait surtout vers la possession du sol. On avait vu le noble, dès le commencement, joindre à son patrimoine les terres du domaine public, et travailler dès lors à convertir ces possessions prolongées en propriéîé véritable, à prescrire contre 1 imprescriptible droit de l'Étal ; puis, grand propriétaire, poursuivre son œuvre en absorbant tous ces petits héritages que la misère, l'usure aidant, faisait tomber dans ses mains : grave changement, dont le conlixi-coup se lit sentir de la campagne à la ville, et dont les fatales conséquences seront appréciées plus tard. Dès ce moment, il en est qui se manifestent d'elles-mêmes dans le travail rustique. Le riche, qui avait chassé le pauvre de la propriéîé, lui substitua bientôt l'esclave, jugeant meilleur d'avoir l'ouvrier que de le louer. Ce changement dans la culture des terres, qui altéra les rapports des classes libres et serviles, modifia considérablement aussi la distribution du travail. Le travail se divisa ; les soins divers de l'exploitation se répartirent entre diverses espèces de travailleurs, et ils commencèrent à se classer selon l'importance et la nalure de leur emploi.

Les domaines, devenus plus vastes, eurent ainsi leur appareil complet. En tête de la hiérarchie est le régisseur (villicus), et la femme qui lui a été donnée comme épouse

1. M. Dezobry a présenté, avec de grands détails, le tableau de ces villœ dans la uxxi* lettre de Rome au siècle (PAuguslef t. IH, p. 271.

pour Taider, dit Columelle^ el aussi pour le lenir dans ses fonctions S* puis le sous-régisseur \8ubvillicus)*^ les surveillants de second ordre (monitores)^ les gardes des bois ou des champs (sa//t/arii, circUores)^ et les conducteurs de travaux (magistri operum) '.

Ces travaux comprenaient tout ce qui se rattachait à Texploitalion du domaine. Là se rangeaient les laboureurs qu'on choisissait parmi les plus grands ; les vignerons, parmi les plus robustes*; les esclaves employés à la culture de Tolivier, et ceux qui se parlageaient les autres soins secondaires de l'exploitation', des hommes à tout faire : on les désignait par le nom vague de mediastini*. La préparation de ces différents produits, la fabrication de l'huile, du vin, occupaient autant de catégories différentes d'esclaves^. Aux travaux appliqués à la terre ou à ses fruits joignez l'élève et Fentrelien du bétail, soins auxiliaires de l'agriculture, qui, en Italie, finirent par la ruiner. Des

1. Caton, cxLii et ciliii; Varron, I, xvii, 4-7; Colum. I, vin, 1-19. Des inscriptions désignent un esclave vHlicus d'Auguste : cabs. acg. 8KR. VIL. (Muratori, p. 899, n* 7); un villicus d'autres empereurs, AQuiLîNi viuci AUGc. (C In$cr.,lat, t. V, n* 706 ; cf. n** 5081) ; beaucoup d'autres villici (ihid., t. U, n'» 1552; t. lU, n- 337, 5616; t. V, n- 878, 5500, 5558, 5568, 7448, et Orelli, n- 2875 et 2858, etc.)

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