‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 57 sur 213 · Cic, Phil. Il, 38. Cf. Pline XXXV, xxxm · texte numérisé non relu

Cic, Phil. Il, 38. Cf. Pline XXXV, xxxm

criminels^; mais les criminels ne suffisaient plus à cette consommation ; on eut donc recours aux barbares achetés et aux esclayes.

Ces jeux officiels, auxquels se mêlèrent de bonne heure les combats d'hommes et d'animaux (vena^iones)*, n'étaient point les seuls de Tannée'. Les généraux, avant de se mettre en campagne, en donnaient eux-mêmes, soit pour sacrifier aux dieux infernaux et détourner sur l'ennemi leur colère, soit pour endurcir le soldat par la vue des blessures et du sang*; et, parmi les particuliers, aux raisons de piété domestique s'ajoutaient, pour en étendre l'usage, des motifs d'ambition. Ceux qui aspiraient aux dignités publiques briguaient la faveur du peuple en s'adressant à sa passion pour ces spectacles ; aussi les voyait-on se multiplier, et, dans chaque fête, s'accroître aussi le nombre des combattants'. César, dans son édilité, au début de sa carrière politique, allait en produire une telle masse, que le sénat, effrayé, y mit obstacle ; il dut se réduire à trois cent

i. Cic, Tuêc, II, 17.

2. On en signale un premier exemple au triomphe de M. Fulvius Nobilior sur les Éloliens (186 av. J. C.) : « Venatio data Itonum et pan- « therarum. » (Tite Live, XXXIX, 22). Voy. Friediaender, Mœurs romaines, du règne cT Auguste à la fin des Antonins, t. II, p. 138 et suiv. de la traduction. On y lira des détails fort curieux non-seulement sur les bestiaires et les venatores, mais sur les bêles et sur les chasses qui avaient pour objet de se les procurer afin de les donner en spectacle.

3 * Munera gladiatorum eo anno aliquot parva alia data. » (T. Live, XLI, 28.)

4. J. Capitolinus Jlfaa;. etBalb, 8. Il rapporte cet usage et les raison de cet usage à l'antiquité.

5. Aux funérailles d'iEtn. Lepidus, vingt-deux couples avaient corn battu pendant trois jours; à celles de Laevinus, vin^çt-cinq pendan quatre jours; à celles dp Licinius, soixante, et à celles de Flamininus soixante-quatorze pendant trois jo}irs. (Voyez les textes ci-dessus, et Pline, XXXY, xxxni, et XI, uv, 3.)

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vingt couples^ Mais, quand rien ne l'arrêtait plus, à son dernier triomphe, ce n'étaient plus seulement les combats d'usage, c'élait une complète image delà guerre, une naumachie et une bataille, une môlée d'hommes, de chevaux et d'éléphants*.

Ces jeux passèrent de Rome aux voisins de Rome. D'abord on en eut horreur, puis on s'y habitua, et le plaisir vint avec riiabitude. Ils s'établirent surtout dans les provinces : on en a pour témoignage les historiens, les inscriptions, les monuments eux-mêmes. Partout s'élevèrent les amphithéâtres, et leurs ruines dominent encore, d un bout à Tautre de la Gaule romaine, de Nîmes à Trêves, les souvenirs de la civilisalion que Rome y avait portée*. La Grèce elle-même qui avait tant de jeux célèbres, jeux dont l'éclat avait rejailli sur les plus belles pages de son histoire, la Grèce accueillit les gladiateurs. Ce ne fut point partout sans protestation. Un jour que les Athéniens délibéraient pour les introduire chez eux, à l'exemple de Corinthe, Démonax se présentant à l'assemblée : « Athéniens, dit-il, rrallez pas aux voix que vous n'ayez renversé Tautel de la Miséricorde*.» L'autel

1. i Àliquanto paucioribus quam destinaverat paribus. > (Suét. J. Cœ9. 10.) Plularque (/. Cœs. 5) donne le nombre de 520. Par sa magnificence, César avait effacé complètement son collègue dans rédilité, comme, plus lard, il effaça son collègue dans le consulat. On disait les jeux de César et non pns des édiles, comme on dit ensuite les actes de Caius et de Julius César.

2. « Magnificentissimis gladiatorii muneris, naumachiae, et equitum i peditumque, simul elephanlorum certaminis spectaculis. » (Vell. Paterc. Il, lvi, 1.) Ce fut César qui fit construire en bois le premier amphithéâtre proprement dit. Voy. sur ce sujet Friedlœnder, Mceun romaines, du règne d'Auguste à la fin des Antonins, p. 19, etsuiv.

5. Sur les amphithéâtres romains d'Italie et des provinces, voyez un diapitre fort étendu de. FriedlaBnder, ouvrage cité , t. 11,^5. 295-322 et la note 15 à la fin du volume.

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