Potiiit foriasse minoris Piscator quam piscis emi
(Juvén. IV, 20. Cf. 15.)
160 LlVnE II. CHAPITRE IV.
pôclieurs, en général, à 6 000 sesterces? non, sansdoule ; el Ton n'a pasdavanlage le droit d'imputer à Pline une scmbluble estimation des anciens valets d'armée, parce qu'il dit que les rossignols, de son temps, coulent plus cher, ajoutant qu'on en a payé un 6000 seslerces*. Ces textes, en eux-mêmes, n'ont pas une telle portée ; et, dans tous les cas, il faut craindre de conclure trop facilement du particulier au général. Qui songera, à calculer le prix commun des gladiateurs sur ce témoignage de Suétone, qu'un jour on en adjugea treize à Saturninus, au prix de 0 000 000 de sesterces ? Le bon prétorien s'étant mis à dormir pendant une vente d'esclaves, Caligula avait trouvé plaisant de prendre les balancements de sa télé pour un acquiescement aux enchères *. On cite un passage plus grave de Columelle, pour évaluer à 8 000 sesterces (environ 2 000^'-) un bon esclave vigneron. Columelle commence par dire qu'on les prend, en général, parmi les plus vils, et que lui, au contraire, il les range parmi les plus précieux esclaves; qu'il ne croirait pas payer trop cher un bon vigneron en l'achetant 8000 sesterces, autant que sept arpentsde vigne'. C'est, s'il est permis de le dire, un prix d'estime plutôt qu'une véritable estimation : on n'en peut rien tirer pour ces calculs.
Mais on a d'autres évaluations qui n'offrent pas ces mê-
i. Ergo servorum illis (lusciniis) pretia sunl, et quidem ampliora • quam quibus olim aimigeri parabantur. Scio sestertiis sex candidam « alioquin,quod est prope inusilatum, venisse, quae Agrippinse, Claudii « principis conjugi, donc darelur. (Pline, X, xuii, 3.)
2. « Nota res est Aponio Saturnino inler subsellia dormitante» moni- « lum a Caio praeconem ne praetorium virum.crebro capilis molu nu- *i tantem sibi,praeleriret. Nec licendi finem factum, quoad tredecim glan dialoresseslertiononagies ignorant! addicerenlur. » (Suét. Calig. 59.)
5 Colum. III, nr, 8.
mes raisons de doute. Marlial, parlant de la vente d'une femme, dit que, sans la maladresse du marchand» elle eût pu être payée 600 deniers (environ 600"*)'; ailleurs, e'est un esclave acheté au prix de 1300 deniers*. Un passage de Pétrone, que Dureau de la Malle a cité comme le précédent, me semblerait avoir une portée plus générale et une application plus ordinaire. On promet 1000 deniers (1000 "•) à celui qui ramènera ou dénoncera un fugitif*. C'est une simple récompense et non un prix d'esclave, sans doute; et Dureau de la Malle prétend que la récompense doit être inférieure au prix, pour que le mattre ait quelque intérêt à recouvrer son servileur infidèle. Mais il ne faut pas oublier qu'il y pouvait avoir un intérêt double. Le fugitif lui représentait sa valeur personnelle et la réparation exigible de celui qui l'avait recueilli : rappelons-nous Tingénieux commentaire de Letronne sur cette affiche d'Alexandrie concernant un esclave perdu *. Rome, à toutes les époques, frappa de peines semblables le receleur : une loi de Constantin le condamne à la restitution au double; le maître pouvait donc bien promettre l'équivalent du prix réel à celui qui le lui dénoncerail. Ici, je le sais, on ne distingue pas la restitution, de la dénonciation : le cas simple, de celui qui peut donner action en domrhages; mais d'autre pari, remarquons aussi qu'il s'agit d'un esclave de luxe, d'un
i. Sexcentûs modo qui dabat, negavit
(Martial. V, lxti, 9.)
î. Addixti servum nummis, hère, mille trecenUs.
(Martial, X, XXXI, i.)