‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 83 sur 213 · L. j, C. J., VI, xLiii, Communia de legalis · texte numérisé non relu

L. j, C. J., VI, xLiii, Communia de legalis

m LIVRE II. CHAPITRE IV.

législateur. Une autre loi, où les mêmes prix sont répétés, révèle plus clairement sa pensée. Il s'agit de Taffranchissement d'un esclave possédé par plusieurs maîtres. Autrefois le renoncement d'un des propriétaires accroissait la part des autres : par la loi de Justinien, la volonté d'un seul suffit pour Taffranchir, et les autres sont forcés d accepter le remboui*sement de leur part de propriété, selon le tarif que nous avons vu^ Qui a pu entraîner Justinien à une mesure si contraire à l'esprit de la législation romaine sur les droits de la propriété et sur l'omnipotence du père de famille ? La faveur de la liberté. Ce principe, que les jurisconsultes de l'empire avaient commencé à introduire dans le droit, Justinien Ta proclamé et suivi en toutes circonstances : c'est le sceau dont le chrtianisme a marqué ses institutions nouvelles. C'est par l'influence du christianisme en faveur de la liberté, que Justinien force les copropriétaires à souscrire au remboursement; c'est par cette influence que, contrairement à ce qui doit se pratiquer dans les remboursements l'orcés, il abaisse la valeur de l'esclave au-dessous de la valeur vénale : détournant autant que possible d'une possession où Tintérét du maître peut être si gravement compromis, et ramenant, par la viletë même du prix de l'esclave, au sentiment de l'inestimable prix de la liberté*.

i. L. i, G. J., XII, VII, De communi servo manumsso.

2. fl Quum lil)ertas insestimabilis res sit. • (Instit. I, vi, 7.)

Page 1