CHAPITRE VI
L'esclave n'a jamais été maltraité systématiquement, si ce n'est peut-être chez ces peuples qui, établis par la conquête, se crurent assez forts pour braver la haine des races asservies, et les contenir dans l'obéissance par la terreur. Rome n'avait point commencé comme Sparle, et, quoique aussi guerrière et aussi sûre de la force de sa constitution, elle n'entra point dans cette politique. L'esclave n'était plus chez elle un ennemi public, mais la propriété du citoyen ; et l'on dut, en général, le ménager, comme on use de sa propre chose. Tels furent en effet les principes qui dominèrent les rapports du maitre avec l'esclave, à tous les degrés de l'esclavage ; et c'est sur ce fondement que les agr<momes, dans ce vaste champ laissé à l'arbitraire du mattre par le silence de la loi, ont établi les règles qu'ils proposaient à l'administration d'un domaine rustique.
Quel était l'intérêt du maitre? Il fallait qu'il tirât le meilleur parti possible de son bien, hommes ou terres ; qu'il sût distribuer à ses esclaves, dans la plus juste me-
sure, les soins el le travail : le travail jusqu'aux limites du possible, les soins dans les limites du nécessaire. L'esclave devait trouver chez lui les choses indispensables à la vie ; la nourriture, le vêtement, le couvert; il les devait trouver dans une proportion qui répondit aux principes d'une sage économie, à l'épargne du maître et au bon entretien de la famille, ce qui était encore de son intérêt. La nourriture était donnée, pour le mois, au régisseur, aux surveillants, aux bergers, c'est-à-dire aux esclaves commis à la direction des travaux ou à ceux qui, par leurs occupations, pouvaient être retenus longtemps hors de la ferme. C'étaient, on Ta vu, pour le fermier, la fermière et les surveillants, quatre boisseaux de blé (34 "*"•), pendant l'hiver, et quatre et demi (38 *"'^), pendant l'été ; pour le jeune pâtre, trois boisseaux (25 "''*•). Quant aux esclaves occupés aux champs, à qui l'on se fiait moins et qui n'avaient point le temps d'apprêter leur repas, elle se donnait par jour et toute préparée. Nous avons parlé aussi de cetie ration de pain fixée par Caton à quatre (livres?), en hiver, à cinq, quand on commence à travailler la vigne, et jusqu'au temps des figues; après quoi, il revient à quati e *. La ration de vin élaît de même réglée par , Caton, selon les différents mois de l'année, dans une progression croissante de une à trois hémines par jour (de 0 ''''% 27 à 0 "'", 80). Elle était uniformément distribuée ainsi en détail ; et on ne l'a calculée par mois que pour évaluer la consommation de Tannée : huit quadrantals ou amphores par an et par tête (2 ^^^^\ 08) ; un quadrantal seulement (0 *•**=****-, 26), pour les esclaves enchaînés. Mais quel vin? Lisez-en dans Caton la recette :