CHAPITRE II
Théodat (54).
Depuis que Théodoric a cessé de com-
An 55/,. man( j er> chaque fois q\ÉM| nouveau règne commence, des actes ^mhentiques montrent de combien de degrés la puissance du roi des Goths est déchue. On s’empresse de reconnaître de plus en plus la supériorité de l’empereur d’Orient , et mêAie on s’impose envers lui une espèce de vasselage.
Athalaric lui avait demandé son amitié et sa protection (a). Maintenant Théodat et Amalasonthc , joignant à la prière les plus vives démonstrations de respect et de zèle, le pressent de confirmer par son approbation le remplacement d’ Athalaric (b). C’est la bienveillance de Justinien qui fera régner Théodat, non moins que le choix de la reine. L’empereur accueillit cet hommage,
(a) Cass. , lib. 8 , ep. i.
(A) Jd . , lib. io , ep. i , a-
ENITAEIE.
et témoigna qu’il avait pour agréable le couronnement du nouveau prince (a) r et ce dernier lui en rendit grâce avec toute l’effusion et toute l’humilité d’un serviteur qui se prosterne devant son maître , dont il vient d’obtenir une insigne faveur (b).
O11 écrivit aussi au sénat, et l’on réclama son affection etsafidélité(c).Maisl’élection ne fut point solennellement annoncée aux Goths , comme on l’avait fait pour Athalaric. Les Goths n’étaient plus la nation du souverain.
Théodat continua quelque ^tems de jouer le rôle qu’il avait commencé. D’abord il feignit de ne recevoir la dignité royale qu’à regret , et seulement pour seconder les volontés d’Amalasonthe (ci). Il faisait des éloges pompeux de la justice de la reine, de sa générosité , de sa sagesse (e). L’humeur vindicative et la cruauté de ce per^de^ cachaient sous les dehors de la modestie et de la douceur.
(a) Cass , lib. 1 o , ep. 1 g.
b)Jd., ibid.
(cj Id . , lib. 1 o , ep- 3 , 4 -
( d ) Ste.-Marthe , Vie de Cass. , lir. 2 , ch. 5 .
(e) Cass., lib. 10, ep. 4 -
bs 8 monarchie des ooths
Mais tout à coup le masque tomba ; la noirceur, la méchanceté se montrèrent. 11 ht périr tous les principaux partisans d’Anialasonthe ; il augmenta le crédit et la fortune des parens de ceux dont elle avait puni la rébellion («). Enün illarelégua ellemême dans une prison , au milieu du lac Bolsene, en Toscane, où il la fît étrangler par ses satellites (ù) (50).
L’ambitieux Justinien voyait l’occasion .
trop favorable de porter la guerre et le trouble chez les Goths , pour ne pas se hâter de la saisir (c). Ses ambassadeurs firent éclater son indignation et Son courroux au premier bruit de l’assassinat d’Amalasonthe. ils interrogeaient le coupable d’un ton impérieux, et l’on eût dit que Théodat, par sa bassesse , les invitait à le fouler à leurs pieds (d). Il cherchait à s’excuser comme un ^£mi«cl qui tremble devant son juge ; il demandait la paix avec soumission (e). A quel
(a) Proc. Bell. Got. , lib. i , cap. 4.
(l) Jorn. Je reb. Get. , cap. 5 g. — Sig. Occ, lmp. , lib. 17. Theod. reg. «
(c) Proc. Bell. Got., lib. i^kp. 4 *
(J) Cassiod. , lib. 10 , ep. aâ, 34.
(e) Idem , lib. 10, ep. sa.
abaissement le successeur de Théodoric était —il réduit? Combien il s’avilissait aux yeux de ses sujets , aux yeux des étrangers ! Il eut recours à l’intercession du sénat romain auprès du Grec menaçant (a\ On demandait grâce à genoux pour Théodat. Malheur au prince qui n’espère que dans la commisération d’un ennemi, et qui fait pitié à ses sujets ! Si, au lieu des prières du sénat, il avait su se servir de l’épée des Goths (56)!
Toutes ces négociations, entretenues par la cour d’Orient , n’étaient qu’un piège tendu à l’impéritie de Théodat. On le fiat- • tait de*quelque espoi^Pon feignait d’être disposé à l’indulgence (6) ; et même, afin de lui mieux faire prendre le change, 011 lui adressait des recommandations pour quelques Romains; et il y satisfaisait avec l’empressement de celui qui oblige un homme puissant qu’il redoute (c).
Tandis qu’on le tenait dans l’incertitude et l’inaction, on faisait sourdement les préparatifs de la guerre , et on allait le prendre
(a) Cass. n*> «p. « 3 .
( b ) Uletn. , lil). io,cp. a 5 .
25o MONARCHIE DES GOTH8 .
au dépourvu. Tout à coup , Justinien se déclara le vengeur d’Amalasonthe (a). Sa flotte partit de Constantinople ; en même tems les troupes d’Illyrie, sous la conduite de Mundus, entrèrent dans la Dalmatie , y défirent les Gotlis, et s’emparèrent deSalone , la capitale : l’armée navale commandée par Bélisaire , vainqueur des Perses et des Vandales , tenta la descente en Sicile, et ne trouva aucune résistance ; Syracuse , et toutes les autres villes, excepté Païenne, qu’il prit d’assaut, lui ouvrirent leurs portes. Synderic, comte de Syracuse, rendit promptement les âmes avec ses troupes , soit que les forces ae Bélisaire, et jflus encore le nom de ce grand capitaine, l’eussent effrayé , soit qu’on dédaignât de servir un maître tel que Théodat. Ainsi les Grecs, dès le premier pas , eurent en leur pouvoir cette fie , la nourrice des Goths , selon l’expression de Jornandès.
Accablé de ces revers inattendus , Théodat ne prit conseil que de sa lâcheté. Il employa sa ressource ordinaire : il se courba
(n) Proc. Bell. Got., lib. i , cap. 5 JJrn. ils reb.
Get., cap. 60. — . Sig. Occ. Imp. , lib. 17. Theod.reg.
sous la main qui le frappait. Quoique versé dans la philosophie , ses études ne lui avaient point appris encore qu’un prince peut succomber, mais non pas céder à la mauvaise fortune , et qu’alors il ne doit avoir d’autre asile que le tombeau, d’autre tombeau que son trône.
L’ambassadeur de Justinien é^ait à lacour du roi des Goths , et ne cessait de jeter la terreur dans son âme. Enfin , Théodat régla en secret , avec cet ambassadeur , les* articles d’un traité par lequel il se déclarait tributaire et sujet de l’empereur d’Orient («) ( 5 7 .)
Quelle était, à cette époque, la situation intérieure de l’empire des Goths? On conçoit que, dans une telle impuissance d’esprit , Théodat ne pouvait guère s’occuper de l’administration des affairés. C’est Cassiodore qui conduisait encore tout en Italie. Il conservait la dignité de préfet du Prétoire , dont il avait été décoré sous Athalaric (ô) , et l’activité du ministre sub-
(a) Proc. Bell. Got. , lib. i , cap. 6- (4) Ste.-ftlarthe , Vie de Cass., liv, 2 , cliap- 4- — Cass. , lib. n et 12 .
232 WON Alt CHIE DES COTHS
venait à l’incapacité du roi. Cassiodore avait des intentions louables : le but de tous ses efforts était le bien publie; mais il n’y allait qu’à travers scs préjugés et ses prédilections. L’Eglise fut toujours l’objet de ses premiers soins; il travaillait ensuite au bonheur des Romains. On ne remarque pas qu’il s’occupât ainsi des Gotlis en particulier.
Les troubles qui agitaient le clergé , à ■l’occasion des statuts du concile de Chalcédoine , exercèrent son zèle pour la religion ; et il soumettait toujours, dans ses r.cgociations(fi), d’autorité civile à l’autorité spirituelle , le ministre du roi au vicaire de J.C.
Il tâcha aussi de fonder une école publique pour l’enseignement des saintes écritures (b) ; mais les maux auxquels l’Italie commençait à être en proie , firent échouer cette entreprise.
Sa protection s’étendait encore au temporel des églises. 11 décerna des peines
(«) Ste -Marthe, Vie de Cass., liv. a , chap 4' Cass. , lib. 1 1 , ep. a.
( b ) Cass, de Iuat. sac. scrip., in prafal.
très-graves contre ceux dont les fraudes leur dérobaient les dons de la pieuse libéralité des princes (à).
Voyons-le, maintenant, véritable pasteur des peuples, et rendons justice à sa vigilance infatigable pour arrêter, autant qu’il était en son pouvoir, les vexations, soit des magistrats , soit des collecteurs du fisc : et dans ce temps de calamités, c’était déj<¥ beaucoup que d’annoncer le désir d^apulager les peuples. Au définit de secours, on leur donnait une consolation (6).
Il voulait qu’au lieu d’étoffer les cris des opprimés , on eût grand sOTri de lui adresser leurs plaintes (c).
Il déchargeait d’impôts les provinces que la stérilité des campagnes avait réduites à la pauvreté Ul) ; ou même il y faisait distribuer de l’argent (e).
Cependant la langueur de l’autorité royale amenait la dissolution de toutes les parties
(a) Cassiod. , lib. 12 , ep. i 3 .
(b) Id. , lib 1 1, ep. 6,7 j lib. 1a, ep. 1 , a, 5 .
(c) Id. , lib. 1 1 , ep. 5
(d) Id. , lib. 1a , rp. 26.
(c) Id. , lib- 1 1 , ep. 1 5 .
de l’Etat. Dans un temps où l’on avait plus que jamais besoin de réparer les finances épuisées , pour se mettre en mesure de résister aux ennemis , la plupart des propriétaires ne payaient point leurs impôts : les officiers publics étaient avec eux d’intelligence (a). 11 fallait employer la menace pour les contraindre à cesser leurs retardemens (ô); et ce n’étaient pas là les fraudes de quelques particuliers : le disordre était gé-
On eût dit jaue toutes les espèces de fléaux se réagissaient pour affliger le royaume. L’intempérie des saisons semblait annoncer le courroux du ciel , et rendait, dans plusieurs contrées , tous les travaux des cultivateurs infructueux (d).
Le commerce était détruit (é) : les marchands étrangers avaient été chassés par le bruit de la guerre ; et il y avait des pro-
(«) Cass, , lib. il, ep. 7.
(£) Id. , lib. 1 3 , ep. 10.
(c) Ibid . , Universis provinciarum Cancgllariis ■
(d) Cassiod., lib- i2,ep,a5.
(e) Id., lib. 13, ep. *2.
néral. Cette défection se faisait sentir dij toutes les provinces , sans exception (cf
EN ITA LIE
vinces qui se trouvaient misérables au sein de l’abondance.
Entin , les peuples barbares venaient insulter cet empire qu’ils avaient redouté si long-temps. Sous ljgp yeux du pifnce, la Vénétie fut exposée aux incursions des Suèves (a). C’était donc vainement que Théodoric avait fortifié les places d’Aquilée et de Verruca. Les Bourguignons (b) s’étaient jetés déjà sur l’Emilie et sur la Ligurie ; les Allemands avaient fait aussi une irruption (c). Tant on méprisait les successeurs de Théodoric ! Ajoutez à tous ces malheurs la perte de la Sicile : que de causes pour que l’Italie fût tourmentée par la famine !
La prudence et les soins de Cassiodore en prévinrent les suites funestes.
Rome fut pourvue de tout ce qui pouvait servir à sa subsistance (</). Il y eut une année où la fécondité de la terre permit
(a) Cass- , lib. 12 ,ep.
(i) Idem , lib. 12 , cp. 28.
(c) Id. , ilid.
(.d) Id, , lib. 1 1 , ep. 5 -.
u 36 MONARCHIE DES GOTHS
de faire desapprovisionnemens. Cassiodore ouvrit ensuite les greniers publics aux citoyens pressés par la disette (a) (58).
Son ministère embrassait non-seulement les affaires civiles , mais aussi la guerre. Il ordonnait que l’on construisît des fortifications autour de Ravenne ; il y formait de grands amas de munitions et de vivres (b). On juge du monarque par la manière dont se font les préparatifs des combats. Autrefois Tliéodoric veillait sur toutes les extrémités de l’Empire, et ne s’inquiétait point de la cité où il résidait , parce qu’il en était le rempart. Mais alors toute l’attention se concentrait sur Ravenne; on semblait presque oublier les autres villes.
Cassiodore prenait les plus sages mesures pour réprimer l’indiscipline des armées. On en dirigea une sur la Calabre et la Lucanie ; mais elle pilla d’abord le pays qu’elle venait défendre, et l’on souf-
(«) Cass. ,lib. 10, ep.37 ;ljb, 11, ep. 33,36,37 , 38. (i) Itl . , lilj. 1 a , ep. 17 , aa, a 3 , 24.
Trait les ravages de la guerre avant que l’ennemi parût («).
Une autre année alla camper au pied des murs de Rome ( b ). Sous prétexte de mettre les Romains à couvert des entreprises de l’ennemi , Théodat voulait s’assurer de cette capitale ; il craignait la mobilité des esprits. Quelque temps auparavant , le bruit s’étant répandu qu’il avait le projet de soumettre le sénat à une espèce de censure et de réforme , dans la vue d’opprimer les grands , une ♦sédition avait été sur le point de s’allumer (c). Il avait écrit au sénat et au peuple, afin de dissiper leurs alarmes, et il avait répondu aux pétitions audacieuses par des flatteries et par l’assurance de la plus tendre affection. Mais on exigea qu’il se liât par des sermens : il prêta les sertnens qu’on voulait (H). Le roi des #oths n’avait point à se plaindre ; c’était un client qui transigeait avec ses patrons.
t«) Caasiod. , lib. 12 , ep. z 5 .
[b) là. , lib. 10 , ep. iS.
(e) Id. , lib. 10 , cp, 14 , 1 5 .
(J) IJ., lib. 10, ep. >6, 17.
238 MONARCHIE DES GOtH»
Ce prince alla lui-même à Rome. La for'-* tune parut un moment lui être favorable (a). Les Goths , sous la conduite d’Àsinarius et de Grippa , descendirent en Dalmatie , défirent les Grecs , tuèrent Mundus, leur général , et recouvrèrent Salone. Théodat ne peut s’empêcher de montrer , en toute occasion , cet esprit vain et léger qui est le jouet de tous les événemens. Autant les revers l’avaient abattu , autant il est enflé de ce succès. Il outrage les ambassadeurs de Justinien.
Théodat ne jouit que peu d’instans de ce triomphe. Les Grecs eurent bientôt fait passer une nouvelle armée en Dalmatie j ils reprirent Salone. Cette province entière avec la Lyburnic, ainsi que les Goths qui y résidaient , se rangèrent sous les lois de Justinien (/;).
D’un autie côté, Bélisaire traversa le détroit de Messine, et aborda en Italie, à Reggio. Depuis cette ville jusqu’à Naples, il s’avança tranquillement sans rencontrer
(a) Procop. Bell. Got. , lib. 1 , cap. 7 .
(b) Id. , ibid.
EN ITALIE. « 23 g
d’obstacles (a). La violence des Goths les avait rendus odieux ; les peuples recevaient Bélisaire comme un libérateur : il mit le siège devant Naples (b). Les babitans étaient incertains du parti qu’ils devaient prendre ; s’ils se livreraient aux Grecs, ou s’ils se déclareraient leurs ennemis ; les discours de deux orateurs , partisans des Goths, prévalurent. SiThéodat avait voulu **
s’avancer à la tête de l’armée qu’il tenaitprès de Rome , il aurait sauvé Naples , dont la possession était si importante , puisque delà Bélisaire s’élançait au milieu de l’Italie.
Mais Théodat ne prenait part aux événe-
mens heureux ou funestes, que par son
insolence ou par ses frayeurs. Bélisaire , 4
après un siège assez opiniâtre, se rendit
maître de la ville , et fit en même temps la
garnison prisonnière. Il traita les Goths com- •
me ses propres soldats; politique adroite,
qui ébranlait la constance de ceux qui lui
restaient à combattre (c).
Où est cette monarchie naguère si flo-
(o) Proc. Bell. Got. , lib. 1, cap. 8,9.
(&) Id.,iiid.
(c) Id. , ibid.y cap. >0.
24o MONARCHIE DES GOTH5
rissante? Quelles devaient être les pensées des Barbares, lorsqu’ils reportaient leurs regards en arrière, et qu’ils considéraient l’ouvrage de dix ans? Figurons-nous qu’un Gotli , parti de l’Italie vers la lin du règne de Tliéodoric , a été retenu dans des contrées lointaines , où la renommée ne lui a rien appris des révolutions du royaume depuis cette époque. Il revient à Ravenne; il est surpris de ne plus retrouver cet éclat et cet appareil martial dont brillait jadis le séjour' du souverain. Partout le silence de la tristesse. 11 s’approche d’un vieillard qu’il reconnaît pour un des anciens officiers de Tliéodoric ; il lui demande poui’quoi il ne voit pus les exercices , les luttes et tous ces jeux guerriers institués par le grand roi pour «entretenir la force et le courage des soldats? — 11 y a dix ans que Tliéodoric a cessé de vivre, répond le vieillard, il y a dix ans que nous sommes gouvernés par des lettrés : peu leur importe que notre jeunesse perde l’habitude des armes. — Ou ne veut donc plus que nous fassions trembler le Grec, le Franc et le Vandale? — Le vieillard baisse les yeux : C’est le Grec et
UK ITALIE.
aii
le Franc qui nous apportent maintenant la guerre. — Et que sont devenus nos conquêtes; l’Espagne , que nous avions rendue tributaire; la Dalmatie, la Sicile, la Gaule, l’Illyrie , le Norique , la Ilhétie, la Pannonie, enfin tous nos domaines? — Notre vie, notre liberté , sont eu péril. — Les Goths ont oublié leur prééminence! — Les Goths ne sont plus les premiers même en Jlalie; nos comtes sont soumis à des évêques ; notre roi se prosterne devant le pape et le sénat. — L’honneur et le courage sont-îls éteints dans toutes les âmes ?
N’avons- nous pas encore des bras et des armes ? Précipitons du trône ces fantômes odieux ; rangeons-nous sous les étendards i d’un chef digne de nous commander.
Tels étaient les sentimens qui agitaient les Barbares , lorsque la prise de Naples , et le soupçon que Théodat les trahissait, firent éclater leur indignation {a). Toutes les troupes qui étaient sur le territoire de Rome , et dans les lieux circonvoisius , se rassemblent et vont asseoir leur camp dans une plaine nommée Regeta, à deux cent
(a) Procop. Bell. Goth. , lib. i , cap. 1 1.
iG
quatre-vingts stades de Rome; là, d’un consentement unanime , ils élisent (a) , pour leur roi , Yitigès , écuyer de Théodoric , dont la valeur s’était signalée dans les conquêtes de la Pannonie et des Gaules. A cette nouvelle, Théodat s’enfuit du côté de Ravenne. Mais un seigneur goth, qu’il avait outragé , se mit à sa poursuite , l’atteignit, et le tenant renversé sous ses pieds, il le perça de son épée (b). Ainsi périt un scélérat, qui avait assassiné Sa bienfaitrice , et qui avait abandonné le royaume aux ennemis ; peine trop légère , si la peur de mourir n’était pas déjà un cruel supplice pour le lâche.
(a) Proc. Bell. Got. , lib. i , cep. 1 1. — Sigon. Oce. lmp-, lib. 17.Theod.reg. .
(!>) Proc. Bell. Gât. , lib. 1 , cap. 11.
W V\ W VWWV- W -V ^WW y