CHAPITRE III
Conduite de Thè.odoric dans tout ce qui concerne la religion.
A la décadence de l’Empire, lorsque les princes manquèrent aux peuples, lorsque les peuples dans leurs afflictions levant leurs regards inquie^^ers le trône, n’y virent plus qu’un fantôme; abandonnés, désespérés , ils cherchaient où porter leur affection , leur respect , leur crainte. Les pasteurs leur tendirent les bras, ils s’ÿ jetèi'ent. Depuis ce temps le courage, les bienfaits , quelquefois même l’artifice propagèrent la puissance des ministres de la religion. Les temps de troubles avaient favorisé leurs desseins. Us se rendaient presque les arbitres des peuples : tellement qu’on les vit gouverner des provinces au milieu des fréquens changemens d’empereurs, et les remettre ensuite au vainqueur qu’ils - reconnaissaient pour souverain (a).
(a) Li-beau , Iiist. du Bas-Empire , liv. 35 , art. /,5.
UK" ITALIE. S'J
Théodoric s’étudia dans le commencement à gagner les chefs de l’Eglise, et à se faire pardonnent crime d’hérésie. Mais quand ils lui eurent donné le temps et la faculté de montrer aux peuples leur prince, ce fut alors qu’il se rendit maître du clergé , aussi bien que du reste de la nation. Une fois >
que le trône est rempli , tous les esprits se tournent de ce côté , et les autres puissances tombent devant celle du monarque. Cependant, comme Théodoric avait le sentiment de sa force , il n’en abusa pas. Un prince faible qui, par un événement imprévu, aurait reconquis le pouvoir sur le clergé , en aurait mal usé , comme d’un bien qu’il n’aurait pas su acquérir par lui -même et qu’il n’aurait pas été sûr de conserver.
Théodoric profita sagement de ses avantages. Quoique l’arianisme entretînt dans son cœur la haine des Catholiques , il ne voulut point les tyranniser ; il les soumit , et ne les opprima point.
Ses édits avaient déclaré que les lois romaines régleraient son royaume; il conserva aux clercs les prérogatives que ces lois leur accordaient , mais avec les modifications que demandaient le bon ordre et la justice.
Les fêtes religieuses furent ce lébrées avec exactitude; et, pendant jours consacrés aux pratiques, saintes, cP cessa toutes les poursuites iurid iques (a).
L’immunité des biens de l’Eglise fut maintenue. Mais il ne souffrit pas que cette immunité s’étendît aux concessions faites par les citoyens (b). Celte franchise dont jouissaient les propriétés ecclésiastiques axait dégénéré trop souvent en abus. Par une donation simulée , on frustrait l’état des deniers qui lui étaient dus.
Les privilèges qui pouvaient *ctre préjudiciables à l’autorité royale, Tliéodoric les abolit , non sans tâcher toutefois «l’apporter quelque adoucissement à cette mesure. Les clercs furent soumis à la juridiction Séculière (c); cependant il renvoyait quelquefois aux évêques l’examerr et le jugement des délits commis par les gens d’Egiisè (d). Mais il était en même
(«) Fit. Th , art. i
( b ) Cassiod , lib. 1 , ep. 26. •
(c) Sigon. Occ. Iinp. , lib. 16 . — Cass. Var. , lib. jj, — Leb. IJist. du Cas-Empire , liv. 07.
(dj Cass. , lib * , ep. 9; lib .' 5 , ep. 14. é
temps le juge souverain des évêques ( a ).
Les iniquités de plusieurs d’entre eux, qui déshonoraient leursaint caractère , n’échappaient point à son œil vigilant. Il écoutait • les plaintes de celui qu’ils ayaient lésé prêta les faire comparaître devant son conseil royal; à cette menace, les coupables rentraient dans le devoir.
Il donna une nouvelle preuve de sa tolérance et de son équité , par la protectîou qu’il accorda aux- Juifs pour réprimer les violences de la populace acharnée contre eux (b). Ges hommes , que l’on désespérait par des injures continuelles, pouvaientêtre utiles à l’état. Théodoric pensa qu’il était de sa sagesse de ne point souffrir les emportemens d’une multitude furieuse , et de ne point se priver de su j etsactifs et indus trieux, dans un temps où des malheurs à réparer rendaient leurs secours nécessaires. Il fit revivre en leur faveur les dispositions des anciennes lois, il les garantit des persécutions , il leur permit de réparer leurs synagogues ; enfin ils purent respirer (c).
(a) Cass- , lib. a,ep. 18 ; lib. 3 , ep. 7 , 37.
(i) Cass. , lib. 5 , ep. 37.
(c) Ed. Th . , art. i/| 5 . — Cass. , lib. 4, cp. 33 .
Go MONARCHIE DES GOTHS
Au milieu de ces nobles institutions , on regrette de voir cette loi cruelle qui condamne au dernier supplice les payens et les . sorciers (à). Comment , lorsqu’il a annoncé •tant de modération et de douceur dans tout ce qui regarde la religion, dément-il son caractère par cet arrêt barbare ? Je cherche le motif d’une telle contradiction.
Est- ce le fanatisme ? Mais son génie rélevait au-dessus de cette faiblesse. Est- ce horreurjpour l’idolâtrie? mais il ne s’inquiétait que des révoltes contre lui, et non des révoltes contre Dieu. J’ai dit toutà-l’heure qu’il avait démenti son caractère par cet arrêt ; je me rétracte. J’y crois voir au contraire une suite de ses principes. II était accoutumé à tout immoler à ses intérêts; les payens avaient été proscrits par les empereurs; les Payens avaient toujours excité contre eux le zèle et même l’animosité des Chrétiens ; ils étaient alors en petit nombre, et point à craindre : révoquer les édits de proscriptidn , c’était se rendre odieux aux Catholiques prompts à s’effa-
(a) Ed. Th., art. 108.
• EN ITALIE. 6l
roucher de tout ce qu’ils croyaient un attentat contre la religion; confirmer les édits , c’était un moyen d’effacer en quelque sorte la tache d’bérésie. Ainsi je crois qu’il livra ces malheureux à leurs ennemis pour mieux s’assurer ensuite de ces derniers.
Le paganisme s’était réfugié , pour ainsi dire , en Afrique ; les peuples y étaient presque tous Payens. Si l’Afrique eut été encore unie à l’Empire, on ne trouverait pas cet article dans l’édit de Théodoric.
Tant qu’il ne se crut pas fermement établi, sa conduite dans les affaires de religion fut toujours celle d’un homme, qui placé sous l’œil d’un ennemi, et craignant ses calomnies comme ses intrigues, est contraint de s’observer sans cesse pour ne pas laisser de prise à la malignité, et même tâche de lui donner le change quelquefois par des actes d’ostentation. 11 n’ignorait pasqu’Anastase, malgré la paix qui semblait unir les deux états, ne cherchait que les moyens de lui susciter des embarras , des ‘dangers. Il se présenta une circonstance favorable aux desseins de l’ennemi, mais la circonspection de Théodoric la rendit inutile.
Festus avait été envoyé à la cour d’O-
‘Ans 498 et 499-
63 MONARCHIE DES GÔTHS
rient (a) pour déterminer l’empereur à reconnaître la légitimité du roi d’Italie. Dans le cours des négociations, il s’était engagé secrètement à faire adopter par le pape , l’Hénotique.de Zénon( 2 g). Mais à sbn retour le Saint-Siège se trouvait vacant par la mort d’Anastase II. Le clergé s’assemble.
Festus achète un grand nombre de suffrages pour le prêtre Laurent qui était tout dévoué à ses projets. 11 le fait élire par sa faction. D’un autre côté, on nomme Syminaque souverain pontife (ô). De là une anarchie tumultueuse , une guerre intestine dans le sein de l’église romaine. Festus, d’un caractère turbulent, audacieux-, opiniâtre , savait se faire un appui du crédit que lui donnaient sa fortune, sa naissance, son rang de patricien , et ses talens ; habile surtout à remuer ïçs esprits par ses largesses, par ses instigations, par' ses menées insidieuses.
Ces troublesavaientéclaté quelque temps avant que Théodoric vînt à Rome (c); l’af-
(n) SigoD. , lib 16.
(&) Cocch. Vila Theod. , cap. 9. — Leb. Ilist. du Bas— Empire , liv. 37 , art. 3 o.
(c) Sîg. Occ. Imp. , lib. 16.'
faire avait été soumise à son arbitrage , et il avait prononcé en faveur de Symtnaque.
Mais le rivlil de ce dernier ne se tint pas
pour vaincu. Cependant, l’arrivée du roi
avait mis trêve aux dissensions et avilit A “ Jül * paru calmer les esprits. Aussitôt après son départ, l’incendie se rallume, les combats recommencent avec plus d’acharnement.
Le sang des prêtres coule dans Rome.
Quel parti prendre dans cette conjoncture difficile? La contagion est à craindre ;
*la sédition pourrait gagner le. peuple , et Théodoric redoute plus que toute autre chose ce, qui pourrait tirer le peuple de l’inaction. Décidera - 1 - il eulre les deux partis et soutiendra-t-il son jugement par la force ? Mais , ennemi de l’église romaine , s’il va s’immiscer dans ces débats, la malveillance ne manquera pas de crier à la tyrannie , et Ariastase est là tout prêt à profiter des moindres méconlentemens : il sut éviter ces écueils.
Àrtémidore (a), Grec de naissance, s’élaft attaché à Théodoric, pendant le séjour de
(«) Leb. Hist. du Bas-Emp. , liv. 3?.
ce prince à Constantinople , et p.e l’avait pas quitté depuis. Théodoriç ne doutait pas de sa.fidélité, et connaissait la douceur en même temps que la fermeté de son caractère. Il le crée préfet de Rome (a), et lui confère une entière puissance pour maintenir l’ordre parmi les citoyens. En même temps , il adresse une lettre au sénat (b), où
— il montre sa sollicitude pour le bonheur des Romains, et annonce sa volonté constante de réprimer lqs perturbateurs du repos public. Quant à l’affaire qui divise lo* clergé, il ne veut pas en prendre sur lui la décision. Un grand nombre d’évêques des plus considérables sont appelés auprès de lui , et il leur demande de déclarer quel est le pape légitime (c).
On pourrait remarquer ici les progrès de l’autorité des papes (d). Les évêques apportent des obstacles aux Gommaqdemens du roi , de Théotioric ! « C’est le pape seul ,
(<*) Cassiod. , lib. > , ep. 4a.
- - (&) Jd. , lib. i , ep 43, 44 .
.X e ) Sigon. Occ. Imp. , lib. 16. — Cocchl. Vit. Th. , .cap. 9 .
(<i) Sigon. Occid. Imp. , lib. i, 6 .
y» disent-ils, qui a le droit de les convo- » quer j les conciles lui ont accordé lasu- » prématie ; il n’est pas soumis à la censure » de ses inférieurs ». Théodoric se contenta de leur montrer une lettré de Symmaque qui approuvait cette convocation.
Le concile est assemblé (a) $ on reconnaît la prudente équité du monarque. Afin que la décision reçoive un plus grand poids de l’impartialité qui présidera au jugement, il veut que Symmaque dépouille sa dignité, et réponde comme simple particulier à ses accusateurs. Ceux-ci, près d’être confondus, ont recours à la violenie; on porte encore des plaintes à Théodoric, Enfin , toutes ces querelles l’importunent , et sa réponse laisse entrevoir le fond de son âme, je veu± dire , sa répugnance pour les Catholiques , et sa prudence vigoureuse.
« C’est aux évêques à voir ce qu’ils doivent » résoudre dans un démêlé de cette impor- » tance ; pour lui , il se borne à respecter » les affaires de l’Église ; pourvu toutefois » qu’ils avisent aux moyens de rendre le
(a) Sigon, Occid. lmp., lib. 16 — Coccli. Vit- Th,, «ap. 9 .
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» repos à Rome et à tous les Chrétiens. »
L’ordre était précis. Les évêques se réunissent de nouveau. Symmaque, absous de toutes les calomnies intentées contre lui , est rétabli dans la chaire de St.-Pierre.
A peine Symmaque a-t-il recouvré ses droits, que le premier usage qu’il en fait est d’assembler un concile, où d’un consentement unanime, on déclare nulle la loi d’Odoacre , qui défendait d’exalter aucun pape sans l’approbation du prince (a). Théodoric ne demandait que la paix ; il laissait le clergé romain s’applaudir de cette inutile victoire * dt cette vaine usurpation qui ne portait aucune atteinte à sa puissance réelle. Ce prince avait trop de prudence pour élever un combat entre le sacerdoce et l’empire, et pour donner l’alarme par un coup d’éclai . Au contraire , l’orgueil satisfait du clergé , et cette facilité que Théodoric faisait paraître alors , entraient parfaitement dans son système , et nous avons vu , d’ailleurs, que l’état des choses demandait qu’il en usât ainsi. Un temps viendra où Théodoric prendra un autre ton avec le pontife de
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Home. En général, comme il sut toujours accommoder ses passions aux circonstances , sa manière d’agir avec le clergé sera pour nous la mesure de sa sécurité , et de l’affermissement de sa puissance.
Cependant , la sédition n’était pas tellement étouffée (a) , qu’elle ne se ranimât encore. Laurent, aidé dé Festus, ne cessa point de s’agiter pour troubler son vainqueur ; le calme ne fut repdu à l’église que cinq ans après, en 5o8 (J>), par la mort du rebelle. Cassiodore-retaixle de six ans l’époque de la pacificat ion , et la reporte à son consulat , en 5i4 (c). Mais il y a apparence que, dans cet intervalle, le schisme ne se manifestait plus que par l’opposition des sentimens et non pas par de sanglantes rixes comme auparavant. Alors, Théodoric le souffrait : peut-être même, par haine pour les Catholiques, n’était-il pas fâché de les voir se consumer en querelles intestines (5o). Elles assuraient sa tranquillité , en occupant les ennemis de sa secte.
(а) Sigoo. Occid. Imp. , lib. 16.
(б) Idem. , ibid.
(c) Oassiod. C (ironie.
Malgré son aversion secrète , la politique toujours écoutée par ce prince , lui conseillait d’affecter un grand zèle pour les ministres de la religion. Trasamond , roi des Vandales, ayant relégué dans l'jle de Sardaigne, plusieurs évêques, Théodoric leur envoya .d’abonduntes aumônes pour soulager leur misère (a). Je crois que la persécution dn roi des Vandales ne fut pas un des moindres motifs qui l’engagèrent à secourir ces évêques. Nous aurons sujet plus d’une fois d’observer- qu’il n’a , négligé > aucune occasion de mettre , aux yeux des Romains , sa conduite en opposition avec celle des autres rois barbares , surtout dans ce qui intéressait le plus les Romains.
• Il paraissait même favoriser ouverte-
meqt tout ce qui devait amener l’état le plus florissant et le plus glorieux de l’église romaine.
Depuis les troubles que Zénon avait ■ n — ■ excités pour les dogmes de la foi, l’église
An 5 1 s. d’Orient était géparée de co m munion de
[a) Cas». , lit», r , ep. 8. — Sigon., lib. 16. — Cocch. Vit. Tlieod. , cap g.
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celle d’Occident. Tant qu’Anastase régna, il soutint avec opiniâtreté les prétentions de son prédécesseur; mais dans la suite, sa mort ramena le calme , et procura la réunion des Grecs-et des Latins. L’empereur Justin , animé du désir de la paix , écrivit au pape Hormisdas des lettres flatteuses, et tâcha cle le disposer favorablement pour ses desseins (a). Ce pontife ayant répondu aux ouvertures qui lui étaient faites , Justin s’empressa de lui envoyer des ambassadeurs (b). Dans toutes les négociations, les ministres de l’empereur, et l’empereur lui- même, témoignaient beaucoup de déférence pour le chef de l’Église. ;
Théodoric se prêtait avec complaisance à toutç cette aflkire , malgré l’éclat et la grandeur que le pape semblait en recevoir (c). Ce n’est pas à dire qu’il fermât entièrement les yeux , il surveillait toutes
(a) Sigon. Imp. Occid. , lib. 16. — Leb. Hist. du Bas-Empire, li». 4 ».
( 4 ) Sigon., lib 16.
(c) Sigon. , ihid. — Coccbl. Vit Theod. , cap. 9. — Lebeau, Hist. du Kas-Emp. , lir. 40, art. 6 et suiv-
70 MONARCHIE DES GOTHS les opérations , et c’était d’après son approbation ou ses conseils ,*»e les légats allaient à la conr d’Orient traiter pour l’accroissement de la domination spirituelle du pape.
Théodoric n’était pas fâché que cetté voie dé communicalion s’ouvrît entre le»
deux états. C’était un nouveau moyen de s’assurer une supériorité secrète. Hormisdas y comme tous ses prédécesseurs , sé montrait jaloux de maintenir les droits, et l’excellence de la chaire de Saint-Pierre.
Mais tandis que le pape agissait en souverain avec J’empereur, et qu’il lui dictait sès volontés , Théodoric tenait le pape sous sa riiain , et il était resté le maître des élcc-*tions, malgré l’édit de Symmaque(a). Ainsi il pouvait trouver quelque jour dans l’évêque de Rome un instrument de ses desseins ; ainsi un autre usant pour lui de l’énorme ascendant que l’autorité ecclésiastique avsiit acquis sur la faiblesse des princes , il espérait exercer , en se cachant, une grande influence sur les affaires d’Orient (3a). De plus, comme le ministère
(b) Cass., lib.fi, ep. >5. — Sigon Occid. Imp., lib. 16.
ecclésiastique multipliait ses attributions à l’infini, on attirait. une partie de l’empire d’Orient dans le royaume d’Italie, où était le siège de cette administration.
Voilà les avantages qu’il considérait dans l’avenir. Il en voyait aussi un présent ; c’était d’accroître sa puissance, fondée sur le respect des Romains.
On fera encore une remarque , c’est qu’il prodigua plus ou moins les témoignages d’affection , et même de respect aux évêques , selon que par leur situation ils se trouvaient à portée de lui être utiles. Témoin l’hommage, qu’après la conquête de la Gaule , il rendit à la piété de Césaire, évêque d’Arles, qui avait beaucoup decrédit dans la province (a). Je ne rapporte ici ce trait que pour donner une idée de l’apprêt et de l’artifice que Théodoric mettait dans presque toutes ses actions , afin d’éblouir le vulgaire.
Césaire est noirci auprès du prince par des calomniateurs. Théodoric pouvait éclaircir l’affaire par ses officiers ; il veut interroger
lui-même l’évêque ; il le fait venir ; dès qu’il l’aperçoit , feignant upe émotion surnaturelle, il se lève pour le recevoir; il s’entretient long-temps avec lui, et le renvoie comblé d’honneurs et de présens.
Quelle haute opinion Ccsaire devait rapporter de Théodoric ! Quel plus ardent et plus puissant panégyriste celui-ci pouvaitil avoir dans les Gaules, alors nouvellement conquises ? et combien cette inspiration presque divine le rendait respectable aux Romains !