‹ Histoire de l'établissement, des progrés et de la décadence du ChristianismeChapitre 21 sur 29 · H16TOI&B · texte numérisé non relu

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les dieaK ; mais il soutint mal sa fierté. Nobunanga ayant répondu qu'il acceptait le cartel, et qu'il était le marteau domptant les diables et détruisant les sectes extravagantes du Japon , Xinguen ne l'attendit pas et disparut; Mioxindono et Daxan-dono ne l'eurent pas plus tôt appris, qu'ils en firent de même, et le Roi, victorieux sans avoir tiré l'épée , parut à la viie de Héaco lorsqu'on le croyait encore dans ses états.

Avant que de ne rien entreprendre, il envoya faire, à l'Empereur, des propositions de paix qui furent rejetées ; on assure que Nobunanga eu versa des larmes; on eût dit que c'était un père qui, forcé de punir un fils ingrat, cherche tous les moyens de lui pardonner, et craint d'appe* santir trop son bras en le firappant. En eft'et^ le Roi qui ne pouvait encore se résoudre à détruire son ouvrage , se mit à faire du dégât dans la campagne; il crut que si sa présence, à la tète d'une formidable armée devant laquelle cent mille hommes n'avaient osé tenir, ne faisait aucun effet sur l'esprit de l'Empereur, du moins en lui montrant tous les environs de sa capitale en feu, il l'obligerait à prendre des sentimens plus raisonnables. H fut encore trompé dans son at* tente, le cubo-sama vit cette désolation sans en être ému; il est à croire que ce Prince n'était pas bien persuadé que les négwes^ et ses autres alliés eussent absolument mis les armes bas, et qu'il comptait toujours sur une puissante diver**

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sîon. Enfin , Nobunanga poussé à bout, rassembla ses troupes dispersées, les mit en bataille, et le quatrième de mai entra dans Méaco , dont les portes lui furent ouvertes ; il traversa , sans causer le moindre désordre, toute la ville basse qui avait imploré sa clémence, força la haute, l'épée à la main^ la fit piller et brûler, et se présenta devant la citadelle.

L'Empereur alors voulut parler de paix , mais il n'était plus temps ; la consternation était extrême parmi ses troupes , et la manière dont le haut Méaco , malgré tous ses retranchemens et toute sa garnison , venait d'être emporté , avait glacé les plus grands courages. Il fallut donc se soumettre et recevoir la loi, et l'infortuné cubo-sama fut bien heureux que Nobunanga avec la vie lui laissât une ombre de ce qu'il avait été. Cependant , de peur que ce Prince Êiible et inconstant ne fût tenté de se remuer encore, le nouvel Empereur avant que de partir de Méaco, y fît bâtir une seconde forteresse, où il laissa aussi bien que dans la première, une garnison capable de contenir tout dans le devoir. J'avoue qu'il y a dans cet événement des choses qui ne me paraissent pas tout-à-fait vraisemblables, et pour dire en un mot ce qui m'est venu à l'esprit en le lisant dans les mémoires d'où je l'ai tiré, j'ai un peu soupçonné Nobunanga de s'être entendu avec le conseil du cubo-^sama. Car enfin, le moyen sans cela d'accorder dans ce

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Prince une fort grande ambition avec la modenation qu'il affecta dans toute cette guerre; et ne paraît-il pas plus naturel d'attribuer à une trahison toute la suite d'une si étrange conduite, que de croire qu'un Empereur, avec tout son îconseir, soit tombé dans un aveuglement qu'on toe peut concevoir ; mais ce ne sont que des conjectures, on jugera si elles sont bien fondées. X. Au reste cette révolution , bien loin d'apporter aucun changement aux affaires de la Religion, la mit plus que jainais en état de s'étendre par tout l'empire; mais ce qui arriva environ ce même temps dans lé Ximo, faillit à faire perdre au Christianisme un de ses plus fermes appuis. Le Seigneur disafay, Prince voisin d'Omura, et beaù-frère de Sumîtanda , après avoir fait bien d'inutrlêâ efforts pour engager ce Prince à retourner au culte des idoles , se ligua secrètement avec le Roi de Firando et quelques autres ennemis de la* religion , pour l'y obliger par la force. Le P. Bartholi met parmi les alliés le Roi d'Arima ; mais il ne paraît guère vraisemblable qu'un Prince, si bien disposé de tout temps en faveur des' Chrétiens , toujours en si bonne intelligence avec son frère , et qui reçut le baptême si peu de temps après, fut entré dans une ligue qui n^àllait rien moins qu'à abolir la foi dans toutes ces contrées , et à ruiner une partie de sa famille. Qiioi qu'il en soit, les confédérés ne se croyant pas encore assez forte, malgré leur

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