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leur andieiioe puUiqae, trente Sénateurs les vinrent prendre à leurs Ic^s ; ils s'embarquèrent' sur les mêmes batimens qu'ils avaient montés la première fois, et furent conduits dans la grande salle où le Doge Nicolas Daponte les attendait. A leur entrée , tous les Sénateurs se levèrent y et leur cédèrent les premières places. L'audience se passa en civilités réciproques; à la fin les Ambassadeurs firent présent au Doge d'un habit, d'une épée et d'un poignard. Le soir, ils virent tout ce qu'il y a de plus beau à voir dans Venise; la procession du vingt-cinquième de juin , jour de l'apparition de saint Marc y ayant été remise en leur considération jusqu'au vingt-neuf 9 ils y assbtèrent et furent bien surpris de se voir représentés dans des tapisseries rendant obéissance au Saint-Siège. Un autre jour, on les mena aux deux châteaux DilAdo^ entre lesquels la Sdgneûrie les traita somptueusement sur la mer par le plus beau temps du monde : elle voulut aussi avoir leurs portraits au naturel de la main de Jacques Tintoretti, un des plus fiimeux pein-* très de son siècle, et les fit placer dans la chambre du grand conseil avec ceux des Doges : enfin , on leur fit de magnifiques présens, et on donna ordre qu'ils continuassent d'être défi*ayés , tant qu'ils seraient sur les terres de la République; . De Venise, les Ambassadeurs allèrent à Mantoue*, en arrivant à Villa-Franca, ils trouvèrent le Commandeur Hutio Gonzagua qui les com-
j^menta de la part du Duc Vincent, et les pria d'excuser si le Duc (lui-même n'était pas venu les recevoir sur la frontière; que c'avait été le dessein de Son Altesse, mais qu'une incommodité l'avait retenue au lit. A la |)remière porte du' Êiubouirg, Scipion GonzagUa, depuis Patriarche de Jérusalem et Cardinal, leur renouvela encore . les eicuslss du Duc ; à quelque distance de là j parut le Prince, fils du Duc, qui les conduisit au bruit de cent pièces d'artillerie , jusqu'au^ palais ducal avec une suite magnifi(|ue : le peuple qui bordait les rues, se jetant à genoux par dévotion, comme ils. approchaient du palais, les Canonades recommencèrent et durèrent au moins tlne heure. On leur avait préparé des appartemëns si superbes, que le Prince de Fiunga enrtrant dans le sien , dit qu'il lui semblait entrer dans un palais enchanté. Le lendemain de grand matin, le Duc qui se portait mieux, et|le Prince son fils, allèrent les premiers les visiter dans leur chanibre. Ce jour!-là le Duc devait tenir sur les fonds de baptême un^ rabin juif : il en«gagea les Princes de Fiunga et d'Arima à pren-' dre sa place. Le soir' il y eut illumination dans lie plus beau quartier de la ville : les trois jours' suivans se passèrent en toutes sortes de divertissemens. Le Duc et le Prince firent ensuite aux Ambassadeurs des présens d'un prix inestimable ; et ceux-ci prirent Xeurs Altesses d'agréer un habit japohnais infiniment riche, et deux épées
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Ibrt précieuses : à leur départ^ le Duc les coii-« duisit lui-même fidrt loin, et les fit escorter j^sques dans le Milanais.
. Dès qu'ils furent arrivés à Crémone , un gentilhomme du Duc de Terre-Neuve , Gouverneur ' du Milanais y les vint complimenter de la part de son maître , et le Cardinal Nicolas Sfondrati , alors Èvêque de Crémone , et depuis Pape y les retint deux jours pendant lesquels il n'est point de caresses qu'il ne leur fît. De Crémone ils se ren* dirent à Lodi où ils restèrent encore deux jours , parce que le Duc de Terre-Neuve n'était pas 4 •Milan , et qu'il voulait les y recevoir lui-même. Ils partirent de Lodi le vingt-troisième de juil* let , avec une nombreuse escorte ; ils rencontre* rent à moitié chemin un ofiicier général avec ui^ détachement de cavalerie ; peu de temps après , Dom Biaise d'Arragon , oncle du Duc de Terre- Neuve, parut à la tête des chevau-r- légers et des arquebusiers à cheval. Les Ambassadeurs descendirent de carrosse pour recevoir les civilités de Dom Biaise , et ce Seigneur leur présenta quatre genêts d'Espagne superbement enfaarnaçhés, qu'ils montèrent. Le gouverneur s'était avancé hors des Êiubourgs avec ses deujt fils^ le Marquis d'Avalos son neyeu, le Sénat, le Magistrat, et plus de cinq cents gentilshommes a cheval.
, Toute la ville était sortie , et bien avant dans la campagne, les chemins étaient bordés d'un
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stombre infiïii d^ toutes sortes de peraonûes t après les premiers complimens qui se firent avec plus d'afFection que d'ordre, on commença la marche. Le Duc mit à sa droite le Pripce de Frunga; le Visiteur du Roi , le Prince d'Arima } le grand-chancelier, Farami, et le Président du grandconseil , Nacaura. Les rues par où ils passèrent étaient tapissées de tout ce qu'on avait trouve dans la ville de plus précieux , et ils furent conduits au collège des Jésuitess, avec encore plu» d'appareil qu'ils ne l'avaient été à la n^aison pro^ fesse de ces pères à Venise. Le dimanche sui-^ vant, ils assistèrent à la première messe soleU" Belle que l'Archevêque Visccwnti y célébra, et ils y communièrent de la main du prélats Le Duc de Terre-Neuve leur rendit plusieurs visites jusque dans leurs chambres , et toute la ville té*<* mœgna, pour leur faire honneur, un zèle qui les toucha sensiblement/ Le gouverneur de la citadelle les invita à manger dans sa place, et les y reçut au brait de plusieurs décharges de toute son artillerie. Sur le soir même du jour , il vint des nouvelles de Gênes , que les galères qui devaient porter les Ambassadeurs en Espagne, étaient prêtes, ce qui les obligea de partir le lendemain après avoir séjourné toute une se^ maine a Milan. Us ne furent que deux jours à Gènes , quoi qu'on pût faire pour les retenir, et pour aller entore plus loin dans les honneurs qu'on leur rendit, que n'avaient été les Ducs
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de FerraTO et de MànXâaé , les Vénitiens et le Gouverneur du Milanais. Ils s'emfaariquèrent le huitième d'août/ et arrivèrent le dix-septième i Barcekmne.
Nacaura y eut encore plusieurs accès de fiè^ tre y ce qui obligea les Ambassadeurs d'y restei; plus d'un mois. Ils eurent audience du Roi ca-* tholique à Monçon. Ce Prince les reçut debout comme il avait &it à leur premier voyage; il' enchérit aiecM'e sur les caresses qu'il leur avait fiâtes alors , et y après leur avoir fait de fort beaux présens , il leur fit équiper le meilleur vaisseau qui se trouvât, dans le port de Lis- Bonne y fournit à tous les frais de leur voyage , leur fit toucher une grosse somme d'argent, manda au Vice-Roi des Indes de les pourvoir abondamment de tout y jusqu'à ce qu'ils fîiâsent' Mitres au Sapoia, et voulut qu'à leur débarqu^nent, on leur fît donner à châîcun un des plus beaux chevaux arabes qui pouiTaient se* trouver : ils tinrent parole au Duc de Bragànoe en allant à Lisbonne , et lé trentième d'avril de l'année mil cinq cent^ qualre-vingt--six y ib mirent à la voile. Us -furent long-temps dans tous les lieux où ils avaient passé , le sujet ordinaire des entretiens. On n'avait point encore vu ensemble tant de noblesse , de modestie , de vertu et de mérite ; mais ce qui charma tout le mûnde y ce fiit la tendre et sincère piété qu'ils firent paraître*, rien ne fut jamais capable de
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l&iv faire manquer à ancon des exercices de déyotion qu'Us s'étaient prescrits^ et toute l'attention du père de Mesquita à qui on leur avait ordouné d'obéir exactement en tout , fut de mo-* dérer leur ferveur. Ils avaient tous quatre uae douceur qui leur gagnait tou^ 1^ j^ui^s^et l'on ne pouvait leur parler sans être pénétré de dévotion. Mais ce qui montre à quelle per^sction ils étaient déjà arrivés , c'est que de tout ce qu'ils virent' en Euitîpe/ rien né les toucha , et qu'ils ne conservèrent ^presque le souvenir que de queW ques entretiens particuliers qu'ils eurent avec des . personnes d'une saiptèté éminente. Les prind-' paux furent Dom Théoton de Bragance y Ëvéque* d'Evora, auquel le Prince d'Arima écrivit, en arrivant à Nangaza^tti ; une lettré que nous af ons; les Cardinatix ' Paléoito et S^nidrati y Eléonôre ^Autriclie,\Dudh66se'4e Màtitoue, fille de l'Ëm-' pereur Ferdinand , et le bienheureux Louis de Gonzague qui entra cette même année au noviciat des Jésuites de Rome. Je parlerai ailleurs de leur retour au Japon , où les a&ires , pendant leur absence , avaient bien changé de face.
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