‹ Histoire de l'Europe au 16e siècle (volume 2)Chapitre 12 sur 48 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Du Nouveau-Monde avant Colomb. — Christophe Colomb. — - Découverte du Nouveau- Monde. — Etablissement des Espagnols dans les Antilles.

Dès leur début dans la carrière des découvertes uiaritimes, les Espagnols surpassèrent leurs voisins. En effet, les Portugais ne découvrirent, après un siècle de travaux, qu'un nouveau passage vers des pays déjà connus; dans leur premier voyage, les Espagnols trouvèrent un monde, et l'arrivée de Christophe Colomb dans les Antilles a précédé de cinq ans le premier voyage de Gama aux Indes- Orientales. « Tout ce (|iii a paru grand jusqu'ici, dit Voltaire, semble disparaître devant cette espèce de création nouvelle. Que d'autels on eût érigés dans l'antiquité à un Grec qui eût découvert l'Amérique ' ! »

Mais ce Nouveau-Monde qu'a touché Colomb en 1492, avait-il été complètement inconnu dans

(i) Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit dos nations, chap. 145.

Il8 LIV. I, CHAP. m.

les temps qui avaient précédé? Il est certain que les anciens peuples navigateurs, les Phéniciens et les Carthaginois, n'en eurent aucune connaissance. Cette île, à l'ouest de l'Afrique, vers laquelle furent jetés les Phéniciens après une violente tempête', ne pouvait être que Madère, ou l'une des Canaries, ou peut-être une des Açores ou des îles du Cap-Vert. Il y a dans le Timée de Platon quelques paroles qui donnent plus à penser. Qu'estce que cette Atlantide située à l'ouest du détroit de Gadès, et qui était à elle seule plus grande que l'Asie et l'Afrique tout ensemble? Selon le récit merveilleux que Solon recueillit à Sais de la bouche des prêtres égyptiens, les peuples de l'Atlantide avaient passé des milliers d'années dans une paix profonde, sous les descendants de Neptune, leur principale divinité. Puis, à une époque dont

(i) Il y a une île située à l'Occident, à quelques jours de navigation des côtes de Libye. . . Les Phéniciens, longeant le rivage de l'Afrique , au-delà du détroit de Gadès, furent entraînés vers la liaute mer, par la violence des vents. Après avoir été le jouet des tempêtes pendant un grand nombre de jours, ils abordèrent à cette île, dont ils admirèrent la fertilité. Plus tard les Tyrrliéniens, au temps de leur puissance maritime, voulurent y fonder une colonie ; mais les Carthaginois s'y opposèrent. (Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, liv. V, chap. 19 et 20.)

Page 1