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Colomb des fruits de sa conquête : la cour d'Espagne lui en avait enlevé les fruits matériels; un gentilhomme florentin voulut lui en ravir la gloire. Amerigo Vespucci , établi à Séville dès 149^ , avait fait partie, en i499> d'une expédition commandée par Ojeda. Il avait touché Paria, et reconnu plusieurs centaines de lieues de côtes. On a prétendu que c'était lui qui avait découvert le nouveau continent ; lui-même s'en est vanté. Cependant il est certain que Colomb y était arrivé Tannée précédente '; et si quelqu'uzi pouvait lui disputer l'hon-
(i) Vespucci a prétendu avoir fait un premier voyage en 1497. Il dit, dans une lettre à René duc de Lorraine , datée du 4 septembre i5o4 : « Qu'il a mis à la voile du port de Cadix le 20 mai i497j qu'il a traversé l'Océan et consacré dix-huit mois à ce voyage, découvrant beaucoup de terres et une quantilé innombrable d'îles. « Cette lettre, imprimée pour la première foisàSaint-Diez, en Lorraine, en 1607, a étéréim~ primée dans le iVocu.y orbis de Grinseus, publié à Bàleen i532. L'assertion d' Amerigo est formelle j mais elle n'est point confirmée par les pièces authentiques, conservées en Espagne. En i5i2, la question de la découverte du continent fut agitée publiquement dans le procès que le fils de l'amiral, Diego Colomb, soutint contre la couronne deCastille. Diego réclamait, conformément au traite de Santa-Fé , le dixième des produits de la côte de Paria et des îles aux perles. La couronne avait donc intérêt à prouver que Christophe Colomb n'avait découvert ni CCS ilcs , ni ie continent ; et cependant il n'y a dans
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neur d'avoir abordé le premier au continent , ce n'était point Amerigo Vespucci , niais Jean Cabota et Sébastien son fils. En effet ces deux navigateurs vénitiens, au service de l'Angleterre', avaient, en 1496, découvert l'Ile de Terre-Neuve (Nevs^found-land) et une partie du continent septentrional \ Mais quel que soit le navigateur qui ait
les pièces manuscrites du procès, qui ont été consultées par Munoz et jtar Washington Irvlng, aucune déposition favorable aux prétentions de Vespucci. Ojeda, entre autres, déclara expressément que la côte de Paria avait été découverte par Christophe Colomb, qu'il avait vu cette côte indiquée sur une carte envoyée par Colomb au roi ou à la reine , et qu'il avait reconnu lui-même, dans son voyage de i499> l'exactitude des observations de l'amiral.
(i) Par lettres-patentes du 5 mars lAgS, Henri Vil accorda à Jean Cabota et à ses fils Louis et Sébastien la liberté de naviguer sur toutes les mers, sous le pavillon anglais. Il leur permit de former des établissements et de construire des forts, avec privilège exclusif de commerce. (Hackluyt, Th<> principal navigations, voyages and discovcrics of the engllsli nation, London, 1099.)
(2) Il y a dans Hackluyt un curieux récit de ce voyage par Sébastien lui-même. Il était i)arli au commencement du printemps de 1^496, dans l'intention, dit- il, de chercher un })assaga au Catliay et aux Indes par le nord- ouest. A son grand deplaisir, il ne trouva point le passage ; mais il découvrit une terre située vers le cinquante-sixième degré de latitude septentrionale. C'était sans doute le pays qui fut appelé plus tard
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le premier toucLé i:i Terre-Ferme , l'honneur de la découverte appartient à celui qui , en touchant les îles, a révélé à l'Europe l'existence d'un inonde nouveau. C'était donc le nom de Christophe Colomb qui devait rester à l'autre continent. Mais la postérité a confirmé l'usurpation d'Amerigo Vespucci. Ce n'est que dans ces derniers temps qu'on a restitué à quelques îles américaines le nom. à' Archipel Colombien, et qu'une des républiques transatlantiques a protesté pour sa part , en associant le vieux nom de Colomb à sa liberté nouvelle.
Terra de Labrador ( Terre des Agriculteurs ) par le Portugais Gaspard Corlercal. .< Je parvins, continue Cabot, jusqu'à cette partie de la Terre-Ferme qui est appelée aujourd'hui Florida. Là les vivres nous manquèrent, et nous repartîmes pour l'Angleterre. » (Hackluyt,t. III, p. 7.}