‹ Histoire de l'Europe au 16e siècle (volume 2)Chapitre 17 sur 48 · TABLEAU DU NOUVEAU-MONDE · texte numérisé non relu

TABLEAU DU NOUVEAU-MONDE

traits et dans leur conformation une ressemblance frappante avec les Samoyèdes'.

Les langues sont, après l'organisation physique, le signe qui nous trompe le moins sur la différence ou l'identité des races. Or, des analogies nombreuses ont été remarquées entre les divers idiomes del'Amérique septentrionale etles langues du nord-est de l'Asie. Les mots qui expriment les objets les plus frappants de la nature et les premiers besoins de la vie, se retrouvent à peu près les mêmes des deux côtés du détroit de Bérinsr*.

Aux preuves que fournit la physiologie et la linguistique, il faut ajouter celles qui viennent de la conformité des mœurs et des usages. M. A. de Humboldt a fait ressortir les rapports qui paraissent rattacher le système astronomique et religieux des Mexicains à celui des peuples scythiques. Ainsi, dans le calendrier des Atzèques, ancien peuple mexicain, comme dans celui des Kalmouks,les mois sont désignés sous des noms d'animaux\

(i) Hearne, Voyage ù l'Océan du Nord, ap. Malte-Brun, Gcog. universelle, liv. CLXXIII.

(2) Voycii dans Malte-Brun ( Géog. univers., liv. CLXXIII) le tableau de l'cnchainemcnt géographique des langues américaines et asiatiques, d'après les savants travaux de M.M. Smith-Barton , Hervas et Vater.

(3) Iluinboldt, Vues et monuments des peuples indigènes de l'Amérique.

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Enfin on retrouve dans les traditions de certaines tribus américaines une nouvelle preuve de leur origine asiatique. Un des peuples indigènes des Etats-Unis, les Chippeways, racontent qu'ils habitaient autrefois un pays très reculé vers l'ouest; que, chassés par un peuple conquérant, ils traversèrent un vaste lac, semé d'îles et de glaçons; que l'hiver régnait partout sur leur passage. Ces circonstances ne semblent-elles point s'appliquer à une antique émigration de la Sibérie et au passage du détroit de Bering '?

En même temps que la science découvrait tant de rapports entre le nord de l'Amérique et le nord de l'Asie , elle en trouvait quelques-uns entre les peuples de l'Amérique méridionale et ceux de l'Asie orientale, tels que les Japonais et les Chinois. Les quatre principales fêtes des Péruviens coïncident avec celles des Chinois. Les Incas, comme les empereurs de la Chine, labouraient de leurs propres mains une certaine étendue de terrain; et ces quipos ou cordelettes employées par les Péruviens pour conserver la mémoire des événements passés, rappellent un usage usité chez les anciens Chinois*. On découvre jusque dans le

(i) Malte-Brun, Gcog. univ. , loc. cit.

(2) Fischer, Conjectures sur l'origine des Américains, »** Pallas, Nouveaux mémoires sur le Nord, t. III.

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