TABLEAU DU NOUVEAU-MONDE
Mexique des vestiges de civilisation mongole : les pyramides mexicaines ressemblent beaucoup plus à celles de l'Indo-Chine qu'à celles de l'Egypte, et l'on croira difficilement que les Mexicains n'aient dû qu'à leurs propres observations la connaissance de la véritable année solaire, si longtemps ignorée des Grecs et des Romains. Il n'est pas jusqu'aux peuples de l'Océanie et des côtes de l'Afrique qui ne paraissent avoir communiqué avec l'autre continent, puisque l'analyse des langues américaines nous a révélé un certain nombre de mots africains et polynésiens'.
Sans doute ces rapports entre les deux continents, quelque vraisemblables qu'ils soient, peuvent n'être considérés que comme des accidents , comme des exceptions. Ils ne suffisent point, en effet, pour rendre compte du fond même de la population américaine; population dont l'histoire n'explique pas l'origine, mais qui a ses caractères particuliers, et dont plusieurs savants ont fait une race distincte des autres races connues*. Cependant Cuvier, après avoir long-
(i) Tiibleau des langues américaines, cité plus haut.
(a) Colore cuprino; capillonigro, rigidiore, recto et rare; fronle brcvi ; ocidis profundiùs locatis; naso subsinio, attaincu promineute; iuuuiversum facic lalà quidem, malis cminenti-
lOO LIV. I, CHAP. IV.
temps médité sur la question , n'a point affirmé qu'il y eût une race américaine. « Les Américains, dit-il, n'ont pu encore être ramenés clairement ni à l'une ni à l'autre de nos races de l'ancien continent, et cependant ils n'ont pas de caractères à la fois précis et constants qui puissent en faire une race particulière ; leur teint rouge de cuivre n'en est pas un suffisant. Leurs cheveux généralement noirs et leur barbe rare les feraient rapporter aux 3Iongols , si leurs traits aussi prononcés, leur nez aussi saillant que le nôtre, leurs yeux grands et ouverts ne s'y opposaient et ne répondaient à nos formes européennes '. » La science n'a point encore résolu ce grand problème, et substitué au doute de Cuvier une affirmation positive.
A l'arrivée des Espagnols dans le Nouveau- Monde, les populations américaines pouvaient se diviser en deux classes distinctes, les tribus encore barbares et les empires déjà formés. Le gouvernement des peuplades sauvages avait beaucoup
bus,sed non plana et depressâ, verùm partibus ejus, si à latere spectatiir, magis elaboratis et quasi profundiùs exscalptis. Haec varietas reliquae, praeter Eskimotas, Americae incolarum, (Blumenbach, de generis humani varietate. )
(i) Cuvier, Histoire du règne animal, t. I.