‹ Histoire de l'Europe au 16e siècle (volume 2)Chapitre 19 sur 48 · TABLEAU DU N0UVEAT)-M05DE · texte numérisé non relu

TABLEAU DU N0UVEAT)-M05DE

d'affinité avec celui que les historiens attribuent aux Germains et aux Scythes de l'ancien monde. On se rappelle le passage où Tacite dit en parlant des Germains : « Les rois n'ont pas un pouvoir arbitraire ou illimité ; les chefs commandent par leur exemple plutôt que par leurs ordres ; s'ils sont hardis , s'ils se distinguent , s'ils paraissent constamment au premier rang, ils se font obéir par l'admiration qu'ils inspirent \ » Tel était le gouvernement des peuplades américaines. Chaque famille se croyait libre, et, dans chaque famille, chaque Indien se regardait indépendant. Cependant la nécessité leur avait appris à former entre eux une espèce d'association, et à se choisir un chef qu'ils appelaient Cacique\ Poui- obtenir cette dignité, il fallait avoir donné des preuves éclatantes de bravoure ; pour la garder, il fallait être heureux à la guerre et surtout donner beaucoup aux soldats. Le crédit des chefs de tribus, dit un eélierai français qui a fait plusieurs campagnes au Canada, s'élève ou décroît selon qu'ils sont plus

(i) Nec regIbus infinita , aut libéra potestas : et duces exemplo potiùs quam impciio: si proinpti, si conspicui, si ante aciem nf^ant, adnairatioue praesunt. ( C. Taciti Gerraania , cap. Vil. )

(2) Choix de lettres édifiantes sur les missions d'Araériqne ,

igo LIV. I, CHAP. IV.

ou moins généreux et qu'ils veillent plus ou moins bien à tenir chaudière ouverte*.

Le Pérou et le Mexique étaient plus avancés. Là s'était établi ce genre de gouvernement qui succède d'ordinaire à l'état sauvage, le pouvoir absolu du prêtre ou du guerrier. Il est arrivé dans le nouveau continent ce qui est arrivé dans l'ancien: les castes guerrières ont dominé dans le Nord, dans le Midi les castes sacerdotales. Au Mexique , le gouvernement, fondé sur la conquête*, avait

t. VIII, p. i33. — M. Guizot a fait ressortir les rapports des Germains avec les tribus sauvages de l'Amérique, dans son cours de 1829, septième leçon.

(i) Humboldt, Vues et monuments des peuples indigènes de l'Amérique, t. I.

(%) Les tableaux hiéroglyphiques trouvés au Mexique nous ont transmis le souvenir des principales invasions dont ce pays a été le théâtre. La plus ancienne, celle des Toultèques remonte au milieu du septième siècle de notre ère. Au commencement du siècle suivant, l'astrologue Huetmazin composa le livre divin, le Teo-Amoxtli, qui renfermait la mythologie, l'histoire, le calendrier et les lois de la nation (708). Une seconde invasion eut lieu en 11 70, celle des Chichimèques; ime troisième, celle des Nahualtèques en 1 178; enfin celle des Acolhues et des Atzèques en 1196. Tous ces peuples, qui appartenaient à la même famille et qui parlaient la même langue, étaient venus du nord-ouest. Les Atzèques dominaient à l'arrivée des Espagnols, au commencement du seizième siè-

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