‹ Histoire de l'Europe au 16e siècle (volume 2)Chapitre 23 sur 48 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Progrès des découvertes espagnoles. — Magellan. — François Pizarre. — Conquête du Pérou. — Organisation du gouvernement espagnol en Amérique.

La chaîne des Andes, si majestueuse au Chili et au Pérou, se prolonge jusque dans l'isthme qui joint les deux Amériques; là il est une montagne d'où l'on aperçoit, d'un côté, la mer qui baigne l'Europe occidentale, et, de l'autre, celle qui s'étend jusqu'à l'Orient de l'Asie. Un couvent a été fondé dans ces lieux, et le chrétien voyageur peut venir y méditer sur l'immensité de la création. Mais les Espagnols, au seizième siècle, aussitôt que leur regard eut plongé dans la mer du Sud, ne songèrent qu'à s'avancer à la conquête de nouveaux empires et à la découverte de nouveaux trésors.

C'était Xunez de Balboa qui, dès i5i3, avait le premier traversé l'isthme de Darien , et salué le grand Océan. Il y était entré jusqu'à la ceinture, et, au nom du roi catholique, il avait pris possession de cette mer qui remplit une moitié du

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globe. Il apprit alors l'existence du Pérou ; mais les troubles qui agitaient la colonie du Darien , empêchèrent les Espagnols de mettre à profit ces importantes découvertes. Balboa lui-même périt sur un échafaud (i5i7), victime de Pedrarias d'Avila, qui avait été nommé à sa place gouverneur de la colonie.

Pendant les années suivantes, la conquête du Mexique occupa les Espagnols. Mais, taudis que Fernand Cortès entrait vainqueur dans Mexico, un Portugais passait au service de l'Espagne, et, réalisant la pensée de Christophe Colomb, arrivait aux Indes par l'Occident. Ferdinand Magellan, Magallanes , avait servi plusieurs années aux Indes orientales sous le grand Albuquerque ; frustré de la récompense due à ses talents et à son courage, il offrit ses services à la cour de Caslille. Bien accueilli par le cardinal Ximénès et par le jeune roi Charles à son arrivée dans ses nouveaux états, Magellan partit de Séville avec cinq vaisseaux, le loaoùt i'")i9'. Il longea les côtes orientales du nouveau continent, jusqu'au cinquantetroisième degré de latitude méridionale. 11 s'engagea, malgré les murmures de son é(juipage, dansce

(i) Pigafclta (un des compagnons de Magellan), Primo viaggio inloino al ^IoIjo tcrracqiK o, lib. I.

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redoutable détroit auquel il laissa son non» ; il le traversa du 21 octobre au '28 novembre loao, et vit apparaître à ses regards cette vaste mer qu'avait rêvée Colomb. Mais il était plus loin qu'il ne pensait du terme de son voyage : il navigua trois mois et vingt jours, portant constamment au nord-ouest sans apercevoir aucune terre. Enfin il découvrit un groupe d'îles qu'il appela les îles des Larrons, puis un autre groupe qui, plus tard, fut appelé \cs Philippines. Ce fut dans une de ces dernières îles qu'il trouva la mort, en combattant contre les naturels, le 27 avril iSa i *.

L'expédition fut poursuivie malgré la mort de Magellan. Les navires espagnols touchèrent à la grande île de Bornéo, puis à ïidor, une des Moluques, où ils prirent terre, au grand étonnement des Portugais. Ceux-ci ne pouvaient comprendre comment les Espagnols avaient pu aniver aux Indes par l'ouest, et la ligne de démarcation était devenue illusoire. LepapeAlexandre VI n'avait pas songé que la terre était ronde, et que, la ligne étant tracée d'un seul côté, les deux puissances rivales pourraient se rencontrer dans l'autre hémisphère. Des cinq navires de Magellau, un seul, la Fictoria, avait pu résister à un si long voyage: il revint en

(i) PigafeUa, lib. IL

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