‹ Histoire de l'Europe au 16e siècle (volume 2)Chapitre 28 sur 48 · LES PORTUGAIS AU BRÉSIL · texte numérisé non relu

LES PORTUGAIS AU BRÉSIL

OU cinquante lieues de côtes, avec le droit de s'étendre autant qu'ils le pourraient dans l'intérieur des terres. En i549, le roi de Portugal envoya un gouverneur, Thomas de Souza,qui, en bâtissant San-Salvador, donna un centre à la colonie'. Bientôt s'élevèrent les villes de Saint-Vincent, Fernambuco, Rio-Janeiro "; les terres furent cultivées avec succès, et, giàce au travail des nègres amenés d'Afrique, le Brésil devint une des colonies les plus florissantes, long- temps avant que l'on eût découvert ces mines d'or et de diamants qui sont aujourd'hui la principale richesse du pays.

Ainsi les deux puissances catholiques se partageaient le monde maritime, et, la bulle d'Alexandre VI à la main, elles prétendaient enchaîner à jamais l'activité des autres nations européennes. Mais un roi de France avait demandé où était l'article du testament d'Adam (jui faisait une si belle part au roi d'Espagne et à son voisin. Nos marins des côtes de l'ouest avaient fait de bonne heure des expéditions dans les deux Indes. Un capitaine

(i) Raynal, Histoire philosophique et polilique des deux Indes, liv. IX, cliap. 4 et suiv.

(2) Heeren, Manuel de l'histoire des Etats de l'Europe et de leurs colonies, depuis la drcouvcrtc des deux Indes, période I. -

a66 Liv. I, CHAP. VI.

dieppois, savant astronome et excellent hydrogra-* phe, Jean Parmentier , après plusieurs voyages en Orient, mourut en 1629 dans une des îles de l'archipel Indien'. En i5o6, un navire parti de Honfleur et commandé par Jean Denis, avait reconnu une partie des côtes de Terre-Neuve. Deux ans plus tard, un autre bâtiment français, un navire de Dieppe, la Pensée, qui appartenait à Jean Ango, père du célèbre vicomte de Dieppe, aborda au même rivage; et le capitaine de ce navire, Thomas Aubert, y fonda un premier établissement'. Vers la même époque, Denis de Honfleur, celui qui avait visité Terre-jNeuve, toucha le Brésil à un endroit qui n'avait pas encore été découvert par les Portugais.

François 1" qui, dans toutes les carrières, donna une si forte impulsion au génie français, devait encouragei" les expéditions maritimes. En 15^4, le Florentin Jean de Verazzano mit à la voile du port de Dieppe, avec deux navires. Il s'arrêta quelque

(1) Ramnusio, Viaggi , t. III. — Desmarquets, Mémoires chronologiques pour servir à l'histoire de Dieppe et de la navigation française. — Relation manuscrite d'un voyage de Jean Parmentier à l'île de Taprobane, dans l'ouvrage de M.Estancelin sur les Voyages et découvertes des Normands.

(a) Ramnusio, loc. cit. — M. Estancelin, Voyages et découvertes, etc.

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