‹ Histoire de l'Europe au 16e siècle (volume 2)Chapitre 35 sur 48 · ui · texte numérisé non relu

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3a2 LIV. II, CHAP. I.

qu'à la conclusion de ia ligue , le duc d'Orléans s'était tenu renfermé dans Asti; il avait fait taire son ambition personnelle, et, docile aux instructions du roi, il n'avait rien entrepris contre le Milanais. Mais, quand les puissances se furent confédérées contre la France, il n'attendit pas qu'on vint l'assiéger dans Asti : il surprit la ville de Novarre, et jeta la terreur jusqij| dans Milan. Ludovic en appela à ses alliés. On accusa les Français d'avoir donné le signal de la guerre contre des États qui ne s'étaient unis que pour se défendre. Le duc d'Orléans fut Ijientôt cerné dans Novarre, et l'armée de la ligue s'apprêta à disputer à Charles VIII le passage des fleuves de la Lombard ie.

Le roi n'en allait pas plus vite : partout il s'arrêtait pour accepter des fêtes', et, la veille d'un combat qui pouvait anéantir son armée , il s'enivrait encore des voluptés de l'Italie. Arrivé à Pontremoli, au pied de l'Apennin , il consentit à se séparer d'une partie de ses troupes, quand il avait tant besoin de les réunir autour de lui. Le comte de Bresse se rendit dans l'état de Gênes, pour y exciter un soulèvement en faveur des Français ; mais cette expédition n'eut aucun succès, et la

(i) André Delavigne, Journal de Charles VIII.

EXPÉDITION DE CHARLES VIII. 3âlS

llotlê française, qui ra\'ait secondée, fut vaincue dans le golfe de Kapallo, où l'année précédente elle avait été victorieuse'. L'artillerie du roi gravit pénibleméntîesliautèurs de l'Apennin, et bientôt dans ces plaines qu'arrOsént le Pô et seis affluents parut l'armée des confédérés, qui s'élevait à quarante mille hommes. Charles \ III n'avait à lui en opposer ^tife neuf mille.

Les deUx armées étaiëilt campées sur là tivè droite du ïaro, près du bourg de Fornovô. D'après l'ordre du roi, des négociations avaient été entamées parComines, mais sans aucun résultat. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, le désordre des éléments sembla présager le choc des deux âi-mées. Le Taro, grOssi par leâ orages, roulait dans ses flots d'énormes quartiers dé rochers, et la foudi-e retentissait au loin dans les gorgés de l'Apennin '. Le lendemain, la bataille s'engagea. Lfes Français puisèrent une force invincible dans leur situation dés'é'sj^eréé. Le îoi lui-même était au plus fort de la mêlée , et sa noblesse se pressait à l'énvi aUloUl' dé lui. L'armée alliée, conunaudéé par lé marquis dé Mantoiie, t'i-ancois de GonzagUé, avait trop

(l) Agost. Giusliniani, Annali dl Genova, ap. Sisinondi , chap. XCVI.

(a) CoinifKS, cliap. XXXI.

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compté sur la supériorité du nombre. Les Sti-adiotes , ces troupes légères que Venise tirait de la Grèce , au lieu de combattre les Français , s'amusèrent à piller leurs bagages. Charles VIII, résigné à tout perdre hors l'honneur de la journée, fut vainqueur d'une armée quatre fois plus nombreuse que la sienne. De l'aveu des historiens de l'Italie, les alliés laissèrent plus de trois mille morts sur le champ de bataille ; les Français avaient à peine perdu deux cents hommes '.

Le passage était gagné , mais l'Italie était perdue. Le lendemain de la bataille de Fornovo, Ferdinand, déjà maître de Reggio depuis le départ de Charles VIII, rentra dans Naples aux acclamations du peuple , et les Français se réfugièrent dans les deux châteaux qui commandaient la ville. En même temps le duc d'Orléans était assiégé dans Novarre par Ludovic Sforza, et les débris de l'armée vaincue à Fornovo étaient venus se joindre aux assiégeants. Après la bataille, Charles VIll s'était dirigé sur Plaisance, et de là sur Asti, partout bien accueilli par les Guelfes, grâce à l'influence (|ue ïrivulzio exerçait sur ce parti'. Lorsqu'il fut arrivé à Asti, il reçut un message du

(i) Guicciardini, lib. II.

(a) Guicciardini, loc. cit.

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