‹ Histoire de l'Europe au 16e siècle (volume 2)Chapitre 41 sur 48 · FRA.UÇ01S I" EN ITALIE · texte numérisé non relu

FRA.UÇ01S I" EN ITALIE

précision: le rocher fut entamé par le milieu; et l'armée, introduite au bout de huit jours dans le marquisat de Saluées, admira ce que peuvent l'industrie, l'audace et la persévérance'.» Tandis que le roi entrait ainsi dans le Piémont à la tête du principal corps d'armée, plusieurs divisions françaises débouchaient par d'autres vallées, et bientôt la Lombardie entière fut envahie.

François F' avait à combattre en Italie le pape, l'empereur , les Suisses et les Esp:ignols. Mais Maximilien n'avait point encore envoyé d'armée au-delà des Alpes , et Venise était l'alliée de la France. Le roi comptait aussi sur le nouveau doge de Gènes, Oclavien Frégose, qui avait conclu un traité secret avec le connétable de Bourbon, et qui devait livrer aux Français les passages de la Ligurie'. L'armée vénitienne, commandée par l'Alviano, tenait en échec l'armée espagnole ainsi que les troupes romaines et celles de Florence, qui suivaient le parti du pape \ Le roi ne devait donc avoir affaire qu'aux Suisses; mais son plan était d'empêcher leur jonction avec les Espagnols.

(1) Gaillard , UUt. de François P', première partie, liv. I , cliap. I.

(2) P. Jovii, Hist. sui teinporis, lib. XV. {'^) Guicciardiiii, lib. XII.

Les Suisses étaient dans Milan, et les Espagnols de l'autre côté du Pô. François 1" vint s'établir à Marignan, sur la route de Milan à Plaisance, à dix milles de Milan, à trente milles de Plaisance. L'Alviano occupait Lodi, sur l'Adda, à dix milles en arrière de Marignan.

Le i3 septembre, le cardinal de Sien, qui commandait pour le pape, fit sonner le tambourin, et harangua les Suisses du haut d'une chaire qu'il s'était fait dresser h Milan sur la place même du Château '. Il engagea l'armée à combattre les Français avec vigueur, et, dans son discours, il mêla bizarrement les intérêts spirituels de l'Église aux souvenirs guerriers de la bataille de Novarre. Bientôt on entendit les cornets d'Uri et d'Underwald, qui jadis avaient appelé les cantons à la liberté, et qu'on gardait pieusement pour donner le signal des batailles. Quand les Suisses atteignirent les avant-postes français, il ne restait plus que deux heures de jour. La pique basse et les rangs serrés, ils s'avancèrent sur l'artillerie; le roi les chargea lui-même plusieurs fois, à la tête de ses gentilshommes et de ses gendarmes. « Par cinq cents et par cinq cents, dit-il dans une lettre à sa mère, il fut fait une trentaine de belles charges;

(i) Sismondi, chap. CXII.

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