‹ Histoire de l'Europe au 16e siècle (volume 2)Chapitre 9 sur 48 · ALPHONSE D ALBUQUERQUE · texte numérisé non relu

ALPHONSE D ALBUQUERQUE

point de part à ce débat, et il fallut que le Soudan se contentât des secours des Vénitiens.

les rois de la péninsule espagnole ont aboli l'islamisme dans leurs Etats. « Fernandam, Aragoniae regem, Hispaniam Baeticam armis invasisse, et Saracenos, qui eam possidebant, partim crudeliter occidisse , partim omnibus bonis cversos in exilium compulisse, et eos qui domi rcraanserant durissimo dominatu oppressisse, et, quod multo gravius erat, eosper vim ut Christi religionem susciperent coegisse. » Le Soudan établit ensuite le principe de la liberté religieuse, d'une manière plus philosophique qu'on ne serait en droit de l'exiger d'un musulman, au xvi« siècle. <e Non licere , nec apud Christianos, nec apud Mahumetanos, malo cogère quemquam, ut eam religionem detestetur in quâ fuerat ab incunabulls enutritus. » Après avoir exposé ce premier grief, le soud<in se plaint du tort que les Portugais font à son. commerce et à sa marine. » Eraraanuclcm, Portugaliae regem , classibus suis Indiam infestam reddere, gravissimasque injurias hominibus qui ex iEgypto et Arabià in Indiam navigabant intulisse, ipsiusque sullani naves cepisse et direptas incendisse. Id autem nullo jure fieri... » Kansoul-al-Gauri menaçait, si le pape n'y mettait ordre, de faire massacrer tous les chrétiens en Egypte et en Syrie, de détruire le tombeau du Christ , et d'équiper une flotte pour ravager l'Europe chrétienne. « Se igitur necem Christianis omnibus qui in regno illius inventi esscnt illaturum, illorumque tenipla et Christi ctiam sepulchrum demoliturum... praeterea sibi esse in anime ingentem classein instruere, quâ niultas Euroj);e regiones maximis delrimentis aniceret... agcrct pontifex cum Emmanuele rege, ne 'vellet arnpliùs classes in Indiam mittere. » ( Osorius, de Rébus Emmanuelis, lib. IV. )

En i5o8, une flotte sort du port de Suez pour lutter contre les Portugais : elle se composait de quatre grands vaisseaux, un galion , deux galères et trois galiotes. Le détroit de la mer Rouge est forcé, malgré la garnison de Socotora; et la flotte égyptienne, ralliant Arabes et Indiens, obtient d'abord quelques avantages sur les Portugais. Pendant qu'une partie de leurs vaisseaux se hâtait d'aller porter en Europe les trésors des Indes, une ligue formidable faillit leur enlever la source même de ces richesses. Lorenzo d'Almeyda perdit la vie dans le combat ; mais son père , qui était encore vice-roi, détruisit la flotte victorieuse. Peu de temps après, François d'Almeyda reçut ordre de transmettre la vice-royauté à Albuquerque, et s'en alla mourir sous les coups des Barbares, près du cap de Bonne-Espérance.

Albuquerque inaugura son commandement par une grande entreprise : il s'empara de Goa (t5io), vers le milieu de la côte de Malabar , et en fit la capitale du nouvel empire portugais'. Puis, négligeant l'île deCeylan, récemment découverte, et toute la côte de Coromandel, il traversa le golfe du Bengale , et s'avança vers la limite du monde

(1) Coinnientaires d'Alphonse d'Albuquerque , part, II, chap. 21 et 22.

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