DES BEAUX-ARTS EK FHÀNCE
composa pour les Minimes de Vincennes. On l'accusa d être protestant, parce que sur un vitrailde Saint-Romain de Sens il avait mis un pape en enfer au milieu des démons.
François Pr fit faire son portrait par le Titien: La plupart de ces souverains que nous avons vus agir dans le seizième siècle, Paul III, Charles-Quint, François ï,r , Soliman, le Titien les vit poser devant lui, et nous a laissé leur portrait. Il a recommencé trois fois celui de Charles-Quint. Un jour, il avait laissé tomber son pinceau en travaillant ( l'empereur le ramassa, et lerendantau peintre : «Le Titien, dit-il, est digne d'être servi par César». Et l'artiste fut fait comte de l'empire. Le Titien appartenait à l'école vénitienne, qui avait été fondée vers l'an i5oo, par Giorgion Barbarelli. Mais nul ne poussa plus loin que le Titien la fraîcheur et la vivacité du coloris. C'est le signe distinctif de l'école vénfc tienne, qui n?a point dégénéré sous le Tintoret* digne élève du Titien.
Un jeune homme de Correggio, voyant un jour un tableau de Raphaël, s'écria : Et moi aussi je suis peintre! et ce jeune homme fut le Corrège; il fonda l'école lombarde vers i5ao, et peignit à fresque le dôme de la cathédrale de Parme1. Ra-
(i) Vasari, t. VA.
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phaël, dont le génie a formé le Corrège et Jules Romain, était arrivé dans le dessin à une perfection inimitable. Ses figures, en reproduisant la beauté des formes antiques, étaient animées d'un souffle divin qui n'appartenait qu'à lui. Tout en ornant Rome de ses chefs-d'œuvre, il avait envoyé à la France saint Michel et la Sainte-Famille ; car c'est une opposition de plus entre les deux plus grands peintres de l'Italie : Raphaël, comme Léon X son patron, était beaucoup mieux disposé pour la France que Michel-Ange; Michel-Ange, passionné pour l'indépendance de l'Italie , aimait les Français comme Jules II \
Mais la carrière de Raphaël devait être courte : il mourut à trente-sept ans, laissant inachevé son plus bel ouvrage la Transfiguration ( 1 5a o J.Michel-Ange, qui l'avait devancé, resta debout après lui. Il était encore dans toute la vigueur de son talent, et il était dans sa destinée d'assister aux funérailles de tous les artistes ses contemporains.
(i) En i52<), Michel- Ange construisit à Florence des fortifications, dont on voit encore les restes. La ville était alors assiégée par les troupes de Charles-Quint et du pape Clément VII. C'était après le traité de Cambrai, qui rétablissait les Médicis, et livrait l'Italie à la discrétion de l'empereur. Plus tard, Alexandre de Médicis voulut faire construire à Michel-Ange une citadelle destinée à opprimer la ville ; il refusa.