DOCTRINE LUTHÉRIENNE
rendre aux moines et aux prêtres la liberté que Dieu a laissée à tous ses enfants.
Luther, poursuivant l'analyse de récriture, prétendit n'y découvrir aucun vestige de certaines croyances adoptées par l'église catholique. Ce fut à ce titre qu'il rejeta Inexistence du purgatoire 1 , quoique la doctrine de l'expiation des âmes eût une antiquité bien antérieure au christianisme luimême. Luther proscrivit cette croyance comme ajoutée aux dogmes catholiques sous le pontificat deGrégoire-le-Grand; il se fondait sur ce qu'au trefpis l'Eglise avait condamné comme hérétiques les Simoniens et les Origénistes, qui admettaient le purgatoire. Au reste, Luther avait été amené à rejeter cette croyance par l'abus même que l'Eglise en avait fait. A cette époque, il n'attaquait plus seulement la vente, mais le principe des indulgences. « Comment , disait-il, une âme peut-elle être sauvée dans cette vie ou dans l'autre par les mérites d'autrui et non par ses propres mérites? » H s'élevait avec force contre les messes privées , c'est-à-dire contre ces messes, payées par les parti-
[ (i) Luther avait dit : Scriptura divin a tota prorsàs nihil ha~ bet de purgatorio. La Sorbonnc condamna cette proposition comme contraire à l'opinion des pères et conforme à l'hérésie des Vaudois : Hœc propositio est falsa, Valdensium errorem fovens ac sanctorum patrum sententiœ répugnons.