GUSTAVE WASA. IO
quelques autres places que les Danois occupaient encore dans la Finlande.
Frédéric, à peine élu roi de Danemarck, s'était fait couronner roi de Suède par l'archevêque d'Upsal, réfugié dans ses Etats. Lui aussi, réclamait l'exécution du traité de Calmar. IL envoya au sénat suédois un ambassadeur chargé de réclamer la couronne de Suède, injustement donnée à Gustave. Celui-ci, sans s'irriter d'une telle prétention, reçut l'envoyé avec magnificence, le fit assister à gne revue de ses troupes, et le fil introduire dans l'assemblée des États, convoqués à Soderka^ping. Il lui fut permis de prendre la parole dans celte assemblée, et de défendre les prétendus droits de Frédéric au trône de Suède. Mais quand il eut fini son discours, l'orateur des États lui répondit en peu de mots que la Suède ne choisissait plus ses rois parmi ses ennemis, que le royaume, sauvé par Gustave, l'avait élu pour souverain, et que ce priuce saurait bien se maintenir malgré les prétentions des Danois. L'archevêque d'Upsal fut déclaré traître à la patrie pour avoir couronné Frédéric, et, dans la chaleur de leur zèle pour Gustave, les États s'engagèrent solennellement à approuver tout ce que ce prince entreprendrait pour défendre son trône \ A dater de ce jour,
(1) Vertot, Hist. des révolution» de Suède
I08 LTV. ÏIÎ, CHÀP. IV.
il ne fut plus question de l'union de Calmar, et la monarchie absolue fut fondée en Suède.
Cependant l'amiral Norbi, retiré dans son ile, prétendait ne reconnaître ni Gustave ni Frédéric. Il avait ouvert dans le port de Visbi un asile à tous les corsaires qui infestaient la Baltique ; lui-même faisait la piraterie en grand, et attaquait tous les navires qu'il rencontrait, à quelque peuple qu'ils appartinssent. Il quitta le pavillon de Christiern, et prit le titre de prince de Gothland. Il se disait ami de Dieu et ennemi de tout le monde, et se vantait insolemment de ne relever que de Dieu et du soleil. Il avait fait des prises considérables sur la république de Lubeck; les magistrats de cette ville réclamèrent auprès du gouvernement suédois. Gustave dirigea une expédition sur l'île de Gothland ; Frédéric lui disputa cette conquête ; mais les deux princes s'en remirent au jugement de la république de Lubeck , et comprirent que leur intérêt commun était de s'unir contre Christiern qui les menaçait tous les deux.
Quand Christiern avait été déposé par les états de Danemarck, il n'avait point cherché à se défendre, quoiqu'il fût encore maître des îles de la Baltique et de la Norvège, que Frédéric eut beaucoup depeineà réduire. 11 s'était retiré dans les Pays-Bas, et avait imploré le secours de Charles-Quint, son