‹ Histoire de l'Europe au 16e siècleChapitre 21 sur 119 · GUERRES DE I :>2 J. I I J · texte numérisé non relu

GUERRES DE I :>2 J. I I J

avait eu à défendre à la fois toutes ses frontières. Les Espagnols vinrent mettre le siège devant Bayonne; njais.Lautrec fit bonne contenance. La garnison était peu nombreuse, mais la population y suppléa. La présence de Lautrec, dit Dubellay, donna une telle assurance aux habitants que tous, hommes, femmes et enfants, mirent la main à l'œuvre1. Les Espagnols sé retirèrent le quatrième jour, et allèrent assiéger Fontarabie. Cette ville, à peine attaquée, se rendit, quoiqu'elle fût pourvue d'une bonne garnison et de tout ce qui était nécessaire à une plus longue défense. Vers la même époque, une armée allemande avait passé la Meuse et s'avançait jusqu'au château de Mon teclair, situé sur une montagne qui domine le cours de la Marne. Mais le duc de Guise vint s'établir à Cliaumont, et força les impériaux à repasser la Meuse. La Picardie avait été envahie en même temps. Les Anglais, secondés par un corps d'impériaux, après avoir pris et saccagé plusieurs villes, étaient parvenus jusqu'aux bords de l'Oise, à onze lieues de Paris. Mais le roi, qui était à Lyon, envoya une partie de sa cavalerie au secours de la capitale. L'hiver et le défaut de vivres découragèrent l'étranger. Enfin La Tremoille multiplia ses

(i) Du Bellay, Mémoires, liv. II.

forces, en les faisant parai ire tour à tour sur tous les points attaqués. Paris et la France furent sauvés.

Ën Italie, les chances de la guerre continuaient de tourner contre les Français. Cependant la mort du pape Adrien VI (i4 septembre) avait été favorable à leur cause. Adrien était délesté en Italie, parce qu'il passait avec' raison pour l'instrument docile de la volonté impériale: La nuit qui suivit sa mort, le peuple orna de guirlandes la maison de son premier médecin, avec cette inscription : Au libérateur de son pays1. Toute la cour de Rome vit sa mort avec joie, parce qu'elle brûlait de voir le Saint-Siège occupé par un Italien, ou du moins par un homme qui connut les affaires de l'Italie et qui défendît ses droits1. Le cardinal de Médicis fut élu pape le 29 novembre, et prit le nom de Clément VIL Ce pontife, qui réunissait dans sa main les forces de Florence et celles des Etats Romains, semblait appelé à délivrer la Péninsule de la tyrannie étrangère. En politique habile, il ne se sépara point d'abord des intérêts de l'empereur, dont l'influence avait contribué à le faire élire. 11 continua même de fournir des secours d'argent

(1) Jov. vita Adrian.

(a) Guicciardini, lib. XV, cap. 3.

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