‹ Histoire de l'Europe au 16e siècleChapitre 29 sur 119 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Captivité du pape Clément VII. — Dispositions de l'Angleterre à Pégard de la cour de Rome. — Projet de divorce de Henri VIII. — Nouvelle campagne de Lautrec en Italie. — André Doria. — Succès et revers des Français. — Traites de Bar-

eclone et de Cambray. — Toute -puissance de l'empereur en Italie. — Affaires religieuses en Allemagne, en Suède, en Danemarck, en Suisse, en France et en Angleterre. — Lutte de Charles-Quint contre les Turcs. — Prise de Tunis.

C'était le signe matériel du triomphe de la réforme que la désolation de cette ville d'où partaient autrefois des ordres pour la chrétienté tout entière. C'était en même temps une victoire pour Charles-Quiut, puisque ce prince était l'ennemi du pape Clément VII, devenu l'allié de la France. Cependant l'empereur, qui excellait à déguiser ses véritables sentiments, feignit de s'affliger de cette victoire, et prétendit toujours que Bourbon avait agi sans ses ordres. 11 poussa même la piété jusqu'à faire prendre le deuil à sa cour, mais sans rabattre un ducat de la rançon du pontife; et comme Clément VII était hors d'état de la

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payer, il coutinua de rester prisonnier dans le château Saint-Ange. Pendant ce temps-là, Florence s'affranchit des Medicis, et reprit sa constitution populaire-, la république de Venise, ainsi que le duc d'Urbin et le duc de Ferrare, s'agrandirent aux dépens des états Romains1»

Les grandes puissances qui s'étaient liguées avec Clément VII ne se hâtaient point de venir à son secours. Le traité qui se négociait depuis plusieurs mois entrelaFrance et l'Angleterre n'avait été signé que le 24 avril. Henri Vïll avait adhéré à la ligue, et s'était engagé à entrer en campagne au mois de juillet, à la tête de neuf raille hommes d'infanterie». Le 6 mai, Rome était prise. En France, on se consola de ce malheur par la joie qu'on ressentit de la mort du connétable de Bourbon. Sa mémoire fut flétrie par arrêt du parlement, et ses biens furent confisqués au profit de la couronne. Cependant François Ier, comprenant que son honneur était engagé à ne point abandonner ses amis, renouvela son alliance avec les Vénitiens, et, le dernier jour de juin, Lautrec partit pour l'Italie avec le titre de capitaine général des troupes de la ligue. Le commandement de la flotte fut confié au

(1) Guicciardiiii, lib. XVIU, cap. 4- (a) Ryraer, Fœdera.

CAUSES DU SCHISME AftGLICAff. 1 6 1

célèbre amiral Génois, André Doria, que le roi de France venait de prendre à sa solde avec huit galères, moyennant mille éeus par mois'.

Henri VMI hésitait encore à lenir ses promesses: au lieu du corps d'Infanterie qu'il devait fournir, il ne \oulut plus donner qu'un subside de trentedeux mille éeus par mois. Le roi d'Angleterre cherchait a ménager le pape; mais la nation anglaise était au fond assez, mal disposée à l'égard de la cour de Home. Depuis le mauvais succès des guerres de France et les désastres de la guerre des deux roses, la misère du peuple ('fait extrême. Le pays produisait à peine assez de froment pour la table des nobles; les classes inférieures de la population se nourrissaient de seigle, d'orge et d'avoine'. Dans un tel dénumenl, la nation devait supprimer, à la première occasion, ces énormes tributs qu'elle payait à la cour de Rome, comme tous les autres peuples calholiques; elle devait regarder avec envie ces grasses abbayes normandes qui dataient de la conquête, qui possédaient des provinces entières, et où la pureté des mœurs s'était conservée en raison inverse de l'accroissement des richesses. Luther

(1) Guicciardiiii, lib. XVIII, cap. 4*

(2) Mac-Culloch, Dictionnary of commerce.

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