‹ Histoire de l'Europe au 16e siècleChapitre 31 sur 119 · ANDRÉ DORIA · texte numérisé non relu

ANDRÉ DORIA

k leurs caprices les convenances locales et les intérêts des populations. Ainsi Gènes, dont la position est si belle sur le golfe qui porte son nom, était, depuis les temps les plus reculés, en possession de commander à la Ligurie; c'était le centre du commerce, des richesses et de la* puissance : les Français voulurent tout changer, et, comme cette ville leur était suspecte à cause de ses fréquentes dissensions, ils prétendirent transporter à Savone la prépondérance commerciale et maritime. Déjà de grands travaux étaient commencés dans cette dernière ville. Doria réclama au nom des Génois : Prince , écrivit-il à François l'r, c'est faire un mauvais usage de la puissance que de remployer à renverser Tordre des choses humaines. » Comme on supposait au roi de France l'intention de tirer beaucoup d'argent des nouvelles relations commerciales qu'il voulait établir a Savone, Doria terminait fièrement sa lettre en disant : « Si les conjonctures mettent Votre Majesté dans le cas d'avoir besoin d'argent, aux appointements qui me sont dus je suis prêt à joindre quarante mille écus d'or1.

Cette offre généreuse blessa lamour-propre de François 1er; les courtisans s'indignèrent, et l'on ne

(i) Sigonius, de vità André* Auri*. — Brantôme, Capitaines étrangers, art. André Doria.

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