‹ Histoire de l'Europe au 16e siècleChapitre 35 sur 119 · DIVORCE DE HENRI VIII. IQI · texte numérisé non relu

DIVORCE DE HENRI VIII. IQI

universités, les voix furent, dit-on, surprises par la ruse ou gagnées à prix d'argent1.

Lorsque Henri VIII eut recueilli, dans le suffrage des universités, comme la monnaie de l'assentiment pontifical qui lui manquait, il s'apprêta à légaliser lui-même son divorce. Déjà le parlement de i53i avait supprimé les anuates et transporté à la couronne la juridiction suprême des affaires ecclésiastiques. Thomas More, ne voulant tremper ni dans le divorce, ni dans le schisme qu'il prévoyait, résigna ses fonctions de chancelier. Clément VII, voyant la crise approcher, cita Henri à comparaître en cour de Rome; mais, au lieu de répondre à cet appel, le roi épousa secrètement Anne de Boleyn. Le 25 janvier i533,degrand matin, ledocteur Rowland Lee, l'un des chapelains du roi, célébra la messe dans un grenier, à l'extrémité occidentale du palais de \\ hite-Hall. On dit que le chapelain avait des scrupules, et que le roi les apaisa en lui faisant accroire que l'autorisation du pape

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gueur durant plusieurs mois. La majorité des docteurs était contraire aux prétentions du roi d'Angleterre; mais, le 2 juillet i53o, on parvint à obtenir, dans une réunion incornplète, la pluralité des voix en faveur de Henri. (Legrand, Hist. du divorce de Henri VIII. )

(i) Nullo nonastu et prece et pretio. (Epist. démentis, ap. Raynaldi Annal, eccles.)

L1V. II f, CHA.P. V.

était déposée dans son cabinet1. 'Mais tout était fini avec Rome, etCranmer, nommé par le roi archevêque de Canterbury prononça la sentence du divorce. Le parlement annula le premier mariage du roi, ratifia le second, et décida que la succession au trône appartiendrait aux enfants de la nouvelle reine.

En se pliant aux passions du roi, le parlement' ne faisait que saisir l'occasion de donner au pays l'indépendance religieuse. 11 déclara le roi chef suprême de l'Église nationale , avec les prérogatives spirituelles du pape, et même le droit de percevoir les dîmes et les annates. Thomas More, déjà enfermé à la tour pour n'avoir pas voulu prêter serment au nouvel ordre de succession, fut condamné à mort pour avoir dit dans une conversation particulière :« Le parlement, n'étant qu'une assemblée politique, n'a point qualité pour conférer au roi des prérogatives spirituelles*. » L'évêque de Rochester, Fisher, fut frappé dans le même temps et pour la même cause. Armé d'un glaive à deux tranchants, il frappait d'un côté ceux qui niaient les dogmes catholiques, et de l'autre ceux qui ne voulaient point reconnaître sa puis-

(i) Sanders, ap. Lhigard.

(a) Lingard, Henri VIII, chap. 3v

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