‹ Histoire de l'Europe au 16e siècleChapitre 38 sur 119 · LIT. 111, C#A>P. TI · texte numérisé non relu

LIT. 111, C#A>P. TI

de, cet OMTrage, il passa encore urç au à vqya#* dans ij« duché 4e ferrure, soit en Franc*, avant de .s'arrêter * Genève, qui devint le centra et comme, le çhef-lîeu de son Eglise.

Qeoèv^ celte antique cité des Allobroges1, çettç ancienne résidence des rois de Bourgogne, faisait partie de l'empire au commencement du seizième siècle. Çlle éta,U soumise au domajue direçt de 90,11 évêque, qui portait le titre de prince, et qui jouissaM du droit de régale; il relevait du duc dç &ivpie, comme le duc de Savoie relevait de Vempereur, ^ais, eri face de ce triple pouvoir, il y avait à Genève une constitution populaire et une $prle de gouvernement républicain. La ville était gouvernée par des syndics et par un conseil dont les membre* étaient à la nomination du peuple, k'çvéque, à son avènement au siège épiscppal, pétait, germent, entre les mains des syndics, de respecter les privilèges de la cité. Mais le prélat ne teu,a^pas toujours son serment, et, de spn côté, la bourgeoisie était assez disposée à étendre ses droits. De là deux partis toujours en présence,

glaive flamboyant, avec ces mots tirés de l'Évangile: Non veni tnittere pacetn sed gludiurn (Spond**, Ahrégé et continuation, des Ann .les ecclésiast. de Baronius, an. 1 535).

(1) Extremum oppidum AUobrogum est, proximuroque l^elyetioru.in. fmibus Geueva ( Caesar, de Bellp. Gallico, lib. I).

ravive. »ii relui du nouvoir et relni de la liberté \j+

mi*i% qui tenait pour Pevéqtie et pour le due dq Savoie, (Vit flétri du non» de Mamekucks ou esclaves. Le seeond, qui voulait le maintien et même le développement des franchises populai* ref*, s'^Uia, en i5iq, avec la ville de Fribotirg, et prit le nom de Eidgenossen ou confédéré» par serment. C'est de là qu'est venu le nom de guenofy quand la querelle religieuse se fut mêlée à la querelle politique'. ' '{ > j -un i oh Ki

La réforme s*in|roduisit à Genève vers i&*t. Lee succès de Zwiugli chus plusieurs canton» Suisses avaient préparé les esprits à la nouvelle doctrine. Mais, dans une vihe française |>ar s* position et par son huilage, eVtait à des français, qu'il était réservé d'accomplir la révolution- relir» gueuse. Guillaume Farel s'y présenta le premier; It eut pour allié naturel , en arrivant à Genève, le parti populaire qui déjà réclamait la liberté* civile. Alors le duc et 1 evêque, qui jadis avaient eu des querelles assez vives sur les (imites de leur pouvoir, se réunirent contre l'ennemi commun, et l'attaquèrent chacun à leur manière: révéqu*, Pierre de Labau me, réduil à quitter lavilleen excommunia les habitants, et le duc vint leur

(i) Spon, Histoire de la ville et de l'état de Genève.

douften Tayaut. Mais les Genevois, qui avaient presque tous adopté la reforme, s'inquiétaient peu ' d'être excommuniés; quant au duc, ils le repoussèrent avec leurs propres forces, et avec les secours qu'ils reçurent du canton de Berne. Cependant Genève ne devait être vraiment libre que par la protection de la France, et il fallait, pour assurer son indépendance, que la guerre éclatât de nouveau entre Charles-Quint et François 1er.

Le roi de France épiait depuis longtemps l'occasion de faire revivre ses prétentions sur le Milanais. 11 cherchait à mettre Sforza dans ses intérêts, en lui persuadant, par l'entremise d'un gentilhomme Milanais, Maraviglia, que la suzeraineté de la France était préférable à celle de l'empereur. L'agent secret de François JP'/ut arrêté, sous prétexte d'une querelle particulière ,. et décapité au mois de décembre i533. Le roi réclama contre cette violation du droit des gens; ni Sforza, ni Charles-Quint ne se préparant à lui donner satisfaction, il résolut d'en appeler aux armes. Mais, soit qu'il ne fut pas encore prêt, soit qu'il attendît pour agir au-delà des Alpes què; l'empereur fût occupé d'un autre côté, il ne commença les hostilités que dans l'été de i535\ Charles-Quint ve-

i) Du Bellay, Mémoires, liv. V.

COUQUÉTB Dl LA SAVOIE. II 3

nait de prendre Tunis, et était encore occupé à consolider sa domination en Afrique. L'armée française, commandée par l'amiral de Brion, envahit tout à coup la Bresse, le Bugey, et pénétra dans la Savoie. Cette dernière contrée est la barrière naturelle de la France au sud-est , et , en cas de guerre avec l'Italie, c'est toujours le premier pays conquis, quand il n'ouvre pas ses montagnes à nos armées. Alors le duc de Savoie, Charles III, était non-seulement le vassal, mais l'allié de Charles-Quint, dont il avait épousé une sœur» D'ailleurs François Ier ne pouvait lui pardonner d'avoir fourni l'argent avec lequel le connétable de Bourbon avait levé les troupes qui triomphèrent à Pavie. Les Français s'emparèrent de Chambéry et de Mont-Mélian; ils n'éprouvèrent de résistance que dans les montagnes de la Tarentaise, et, vers la fin d'octobre, ils parvinrent jusqu'au Mont-Cenis1. Aux premiers mouvements de l'armée française, Genève s'était déclarée indépendante. La nouvelle république abjura solennellement la religion romaine le 27 août i535, et l'on grava sur une table d'airain l'inscription suivante, destinée à conserver, le souvenir de cette révolution : « En mémoire de la grâce que Dieu nous a • » * - t. \ ' . .

(1) Gnichenon, hi»r. de la maison de Savoie.

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fait* d'avoir secoué le joug de l'Anticfirht ttomain, âboli les superstitions» et recouvré notre likei(* pâr là défaite et la fuite de nos ennemis'.)) On se figure aisément quelle fut la colère de Char les^Quint. qutind a son retour de Tunis, après cette triompltaute et chrétienne expédition dont il était si glorieux, il trouva Genève indépendante et réformée, la Savoie conquise, et les Français maîtres des Alpes. Sforfca mourut, dit*on, de peur (û4 octobre), à la pensée <lu choc qui se prépa*raifc. Il ne laissait point de postérité; François f réclama les droits qu'il avait sur le Milanais» èt qu'il n'avait cédés qu'à Sforza ou à ses* enfant $4 Plein de confiance dans la justice de sa causé, il négocia avec Charles-Quint, au lieu de fairè entrer dans Milan ses troupes victorieuses. L'emjVereur» qui ne demandait qu a gagner du temps, reconnut» sans se faire prier, la validité des droits de son ri va I . Ce peu da n t il occu pa le d u ch é , co m me fief i n*» périal, el fit toutes ses dis|w>silions pour s'y main»* tenir 11 prolongea les négociations, sous prétexté de donuer le Milanais à François 1er sans déranger l'équilibre Européen; il proposait d'en accorder l'investiture, tantôt au duc d'Orléans» second fils du roi* tantôt au duc d'Ang ouléme, son troisième fils. Enfin, quand toutes ses mesures furent bien

(1) sp», tut d« &«n*vt, ïi*. n.

pHsèa, il S* ^nclit à Rome, où se* projets devaient éclater. Lte 6 avril 1 536, le vainqueur des Musuhmahs fehtra comme un triomphateur dans la cantate de la Chrétienté. Pour donner Un passante plùfc librfe à son eortége, on élargit les rués, et* ft&lgré lës sîhistfes pressentiments dù pèiiplê, bfc ëftteVâ tes ruines d'un ancien temple dè là pkik. Pciur faire honneur à son hôte, lè jiapè Pàtd Ilïj (jui èn i534 avait succédé à Clément Vil, teVa u& itti'pfc* extraordinaire sur h population Romaine1.

Lëfc envois du roi de FYan.ee demândâiênt» à* nbm de tait maître, une réponse définitivé su* tes àftaWés du Milanais : Charles-Quint promit de là dbnïïèr én plein consistoire. Ko effet, des le lendemain, au Vatican, en présence du pape et dfcs cardinaux, devant tous les ambassadeurs étrangers qui avaient été convoquas pour la eéréfttottiè, il s* lève; il commence son discours, qui

était préparé d'avance* par Uh pompeux éloge de là pal* et par un lieu commun sur les horreurs

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(i) Rabelais était à Rome eu 1 516 , il assista à la cérémonie. .C'était pitié, écrivait il en France, de voir les ruines des églises, palais et maisons que le pape a fait démolir pour complaner le chemin à l'empereur; et pour les frais du reste, a taxé pour leur argent, messieurs lès cardinaux, lès Ortîeiets et courtisans, les artisan» de la ville et jusqu'aux aquarois . (Lettres de Rabelais, annotées par M. de St« Marthe ).

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de la guerre. Il accuse l'insatiable ambition du roi de France, comme s'il était lui-même un modèle de désintéressement, et, après une longue suite d'invectives et de récriminations , il provoque François 1er à un combat singulier : « Quels que soient, dit-il, les motifs qui nous séparent, ne prodiguons pas le sang de nos sujets; décidons notre querelle d'homme à homme et à nos risques et périls, dans une île, sur un pont ou à bord d'une galère au milieu d'un fleuve; que le duché de Bourgogne soit mis en dépôt, de sa part, et celui de Milan, de la mienne, et qu'ils soient le prix du vainqueur. Unissons ensuite les forces de l'Allemagne, de l'Espagne et de la France, pour abaisser la puissance ottomane et pour extirper l'hérésie du sein de la chrétienté. Mais si François refuse de terminer ainsi tous nos différends, alors rien ne pourra m'empécher de pousser la guerre jusqu'à ce qu'un de nous deux soit réduit à n'être que le plus pauvre gentilhomme de ses états. Je ne crains pas que ce soit à moi que ce malheur arrive; et si mes ressources n'étaient pas plus solides que celles du roi de France, j'irais à l'instant, les bras liés, la corde au cou, me jeter à ses pieds et implorer sa pitié V»

(i) Sandoval, ap. Robertson, lnr. VI.— -Mémoires de Martin du Bellay, IW. V.

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