REVOLTE DES GANTOIS
fort négligés dans les paroisses. Ce fut là qu'il donna J'éditde i5'3(j, (jui ordonnait que les arrêt? des cours souveraines fussent désormais écrits en français. Jusque-là ? on les avait rédigés en latin A la même époque, le besoin d'argent fit établir la loterie royale, qu'une loi bienfaisante a récen^ nient abolie.
Le roi de France était donc livré fout entier à l'administration intérieure de ses étals , quand les Gantois lui proposèrent de se donner à lui. Nonseulement il refusa, mais il communiqua tout à l'empereur. Charles-Quint profila de la loyauté de François l'r, et lui demanda la permission de passer par la France pour aller châtier la révolte des Pays-Iîas; il promettait que l'affaire du Milanais s'arrangerait à la satisfaction du roi. La plupart des ministres voulaient qu'au moins on exigeât de l'empereur une promesse écrite pour l'investiture du duché de Milan. Le connétable de Montmorency insista pour qu'on se contentât d'une parole \erbaJe, et cet avis fut adopté. On connaît le inot attribué à Triboulet. La France
accueillit son hôte avec magnificence. Le roi vint
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(1) En 128;, l'empereur Rodolphe Ifr avait ordon/ie', dans la diète de Nuremberg, qu'on rédigeât désormais les actes en allemand.
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à sa rencontre jusqu'à Châtelleraut. A Àniboise, à Blois, à Orléans, partout on célébra des fêtes sur son passage. Le connétable de France marchait devant lui, l'épée nue comme devant le roi. François 1er lui avait cédé jusqu'au droit de grâce : dans toutes les villes qu'il traversait, il délivrait les prisonniers. Mais, malgré tous ces honneurs, il n'était pas très rassuré. A Amboise, au milieu d'une fête, le feu prit à une tapisserie, et, en un moment, la salle fut si remplie de fumée que l'empereur faillit être étouffé. On n'a jamais su ni la cause, nijes auteurs de cet incendie. Mais, dès ce moment, l'empereur sentit que l'air de France n'était pas bon pour lui , et il vit partou t des pièges cachés. Un jour le duc d'Orléans, jeune prince fort gai et fort agile, sauta sur la croupe de son cheval et s'écria : « Votre majesté impériale est mon prisonnier.» Ce mot fit tressaillir l'empereur, qui s'efforça de rire. Une autre fois, le roi lui dit en lui montrant la duchesse d'Étampes, qui avait tout pouvoir sur les volontés royales : « Voyezvous, mon frère, cette belle dame? Elle est d'avis que je ne vous laisse point sortir de Paris que vous n'ayez révoqué le traité de Madrid. » L'empereur répondit froidement : « si l'avis est bon j il faut le suivre; » mais il mit la duchesse d'Étampes dans ses intérêts. Le lendemain, comme il allait