‹ Histoire de l'Europe au 16e siècleChapitre 51 sur 119 · VICTOIRE DE CHABLES-QUINT · texte numérisé non relu

VICTOIRE DE CHABLES-QUINT

tuité- Sur l'article de la religion , il fut inflexible, et Charles-Quint n'insista point. L'empereur donna à son allié, Maurice, l'électoral de Saxe, excepté Gotha qui fut laissé à l'électeur déchu

Voyant la Saxe conquise, le landgrave de Hesse se rendit sans combattre; il paya cent cinquante mille couronnes pour les frais de la guerre, démantela ses places fortes, livra son artillerie, et abandonna tous ses Etats à la discrétion de l'empereur. Il se mit à genoux devant ce monarque et implora son pardon, en présence d'une cour nombreuse; mais n'ayant pas même obtenu la faveur de baiser la main impériale, il ne se releva que pour aller en prison, et fut condamné, comme l'électeur de Saxe, à une détention perpétuelle, malgré les représentations de Maurice lui-même, sur la foi duquel il avait fait sa soumission. Ainsi il ne restait plus rien de cette ligue protestante qui avait paru si formidable, et l'Allemagne tout entière semblait prosternée aux pieds de Charles- Quint.

L'empereur avait triomphé de ses ennemis, mais au profit de qui avait-il vaincu? Etait-ce au profit du pape et de l'Eglise catholique, au nom de

(i) Sleidan, Comment., lib. XIX.— D am ou t , Recueil de Traité*, t IV.

laquelle il avait paru prendre les armes? Non; il est facile de le voir à la manière dont il traite les vaincus; il les écrase de tout le poids de son orgueil, il les épuise d'hommes et d'argent, il leur enlève la possession de leurs terres et jusqu'à l'ombre de la puissance politique. Mais, en ce qui concerne la religion, il est beaucoup plus tolérant. Il ordonne, il est vrai, le rétablissement du catholicisme; mais il ne parait point disposé à se faire le soldat du concile et l'exécuteur de ses hautes-œuvres. Sa religion, c'est la raison d'Etat: pour lui, la véritable question , c'est de combattre la féodalité allemande, qui avait pris le luthéranisme pour drapeau; c'est d'assurer à la fois l'unité de l'Allemagne et sa prépondérance personnelle. C'est donc l'empereur et non l'Eglise qui a vaincu à Muhlberg.

Cependant, comme il fallait une solution aux querelles théologiques qui divisaient l'Allemagne, Charles-Quint se chargea de la donner. Le concile de Trente était interrompu par suite des démêlés de l'empereur avec le pape. Paul III avait transféré l'assemblée à Bologne; mais trente-quatre évêques seulement avaient accompagné les légats dans cette dernière ville1. Tous les prélats espa-

(1) Le 10 septembre i547, Pierre-Louis Farnèse ayait été

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