CHAPITRE VIII
Rupture de iatrèVe de Vaocellea. L'Angleterre s'unît à l'Espagne contre la France.-— - Avènement d'Elisabeth.-^- Traité de Càteau-Cambresis. — De la réforme en France sous « Henri II. — François II. — Conjuration d'Amboise. — Avede Charles IX. — Retour de, Marie Stuart en Ecosse. KriOx. Fondation de l'Église presbytérienne. — Insurrection des Pays-Bas. — Mort de don Carlos. — Destruction des Maures en Espagne. - — Guerres de religion en France, depuis le tumulte de Vassy jusqu'à la paix de Saint - Germain. — Retour sur l'histoire des Etats du Nord et de l'Orient. — Conquête de Chypre par les Turcs. — BataUle de tenante.
4u moment où Charles-Quint descendait du trône et allait consacrer le reste de ses jours à la contemplation et à la prière, le pape Paul IV, qui avait passé les plus belles années de sa vie dans on cloître, agitait l'Europe de ses intrigues, et abandonnait sa vieillesse au démon de l'ambition. Charles-Quint; avant 4e s'enfermer dans le couvent de Saint-Just , a^ ait conclu la trêve de Vaucelles ; Paul IV rêvait, au Vatican, la continuation
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de la guerre, et pressait de, tous ses vœux l'arrivée d'une nouvelle armée française en Italie. Le duc de Guise passa les Alpes avec une armée de vingt mille hommes, pendant l'hiver de i557- Reçu dans Rome en triomphateur, il, ne trouva pas les préparatifs de guerre aussi avancés que
Paul IV l'avait promis. Les troupes pontificales étaient en fort petit nombre , et manquaient à la fois d'argent et de provisions. La république de Venise gardait une prudente neutralité; les autres Etats de l'Italie se liguaient ouvertement en faveur de Philippe H, ou formaient des vœux secrets * pour le succès de ses armes. Le duc de Guise, quoique réduit à ses propres forces, marcha sur Naples, et ouvrit la campagne par le siège de Civitélla, sur la frontière du royaume. Obligé de se retirer après lin siège de trois semaines, il chercha à provoquer le duc d'Albe à une grande bataille; mais le général espagnol s'oostina à rester dans ses retranchements , et laissa la famine et les maladies détruire insensiblement l'armée fratiçaise1. . . «
Philippe II, voyant la trêve rompue; avait levé une armée dans les Pays-Bas. Au mois de mars i557, il ^tok retourné en Angleterre, non^lpas
(i)Robertso»,IiY. XBL
BATAILLE DE SÀUfT-QUENTIN. 333
tant pour revoir Marie, qui se plaignait de son absence, que pour entraîner Ja nation anglaise dans la lutte contre Henri 11. La guerre fut décidée par le parti catholique, c'est-à-dire contre le vœu de la majorité du pays. Le comte de Pembroke arriva bientôt sur le continent à la tête de sept mille Anglais', et le commandement de l'armée combinée, qui s'élevait à quarante mille hommes, fut donné à Emmanuel-Philibert, duc de Savoie. Philibert, après avoir menacé Marienbourg, Rocroy et Guise, investit tout à coup la ville de Saint- Quentin. Le connétable de Montmorency vint au secours de la place, mais il fut vaincu. Plus de trois mille Français restèrent sur le champ de bataille, et dans ce nombre on compta le duc d'Bnghien, prince du sang, et six cents gentilshommes. Le duc de Montpensier, le duc de Longueville, le maréchal de Saint-André, trois cents gentilshommes et plus de quatre mille soldats furent faits prisonniers. Le comte d'Egmont, qui devait périr plus tard dans les troubles des Pays-Bas, commandait la cavalerie espagnole à la
(1) Pour équiper cette armée, la reine leva un emprunt par lettres du sceau privé, datées du 3i juillet i557 : certains gentilshommes de divers comtés devaient fournir une somme de cent livres chacun, que la reine s'engageait à rendre au mois de novembre suivant. (Strype, ap. Lingard. )
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bataille do ftaittt-Quentin ; o'était lui qui a**it •*
la plus belle part à la gloire de la journée1.
Apres la bataille, Philippe II, qui était resté à Cambrai , vint rejoindre son armée victorieuse au camp sous Saint-Queotin. Le duc de Savoie était d'avis de marcher droit sur Paris \ mais Philippe, plus timide, préféra continuer le siège de Saint- Quentin. La ville, héroïquement défendue par IV mirai de Coligny, résista jusqu'au 27 août*. L'armée anglo-espagnole occupa Saint-Quentin, Ham, Noyon et le Catelet. Mais Henri II avait eu le temps de pourvoir à la défense dé la capitale, et bientôt le duc de Guise, qui avait sauvé Met£ quelques années auparavant, rappelé d'Italie pour être nommé lieutenant générai du royaume, fut assee habile et assez heureux pour arréteHes progrès
(1) Les Anglais protestants, réfugiés sur le continent, virent avec déplaisir la victoire de la reine catholi cjue a Satltt** Quentin. Goodman, dans son traité Comment obéir et désobéir, parle avec colère des réformés qui avaient combattu ce jourlà pour complaire à cette autre Jézaèel. « L'Évangile vous «t-il donc enseigné à être les me urtriers volontaires de vousmêmes et de vos frères, plutôt que les loyaux défenseurs du peuple de Dieu, de votre pays, de vos foyers?
(a) Discours de Gaspard de CoJigny, où sont sommairement contenues les choses qui se sonJt passées durant le siège de Saint-Quentin^ en i557- *