PRISE SE CALAIS
de la nouvelle invasion. Le pape, se voyant sang rif>pui après le départ des Français, traila avec Phi- ' lippe II par l'intermédiaire des Vénitiens et de Corne de Médicis. Le duc d'Albe vint, au nom du roi d'Espagne, demander pardon au Saint-Père d'avoir envahi le patrimoine de l'Eglise. Ainsi, selon la remarque de Robertson , c'était le vainqueur qui s'humiliait devant le vaincu. Par un autre traité, Philippe II rendit au duc de Parme, Octave Farnèse, la ville et le territoire de Plaisance, dont Charles-Quint s'était emparé en 1 547- La république de Sienne, qui avait mis sa liberté sous la protection de la France, fut réunie à la Toscane.
Le duc de Guise ne se contenta point de fermer l'intérieur de la France aux Espagnols et aux Anglais. Après avoir dirigé plusieurs attaques simulées sur différentes \illes de la frontière de Flandre, il se porta tout à coup sur sa gauche, et investit Calais avec son armée, Calais qui depuis plus de deux siècles appartenait à l'Angleterre. C'était en plein hiver, au commencement de janvier i558. La place était mal défendue. Comme les environs de Calais étaient inondés pendant Thiver , et que les marais qui entouraient la ville devenaient alors impraticables, les Anglais avaient coutume de rappeler la plus grande partie
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de la garnison vers la fin de l'automne et $e ne la renvoyer qu'au printemps. Le duc de Guise poussa le siège avec une incroyable célérité ; dès le pre- " mier assaut, il prit le fort Sainte-Agathe; trois jours après, il prit celui de Newnham - Bridge ; il s'empara ensuite du château qui commandait le port; enfin le neuvième jour la ville était prise, et toute la France saluait le duc de Guise comme son libérateur1. Vers la même époque, la France resserrait son alliance avec l'Ecosse. Le 24 avril 1 558, Marie Stuart épousa le Dauphin François, et, au moment où le mariage se célébrait à Paris, les Ecossais envahissaient le Northumberland. Au milieu de ces événements, tous favorables a la France, la triste reine d'Angleterre, haïe de son peuple et délaissée de son époux, mourut avec la douleur d'assister à la décadence de l'Angleterre* et de prévoir le triomphe de la réforme (24 novembre i558). Elle laissait le trône à Elisabeth, qui devait relever l'Eglise anglicane.
(1) De laChastre, Mémoire sur la prise de Calais et de Thionville. — Discours delà prise de Calais, publié' à Tours en i558, dans les Archives curieuses de l'histoire de France, t. III. i
(2) La prise de Calais fut un coup de poignard pour la reine, et elle déclara sur son lit de mort que si l'on ouvrait son cœur, on y trouverait le mot Calais profondément grave. (Godwin, ap. Liogard).
PAIX DE CA.TEAtNCA.BfBH.ESl S.
Le duc de Guise avait continué la guerre après le mariage du dauphin ; il avait pris Thionville, dans le duché de Luxembourg; mais cet avantage avait été compensé par la bataille de Gravelines, que l'armée espagnole, aidée de la flotte anglaise, avait gagnée sur le maréchal de Thermes. Cette victoire, dont l'honneur appartenait encore au comte d'Egmont, força le duc de Guise d'abandonner le Luxembourg pour défendre les frontières de Picardie. Philippe et Henri vinrent se mettre à la tête de leurs soldats, et l'Europe attendait une bataille décisive entre les deux rivaux. Mais les deux armées restaient immobiles; les peuples aspiraient à la paix , et bientôt les négociations s'ouvrirent dans l'abbaye de Cercamp. Comme on discutait sur les bases du traité , on apprit la mort de Charles-Quint. Ce prince venait d'expirer dans le couvent de Saint-Just, le ai septembre i558, après avoir assisté vivant à ses propres funérailles'. Mais cet événement fit peu de sensation : Charles-Quint était mort pour l'Europe le jour où il avait abdiqué.
Après plus de six mois de négociations, la paix fut conclue à Câteau-Cambresis. Deux traités furent signés : l'un, le a avril, entre la France et TAn-
(1) Strada, de Bello Belgico, Hb. I.