‹ Histoire de l'Europe au 16e siècleChapitre 61 sur 119 · DE LA RÉFORME SOUS HENRI II · texte numérisé non relu

DE LA RÉFORME SOUS HENRI II

La minorité du parlement réclama, devant le roi, la liberté de conscience jusqu'au prochain concile. Un des conseillers, Henri Dufaur, dit au cardinal de Lorraine, comme autrefois Elie à Achab : a C'est vous qui tourmentez Israël. » Anne Dubourg, conseiller-clerc, en défendant les protestants, osa porter ses censures jusque sur la conduite privée du roi. « Sire, je sais qu'il est certains crimes qu'on doit impitoyablement punir, tels que l'adultère , le blasphème et le parjure; mais de quoi accuse-t-on ceux qu'on livre au bras du bourreau? de lèse-majesté? jamais ils n'ont omis le nom du prince en leurs prières. De quelle révolte peut-on les convaincre d'être auteurs? Quoi ! parce qu'ils ont découvert, par les lumières des saintes Écritures, les grands vices et les honteux défauts de la puissance romaine, parce qu'ils ont demandé qu'on y mît ordre, est-ce une licence digne du feu1?» Anne Dubourg et Dufaur furent saisis en plein parlement par le comte de Montgommery, capitaine de la garde écossaise. Trois autres conseillers furent arrêtés le même jour, et le roi ordonna qu'on instruisît leur procès. Vingt

(i) La confession de foi d'Anne Dubourg, conseiller au parlement de Paris, son interrogatoire et son procès, pamphlet huguenot, publié à Anvers en i56i et cité par M. Capefigue, Hift. de la Réforme, t. II.

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jours après, Anne Dubourg était prisonnier à la Bastille j au pied de l'antique forteresse, on célébra un tournoi en l'honneur du mariage des princesses Elisabeth et Marguerite, et le roi, qui prenait part à ces jeux, tomba blessé à mort de la main de Montgommery.

Le parti catholique triomphait avec les Guise par l'avènement de François II. Dubourg , en sa qualité d'ecclésiastique, fut traduit devant l'inquisition , qui était présidée par l'évêque% de Paris , Dubellay, et dont faisait partie un nommé Mouchi, espion du cardinal de Lorraine. Dubourg, qui réclama vainement le droit d'être jugé par ses pairs, c'est-à-dire par les chambres du parlement assemblées, fut déclaré hérétique et dépouillé de ses habits sacerdotaux par le tribunal ecclésiastique. Puis il fut livré au bras séculier, c'est-à-dire à des commissaires désignés par ses ennemis; cette commission prononça la sentence de mort. Dubourg entendit son arrêt avec calme et résignation : « Eteignez vos feux , dit-il à ses juges, renoncez à vos vices, convertissez-vous à Dieu.» 11 fut exécuté en place de Grève, la veille de Noël i559- Le comte Palatin avait écrit au roi pour lui sauver la vie. Quelques jours avant le supplice, le 12 décembre, entre cinq et six heures du soir, un président du parlement qu'on suppo-

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