EGLISE ANGLICANE
rifie dans son histoire de l'avoir un jour tellement humiliée qu'elle fôndit en larmes.. Elle ne put parvenir ni à adoucir cet homme, ni à l'effrayer. Cité devant le conseil, il se défendit avec arrogance et fut renvoyé absous: il avait derrière lui le peuple, le clergé nouveau et la plus grande partie des nobles.
Elisabeth, qui s'unissait en Ecosse au parti presbytérien, l'avait sévèrement réprimé en Angleterre. Dès l'année 1 55g, elle avait fait abroger par le parlement les statuts passés sous Marie pour le rétablissement du catholicisme. Elle avait fait revivre la plupart des actes de Henri VIII en faveur de la suprématie, et ceux d'Edouard VI en faveur de la réforme. En opérant ces changements, la reine n'avait fait que réaliser le vœu du plus grand nombre; car si la plupart des évêques montrèrent d'abord quelque répugnance pour la révolution, dans le clergé inférieur, qui comprenait environ dix mille paroisses, il n'y eut pas plus de deux cents opposants. Alors fut établie la cour de haute commission, qui devait juger les délits ecclésiastiques, et dont la juridiction devait exciter plus tard de si énergiques réclamations. Au mois de janvier 1 56a , le bill des trente-neuf articles fut adopté : c'était la base du culte national. A dater de cette époque, l'Eglise anglicane ou haute
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église fut définitivement consti'.uée. Les évêques qui consentirent à s'y rattacher conservèrent, avec leurs immenses revenus, leurs privilèges politiques et leur siège au parlement1.
La reine d'Angleterre était en correspondance avec le prince de Condé et les protestants français, auxquels l'édit de janvier avait rendu la liberté. François jde Guise, qui comptait sur l'appui du roi d'Espagne, donna le signal de la guerre par Je massacre de Vassy. Le i" mars, plus dé soixante huguenots furent tués dans leur temple, sous prétexte qu'ils avaient troublé par leurs chants l'office romain que célébrait le chapelain du duc de Guise. Le chef de la maison de Lorraine s'avança rapidement sur. Paris, où tout était préparé pour le recevoir. L'année précédente, il avait conclu avec le connétable de Montmorency et le maréchal de Saint-André l'alliance connue sous le nom de triumvirat, Catherine de Médicis se retire à Melun, puis à Fontainebleau. Le duc de Guise, sans lui donner le temps de s'entendre avec le prince de Condé, marche droit à Fontainebleau, et la ramène captive avec son fils. Les triumvirs lui présentent alors leurs requêtes, qui deviennent des lois. «Nous estimons nécessaire que le roi, par
(f ) Linpard, Uist. d'Angleterre, t. VII, chap. j.