TRIUMVIRAT
édict perpétuel, déclare qu'il pe veut et n'entend autlioriser, approuver, ny souffrir en son royaume aucune diversité de religion, ny d'église, prédications et administrations de sacrements : ains veut et entend la seule église catholique, apostolique et romaine1. » Cette requête était d'autant plus impérieuse qu'elle exprimait les sentiments de la population parisienne. On demandait à grands cris la clôture des prêches, l'exil ou la mort des huguenots. « Le peuple désignoit le nom de ceux qui dévoient vuider la ville; s'ils ne le faisoient pas, il vouloit les piller et saccager*.» Le roi de Navarre avait trahi son parti, et s'était joint aux triumvirs. Cependant L'Hospilal n'avait pas perdu l'espoir de prévenir la lutte, et Catherine, prisonnière des catholiques, négociait avec les chefs protestants.
Le prince de Condé, après avoir vainement attaqué les faubourgs de Paris avec une armée de six mille hommes, s'était replié sur la Loire, et avait fait d'Orléans le centre de son parti. Il conclut un traité avec Elisabeth (juillet i5x6a ). La
(i) Requeste présentée au roy et à la royne par le triumvirat, i56a.
(a) Registres du parlement et de l'Hôtel-de-Villt, cite's par M. Capefigue, Hist. de la Réforme, t. II.
366 liv. m, chai», viîî.
reine d'Angleterre s'engageait à avancer la somme de cent mille couronnes , et à envoyer une ar* mée de six mille hommes sur les côtes de Normandie, mais à condition que- le Havre-de-Grâce lui serait livré comme caution. Les calvinistes étaient maîtres de Rouen; mais les catholiques . vinrent assiéger la place, et s'en emparèrent \ Le roi de Navarre avait été blessé à mort dans la • tranchée. La ville fut pillée pendant huit jours, et l'armée victorieuse ne ménagea pas plus les catholiques que les protestants, ta guerre civile était engagée à la fois sur plusieurs points du royaume, en Bourgogne, dans le Lyonnais, en Provence et en Dauphiné. Dans le Midi la lutte était encore plus acharnée : Montluc, du côté des catholiques, et le baron des Adrets, du côté des . huguenots, faisaient assaut de cruauté. Mais il ne s'était point encore livré de grandes batailles. Le duc de Guise voulait en finir par une action décisive : le 19 décembre, il vainquit le prince de . . *
(i) L'Hbspital, qui avait fout fait pour prévenir la guerre, cherchait à en amortir les coups. « Le duc de Guise disoit qu'en vingt-quatre heures il eust pris la ville d'assaut si le roy eust voulu ; mais le chancelier de L'Hospital insistait toujours qu'il ne la falloit forcer, et que c'estoit une mauvaise con- . queste que de conquérir sur soy-mesme par armes, » ( Castelnau, liv. III, chap. 1 3.)