‹ Histoire de l'Europe au 16e siècleChapitre 68 sur 119 · DON CARLOS · texte numérisé non relu

DON CARLOS

était ne avec une infirmité physique et morale que la violence de ses passions avait pu fait e dégénérer en folie. L'Infant ne cachait point la haine qu'il portait à son père. In jour, on l'avait entendu dire: u Parmi cinq personnes auxquelles je veux beaucoup de mol, mon père est le premier; Ruy Gomès vient ensuite. » « Personne n'ignore, dit Fourquevaulx dans ses dépêches à la cour de France, qu'aux dernières fêtes de Aoèl don Carlos n'a pas reçu la communion et n'a pas pris part au jubilé, parce que, ne voulant pas renoncer à ses haines, il n'a pas reçu l'absolution de son confesseur... On va jusqu'à prétendre qu il méditait un atteutat contre son père. » L'ambassadeur ajoute que don Carlos avait conçu une violente jalousie contre don Juan d'Autriche; que, le soir du 17 janvier, à l'Escurial, il lavait attiré dans un endroit écarté, et avait tenté de le tuer d'un coup de pistolet. Ce fut celte dernière circonstance qui décida Philippe II à faire arrêter l'Infant, et sa mort, qui arriva six mois après, ne doit être attribuée qu'à l'affaiblissement progressif de toutes ses facultés. Quant à Elisabeth, qui ne survécut pas longtemps à don Carlos, elle ne fut pas empoisonnée par son mari, comme l'ont prétendu dans le temps quelques écrivains anonymes; elle

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mourut en accouchant avant ternie d'une fille qui expira immédiatement après elle. Ce récit s'éloigne un peu des circonstances romanesques adoptées par la plupart des historiens, mais il est beaucoup plus vraisemblable, et nous nous plaisons à déclarer que nous le devons tout entier aux patientes recherches d'un savant étranger, M. Frédéric Raumer, qui a consulté sur ce sujet les documents les plus authentiques '.

L'Espagne eut à lutter, en 1 568, contre les restes dé cette race qui l'avait jadis dominée. Les Maures des Alpujarras s'indignaient depuis longtemps de la violation du traité de Grenade, qui avait garanti à leurs pères la liberté religieuse. Us se révoltèrent sous la conduite d'un fabricant de carmin, qui appartenait à l'antique famille des Abencerrages. Ils relevèrent 1 étendard sacré, qu'ils avaient tenu caché dans leurs montagnes, et massacrèrent les prêtres catholiques qu'on leur avait imposés. Aben Humeya, devenu leur chef, leur khalife, soutint deux ans la guerre, dans les Alpujarras, contre <ion Juan d'Autriche, que Philippe II avait chargé de cette expédition. A la fin, ils furent vaincus; fein-

(i) Fr. Raunier, Lettre* historiques sur les seizième et dixseptième siècles.

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