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4oa lit. m, chàp. ix.
qui avaient été arrêtés comme complices de la conjuration de Coligny. La mémoire de l'amiral fut flétrie, ses biens furent confisqués, et ses descendants déclarés roturiers jusqu'à la dernière génération.
On voit," par le récit qui précède, que la Saint* Barthélémy fut une explosion soudaine , popu* laire, et non pas un guet-apens préparé plusieurs années d'avance entre la cour de France et cdIJe* d'Espagne \ Catherine de Médicis était une femme corrompue, avide de plaisir et de pouvoir, mais qui ne se porta que malgré elle aux mesures exjrêjnes. Charles IX aurait voulu vivre en repos, et n élait point, comme on l'a dit, altéré du sang de ses sujets. Le véritable auteur du crime, c'est le fanatisme du peuple, qui voulait la mort des huguenots, comme la populace romaine demandait aux empereurs' le supplice des chrétiens.
(i) Les historiens ne sont pas plus d'accord snr le nombre des victimes que sur les causes du massacre. Péréfixe a écrit qu'il avait péri cent mille personnes, Sully soixante et dix mille, de Thou trenle mille, Lapopclinière vingt mille. Les auteurs du martyrologe des Calvinistes en ont compté seize mille etnt soixante- huit, dont sept cent quatre vingt six seulement sont désignées par leur nom. L'abbé do Caveirac a cru pouvoir, dans sa Dissertation sur la journée de la Saint- Barthélémy, réduire le nombre des morts à deux milite*,
LA aAtUT-BARtttÉLEMT. 4o3
Est-ce Une raison pour absoudre le roi et sa mère? non sans doute : leur devoir était de résister au fanatisme, de le dompter ou d'y périr. Le pouvoir est responsable non-seulement du mal qu'il ordonne, mais de celui qu'il tolère. Malheur au gouvernement qui se laisse dominer par un parti! Charles IX la sentait bien, cette terrible responsabilité qui devait peser sur sa mémoire, quand il disait à Ambroise Paré, chirurgien protestant que son amitié avait sauvé: « Ambroise, je ne sais ce qui m'est survenu depuis deux ou trois jours, mais je me trouve l'esprit et le corps grandement émeus, voire tout ainsi que si j'avois la fiebvre, me semblant à tout moment, aussi bien veillant que dormant, que ces corps massacrés se présentent à moi, les faces hideuses et couvertes de sang. Je voudrois que l'on n'y eust pas compris les imbéciles et innocents. » Michel de L'Hospital, qui depuis quatre ans ne prenait plus aucune part aux affaires, ne survécut que six mois à la Saint- Bar thélemy, et mourut dans la retraite, en pleurant sur les malheurs de la patrie1.
(i) L'Hospital était an nombre dos proscrits. Drs assa sins, envoyés par les Guise, allaient forcer rentrée du château de Yignay, où s'était retiré l'ancien chancelier; tout à coup des cavaliers accourent à toute bride ; leur chef crie aux assassina:
4t>4 "V. CHAP. IX.
A l'étranger, la Saint-Barthélemy fit des impressions diverses, selon les sentiments et la politique des différents États européens. Une partie de l'Allemagne, la Suède et le Danemarck s'indignèrent. Elisabeth prit le deuil avec sa cour, refusa d'entendre l'ambassadeur de Charles IX, et resserra la captivité de Marie Stuart, qui était pour elle comme un gage contre les catholiques de son royaume. Mais à Rome et à Madrid on frappa des médailles en l'honneur de la Saint-Barthélemy, et
Ton alluma des feux de joie. Le pape et le roi d'Espagne regardaient les massacres de France comme le pendant de la victoire de Lépante. Vaincre les infidèles ou assassiuer les hérétiques était également méritoire à leurs yeux. Peut-être même avaient-ils, au fond du cœur, plus de haine pour les protestants que pour les Turcs ; car, en religion comme en politique , les hommes ont souvent plus d'aversion pour ceux qui sont séparés d'eux
«Au nom du roi, retirez-vous;» et, conduit devant I/Hospital, il lui annonce qu'on lui pardonne l'opposition qu'il a si longtemps formée aux mesures projetées contre les Protestants : «J'ignorois, répond L'Hdspital, que j'eusse jnni;iis mérité ni la mort ni le pardon.* Sa fille, qui professait la religion réformée, et qui était à Paris le a4 août, avait trouvé un asile dans Vliôtel d'Anne d'Esté, veuve de François de Guise. ( Dufey, de l'Yonne* Essai sur L'Hospital.)