SIEGE DE LA ROCHELLE
par une faible distance, que pour ceux qui leur sont complète ment opposés.
En France, quand le premier moment du fanatisme fut passé, les catholiques eux-mêmes furent effrayés de ce qu'ils avaient osé. Les huguenots, animés par la persécution, se préparaient à se défendre et à venger leurs frères. Les Cévennes étaient devenues l'asile de la liberté religieuse ; Nîmes et Montauban en étaient les forteresses, et les protestants de La Rochelle, maîtres de l'île de Rhé, avaient des communications faciles avec l'Angleterre. Le comte de Montgommery, échappé à la Saint -Barthélémy, s'était retiré auprès d'Élisabeth, pour revenir bientôt combattre et mourir sur Téchafaud. Le duc d'Anjou vint faire le siège de La Rochelle, et le roi de Navarre fut obligé de l'accompagner. Les catholiques , mal unis entre eux, combattirent avec mollesse; les protestants se défendirent avec ce courage qu'inspire le désespoir. Le gouvernement consentit à traiter, et l'édit de juillet 1 5fî rétablit la paix entre les deux religions. «La mémoire des choses passées depuis le 24 aoust 157a demeurera esteinte et assoupie; et, pour donner occasion à nos subjects des villes de La Rochelle, Montauban et Mismes, de rester et demeurer en repos, leur avons permis l'exercice libre de la religion
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prétendue réformée dans les dictes villes, pour icelui faire faire en leurs maisons et lieux à eux appartenant, hors toutefois des places et lieux publics, pour eux, leurs familles et aullres qui s'y voudront trouver. Tous ceux de la dicte religion des aultres endroits du royaulme pourront aller, venir et vivre en toute liberté de conscience, faire les baptesmeset mariages, sacrements en leur manière, sans plus grande assemblée que dix seulement, fors et excepté deux lieues à l'entour de la prévoslé et vicomté de Paris1. » Le bourg de Sancerre, célèbre par sa résistance héroïque, obtint, le 19 août, une capitulation qui lui garantit l'exercice de la liberté religieuse.
Le duc d'Anjou s'était hâté de traiter avec le parti prolestant, parce qu'il venait d'être élu roi de Pologne, à la mort de Sigismond IL La politique française voulait faire des Etats polonais une barrière contre les progrès des Turcs et contre ceux des Moscovites. D'après le traité négocié par Monlluc, évêque de Valence, la France s'engageait à faire rendre à la Pologne la Valacliie, occupée par les Turcs, et tout ce qui avait été conquis par te Tzar, soit en Livouie, soit
(1 ) Edict du roi Charles IX sur la pacification des troubles
de ce royaul rjie, juillet iS;**.