‹ Histoire de l'Europe au 16e siècleChapitre 76 sur 119 · AFFAIRES DES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

AFFAIRES DES PAYS-BAS

la domination de Philippe II. Mais la ligue que le traité de Gand avait consacrée, ne pouvait être durable. 11 y avait entre les Belges et les Bataves opposition de caractère, d'intérêts et de religiou. INe pouvant plus s'entendre, ils se séparèreut, et, tandis que Guillaume rendait l'union plus solide en la réduisant aux provinces maritimes et protestantes1, les provinces méridionales et catholiques, qui avaient l'ambition de devenir une nation indépendante, se donnèrent pour chef un archiduc autrichien, Mathias, frère de l'empereur Rodolphe II. Mais ce prince recula devant les difficultés que présentait la création d'un État nouveau, et les Belges, cherchant partout un chef, finirent par déférer la souveraineté au duc d'Alençon. Malgré quelques succès militaires, tels que la prise de Câteau-Cambresis et une v ictère sur les Espagnols devant Cambrai, ce prince ne sut pas se couformer aux mœurs et au caractère, d'ailleurs assez inconstant, de ses nouveaux sujets. Après avoir passé quelque temps en Angleterre, où il avait l'espérance d'épouser Éli-

(1) L'acte constitutif de la confédération fut signé à Vtrecht, le a 3 janvier 1579, 011 tre ^es provinces de Hollande, de Zélande, d'Utrecht, de Gueldre et de Groningne. Les provinces de Frise et d'Over-Yssel y adhérèrent le 1 1 juin de la méine année. .

4lO MV. III, CHAJ». IX.

flabeth, le duc d'Àlençon, pressé entre la haine 4es jtelges et les armes des Espagnols, revint en France et mourut de chagrin en i 584*

Philippe 11 fut vainqueur dans les provinces méridionales, grâce à l'habileté et au courage d'Alexandre Farnèse, qui avait succédé à Don Juan» Mais comme le roi d'Espagne désespérait de se rétablir par la guerre dans les États du Nord, il eut recours à des assassins pour se défaire de Guillaume de Nassau, qui s'y défendait si bien. Déjà, plusieurs années auparavant, il avait mis à prix la tète du stathouder. En i58i, les provinces confédérées avaient proclamé leur indépendance à la face de l'Europe. Le 10 juillet 1 584, Guillaume fut assassiné à Delft; un Franc-Gmitois, Bail hasard Gérard, le tua d'un coup de pistolet au sortir de^la table. Il expira devant sa femme. Celle femme, c'était Louise de Coligny, qui semblait prédestinée à de tels malheurs: il y avait douze ans qu'elle avait vu son père et Téiîgny, sort pre«niier époux, égorgés sous ses yeux à lu Saint-Barthélémy. Mais la république batave ne périt point avec Guillaume, et le jeune Maurice, son fils, fut proclamé stathouder à sa place1.

La guerre civile avait été interrompue en France

(i) Schiller, histoire de l'insurrection des Pays-Bas.

Page 1