D^CU)ENCE DE LÀ SC0L ASTIQUE
cardinal Bessarion, esprit délicat et modéré, voulut rétablir la paix entre le Lycée et l'Académie1, comme dans le concile de Florence il essaya de réunir l'Eglise grecque excelle d'Occident; Platon fut vainqueur, et bientôt une Académie nouvelle s'éleva dans Florence, sous les auspices deé Medicis. Marsile Ficin, l'un des fondateurs de celte Académie, donna à l'Italie une version latine dé Platon ; il traduisit aussi Plotih et des fragments dé Procïus, de Jamblique, de Porphyre et des autres Alexandrins. On lui reproche d'avoir souvent prêté ses propres sentiments aux auteurs qu'il interprétait, et d'avoir trop cherché à mettre les philosophes anciens d'accord avec là révélation chrétienne*. Ses paroles et ses écrits excitèrent en Italie un enthousiasme général. Jean Pic, seigneur de la Mirandole, mêlant ensemble le système de Platon et celui d'Aristote, les idées hébraïques et les idées chrétiennes, renouvela cette science mystérieuse et universelle, la cabbale, que Raymond
(i) Moderatiùs Platoni adhaesit, et ita pro ejus philosophià ab Alexandrinis reformatâ pugnavit, ut tamen nec Aristotelicam philosophiam contemneret, nec in christianam doctrînam tpeccaret, Bessario, Graecorum exulum, qui saçculo XV in Italiàconsederunt facile doctissimus. ( Brucker, HUtoria critica philosophie, period. III, par» I, lib. I, cap. a.)
(a) Brucker, Ibid.
Lulle avait remise en honneur au treizième siècle. Un Allemand, Jean Reuchlin, vint en Italie étudier Platon avec Ficin et la cahbale avec Pic de la Mi-
'* • f. I; /,/ * 7c?f QcJLf ?..
randole. Puis, il alla répandre dans son pays cette science ambitieuse et confuse, qui n'avait d'autre mérite que d être opposée à la scolastique1. Paracelse1 de Einsiedeln, en Suisse, et Jérôme Cardan, de Pavie, appartiennent à la même école. Tous deux médecins et philosophes, ils ont prétendu soumettre aux mêmes lois le monde matériel et le monde moral, et arriver ainsi à la grande unité, à l'harmonie universelle des choses : ils n'ont fait que confondre des sciences bien distinctes dans leurs procédés comme dans leurs principes. Cependant Jérôme Cardan est supérieur à Paracelse parla trempe de son esprit, et il mêle quelquefois aux rêveries les plus bizarres des vues élevées et des observations ingénieuses3.
L'école d'Aristote se défendit avec vigueur. Parmi ses principaux représentants, il faut distinguer Pomponat, de Mantoue. Il enseigna la philosophie avec gloire et non sans profit; car il put
(i) Reuchlin, de verbo mirifico libri III, Bas. 1494. — De arle cabbalislicâ libri III, hagen., i5i7- ,
(a) Le vrai nom de Paracelse est Bombast de Hobenheim.
(3) Tenneraann, Manuel de l'Histoire de la pbilosopbie, traduit par M. Cousin, t. II.