‹ Histoire de l'Europe au 16e siècleChapitre 92 sur 119 · BAT MON J> DE SÉBOMDE. CHARRON · texte numérisé non relu

BAT MON J> DE SÉBOMDE. CHARRON

sèment interpréter, là où il va tout aultrement de celuy de la Bible. Si est-ce que l'un et l'aultre est party de mes me maistre. Aussi s accordent-ils

très bien l'un avec l'aultre, et n'ont garde de s'en trè-contredire... Ils ont mesme but et mesme argument; ils contiennent pareille discipline et une mesme instruction , différents en ce seulement, que l'un se conduict par argumentation et par preuve, et l'aultre par résolution et autorité, et que l'un représente plus l'obéyssance, l'aultre la maistrise. »

Le contemporain et Tarai de Montaigne , Charron s'était formé à l'école de la philosophie antique. Dans son traité sur la Sagesse, il pose en principe que le premier devoir de l'homme est de s'étudier et de se connaître. « O homme, qui veux embrasser l'univers , tout cognoistre, contrôler et juger, ne te cognois et n'y estudies. Tu t'oublies, tu te répands et te perds au dehors; tu te trahis et te dérobes à toy-mesme ; tu regardes tousjours devant toy. Ramasse-toy et t'enferme dedans toy. Examine-toy, espie-toy, cognoy-toy. Par la cognoissance de soy, l'homme monte et arrive plustostet mieux que par toute autre chose à la cognoissance de Dieu '. ». Sceptique comme

(i) Charron, De la Sagetse, liv. I, chap. i.

Montaigne sur un grand nombre de questions fondamentales, Charron montra toujours un caractère droit, et prêcha une morale pure. 11 ap- * partenait à cette école de libres penseurs qui inspira Tédit de Nantes, et fit entrer la liberté de conscience dans la loi française. Aussi quelques vieux ligueurs voulurent-ils s'opposer à l'impression du Traité de Ja Sagesse; mais le président Jeannin prit la défense de ce livre dans Je conseil privé, et le gouvernement de Henri IV en autorisa la publication.

Au seizième siècle, quelques philosophes ^occupèrent de rechercher les principes de Fart de gouverner, et la politique commença à devenir une science. Machiavel publia le livre du Prince vers 1 5 1 5. Le publiciste florentin part de ce principe, que la sdciété. est corrompue, et qu'on ne traite pas un corps malade comme un corps sain et bien portant. « L'homme qui voudra, dit-il, faire profession d'être parfaitement bon parmi tant d'hommes qui ne le sont pas, ne manquera jamais de périr. C'est une nécessité que le prince qui veut se maintenir, sache n'être pas bon quand il serait dangereux de l'être. » Plus loin Machiavel examine si les princes doivent tenir leur parole, a Chacun sait combien il est louable dans un prince de garder sa foi et de procéder

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