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et de Gellivare, où les Lapons sont nombreux et leur langue dominante. En s’avançant vers le nord on trouve enfin :
5° La marche de Tornéa, avec les deux paroisses de Jukasjærv: et de Karesuando, dans lesquelles on parle non le lapon suédois, mais le finnois. C'est dans cette Jangue que se fait l’enseignement religieux.
Les cadres ecclésinstiques dans lesquels les La- Pons ont été rangés ne suffisnient Pas, nous le répétons, pour leur Communiquer une véritable Connaissance de Jésus-Christ et pour les détacher de leurs usages paiens, Aussi, à mesure que le reveil de la foi s’est manifesté dans l'Église de Suède, les chrétiens vivants ont senti la nécessité de ne pas abandonner ces pauvres gens aux seuls SCCOurs religieux fournis par les pasteurs officiels,
La Société des missions de Stockholm, fruit du mouvement religieux de notre époque, s’est sentie pressée de travailler à l'évangélisation de ce peuple. Elle a fondé, sur difrérents points des marches ]aponnes, des écoles pour les enfants des deux sexes, depuis l'âge de dix à seize ans. Les écoliers sont complétement sous la direction de leurs maitres et sous celle des pa
ans Chez lesquels ils sont nour-
ris et logés aux frais de la société, On vise avant tout à développer chez ces jeunes Läpons une vrate piété, à les former à une vie chrétienne, afin que, de retour dans leurs familles, ils puissent Yexercer une salutaire influence, Pour compléter cette
Al | ARRETE Le Shrsntenen re ©
100 IISTOIRE DE L'EVANGELISATIOX
bonne œuvre, la Société des missions a envoyé des catéchistes au milieu des Lapons, avec la mission de les accompaguer dans leurs voyages, de ieur annoncer l'Évangile et de veillez spécialement sur les jeunes gens formés dans les écoles de la 50ciété.
Les efforts de cette société ont déjà porté des fruits précieux qui ont été récemment constatés, par un ancien missionnaire suédois, Pierre Fiellstedt. Après avoir enseigné pendant quelques mois, en 1828, dans l'Institut des missions de Bâle, le docteur Fiellstedt se rendit, en qualité de missionhaire, dans les Indes, puis à Smyrne. De retour dans son pays, où son nom est devenu populaire, il s'est consacré avec un grand zèle à l'avancement du règne de Dieu, IH a fait, dans l'été de 1857, un voyage d'évangélisation en Laponie; nous puise rons dans le récit qu’il en a donné des détails propres à compléter nos renseignements sur l’état spirituel de cette contrée.
M. Fiellstedt partit de Stockholm par un bateau à vapeur et se dirigea sur la petite ville de Pitea, où il arriva le samedi 25 juillet, 11 y avait, dans celle ville de 1,200 âmes, des réunions religieuses régulières en dehors du culte officiel, M. Fiellstedt présida, dans la salle de ces réunions, un culte auquel assistèrent de nombreux auditeurs, De concert avec ces derniers, il invita le pasteur de l'endroit à participer à ces assemblées, mais il le trouva retenu par le vieux préjugé contre tout
DES LAFONS, 101
culte celébré ailleurs que dans une église, Le lendemain dimanche, il présida quatre cultes : « Je » préchai, dit-il, le matin dans la succursale des- » ee aux hebitants des villages et des métairies » écartées, L'assemblée ne fut pas très nombreuse, » les gens étant disséminés et Pour ;a plupart » fort éloignés de l'église, L'après-midi, ie pré- » chai dans l'église de la ville, qui étai: comble. » J'eus le soir une explication de la Bible, et plus » tard encore une réunion de prière, Les nuits » sont si Courtes ici qu'on peut lire jusqu'à onze » heures sans chandelle, et à minuit le crépuseune » du soir et l'aurore se confondent, Parmi les » braves frères venus de la Campagne, se trouvait » un chrétien âgé et expérimenté qui préside de: » réunions, 11 racontait plein de joie le lendemain » Comment i] avait, en souge, répété à sa famille » out ce qu'il avait entendu le dimanche. 11 Ya » ici bien des cœurs avides de Ja Parole, »
Le lundi 27, M. r'iellstedt se rendit à Lulea, ville de 1,200 habitants, située au bord de la mer. Le lendemain soir, à six heures, il y tint, dans l'église, une assemblée de missions assez nombreuse: puis il fit une explication de la Bible dans une maison particulière, Un entretien avec Îles assistants termina Ja journée, De Luléa, le missionnaire vint à Uméa, et de là pénétra dans les terres jusqu'à Styresèle, où il arriva très fatigué à onze heures du soir. Après quelques hrures de repos, il se remit en route ct atteignit i cdlunda, dans
102 HISTOIRE DE + EVANGELISATICN
la marche de Lycsèle, Tantôt il allait en bateau sur de larges fleuves, tantôt il traversait à pied de vastes forèts ravigées par le feu, Les colons suédois incendient les bois pour pouycir cultiver le sol, Quelquefois aussi on met le feu imprudence,
Arrivé à Lycsèle, M, Ficllstedt y fit, dans l’église, une explication biblique, le san une nombreuse assemblée, Le lendemain, 2 août, On devait prendre la cène, ce qui se fait chaque Premier dimanche du mois, Cette circonstance avait attiré jes gens éloignés de l’église, dont plusieurs doivent franchir une distance de vingt lieues, en sorte qu arrivent déjà le samedi, Mais les dimanches ordinaires, le que par les paysans qui demeur nage de lé lise, M. Ficlistedt e QU'iT Y avait dans cette localité de bons livres d'édific
à la forêt par
edi soir, à
culte n’est suivi Cut dans le voisionstata avec joie Un Certain nombre ation,
Après avoir présidé, le religieux, dont l'un de n prit, vers le soir, le situé à
dimanche, trois services iissions, notre voyageur chemin de Bastutrask, village \iigi lieues de Lycsèle, afin d'Y visiter Une école de la Société des Missions pour les enfants lapons, « Je laissai, dit-il, mes effets à Lyc- » sèle, et ne pris avee moi qu'un sac de nuit. Je souliers de ce
n'étais Pourvu de | ” des pièces de
: ce sont
au,et dont l'intérieur est garni d'herbe séche, (
:es souliers sont en-
teau Î de uér le par
l’ér, à ût, [ue ice nt igt di,
a mmmememanenes
» duits de graisse et de goudron, afin de protéger
» les pieds contre l'humidité, Avec cette chaus- » sure, je marchai cuviron un quart-d'heure ac- » CoMmpagné d'un guide ; puis nous entrânes dans » un bateau et fimes trois lieues sur un fleuve » calme el limpide, Les endroits où le fleuve cst » tranquille se nomment sles; de là les noms de » plusieurs localités, tels que Lyesèle, Sorsèle, ete, » Nous trouvämes ensuite une cascade et fümes » obligés de faire trois lieues à pied à travers la » forût, Des marais, des arbres abattus qu'il fal- » lait escalader, ou l'absence de tout sentier, ren- » duient notre marche pénible, Ayant retrouvé le » fleuve navigable, nous fines conduits par un » batelier au hameau d'Umgransèle, où nous » passämes la nuit dans une maison de paysan, » Du poisson, du beurre et du lait avec du pain » d'orge non levé ct très plat, telle fut notre » nourriture, Les cousins sont ici très abon-
darts et si inportuns qu'on est obligé, pour » goûter un peu de repos, de s'oindre les par- » ties du corps découvertes avec de l'huile di ” BouurOn.» Après divers incidents de route, le missionnaire arriva à minuit au village de Bastutrask, où i] reçut chez un Paysan une cordiale hospitalité.
M. Fiellstedt passa dans ce village doux jo
Qu'il employa soit à visiter l'école, soit à y tenir pour tout le monde des réunions d'édification. Le traitement du maitre d'école pat fourni par l'intérôt